Adieu au langage

Répondre

Smileys
:D :) ;) :( :o :shock: :? 8-) :lol: :x :P :oops: :cry: :evil: :twisted: :roll: :!: :?: :idea: :arrow: :| :mrgreen: :geek: :ugeek:
Les BBCodes sont activés
[img] est activé
[flash] est activé
[url] est activé
Les smileys sont activés
Revue du sujet
   

Étendre la vue Revue du sujet: Adieu au langage

Re: Adieu au langage

Message par casseur » Sam 9 Mai 2015 16:26

Invité a écrit:
soren a écrit:L'article sur Godard dans Libé : http://next.liberation.fr/cinema/2013/0 ... -3d_913697


Godard a apparemment gardé une certaine fidélité pour Libé, il rate jamais une occasion de dire que c'est l'un des rares journaux qu'il lise encore. Je sais pas trop pourquoi...


Idem et tout aussi étrange pour Charlie Hebdo (dans le dernier numéro de So Film). A se demander si, comme la photo de couverture du magazine, le cinéaste n'est pas resté bloqué à une autre époque de ces journaux... L'oeil et la main qui travaillent de concert ok, mais est-ce vraiment suffisant pour un journaliste (puisqu'il parle de journalisme)... Les types de So Film qui pratiquent le journalisme sans cerveau ont dû adorer en tout cas.

Re: Adieu au langage

Message par Notebad » Ven 17 Avr 2015 11:09

JM a écrit:Je reviens un peu sur le film américain de Russel Rouse dont il était question dans le texte initial figurant sur le site.

J'ai regardé il y a peu un autre film noir de Rouse, "New York Confidential" (1955). Il s'agit d'un film sur le milieu, mais je trouve le traitement assez intéressant et plutôt original (et dans l'ensemble très bien foutu). Rouse décrit méticuleusement et avec beaucoup de patience les "éléments humains" d'un milieu qui s'autodétruisent, voués à s'autodétruire dans l'inhumanité de ses règles et de ses lois, dans ses fondements qui lui permettent par ailleurs de se survivre à lui-même. Mais RR, tout en décrivant une mécanique implacable et froide, bâtie par des hommes qui en sont coupables et victimes eux-mêmes, ne fait pas des mafieux des monstres, tout au contraire il humanise tous ses personnages pour laisser filtrer quelque chose d'insupportable dans cette logique meurtrière. RR n'a donc pas recours à l'intervention de la police pour introduire un regard moral sur le milieu, celle-ci reste totalement invisible, absente, pas de détective ou de flic qui mène l'enquête comme dans la plupart des films du genre. C'est dans l'humanité de ses personnages qu'il parvient, non pas à en faire des héros immoraux, mais à nous faire prendre un recul bienvenu sur leurs activités tout en ne les montrant jamais du doigt, et en ne les condamnant pas dans le sens "policier" du mot.

Pour rejoindre le "concept" de "The Thief", on pourrait dire que l'éthique agit dans le film de manière silencieuse et muette, sans le lourd "langage scénaristique policier habituel". ;)


A moins que je n'aie pas compris (sûrement !), c'est quand même pas très original. C'est comme Scarface, grandeur et autodestruction d'un mafieux, ça peut que se finir dans un bain de sang, le spectateur est censé comprendre la morale finale par lui-même...

Re: Adieu au langage

Message par JM » Mer 15 Avr 2015 10:38

Je reviens un peu sur le film américain de Russel Rouse dont il était question dans le texte initial figurant sur le site.

J'ai regardé il y a peu un autre film noir de Rouse, "New York Confidential" (1955). Il s'agit d'un film sur le milieu, mais je trouve le traitement assez intéressant et plutôt original (et dans l'ensemble très bien foutu). Rouse décrit méticuleusement et avec beaucoup de patience les "éléments humains" d'un milieu qui s'autodétruisent, voués à s'autodétruire dans l'inhumanité de ses règles et de ses lois, dans ses fondements qui lui permettent par ailleurs de se survivre à lui-même. Mais RR, tout en décrivant une mécanique implacable et froide, bâtie par des hommes qui en sont coupables et victimes eux-mêmes, ne fait pas des mafieux des monstres, tout au contraire il humanise tous ses personnages pour laisser filtrer quelque chose d'insupportable dans cette logique meurtrière. RR n'a donc pas recours à l'intervention de la police pour introduire un regard moral sur le milieu, celle-ci reste totalement invisible, absente, pas de détective ou de flic qui mène l'enquête comme dans la plupart des films du genre. C'est dans l'humanité de ses personnages qu'il parvient, non pas à en faire des héros immoraux, mais à nous faire prendre un recul bienvenu sur leurs activités tout en ne les montrant jamais du doigt, et en ne les condamnant pas dans le sens "policier" du mot.

Pour rejoindre le "concept" de "The Thief", on pourrait dire que l'éthique agit dans le film de manière silencieuse et muette, sans le lourd "langage scénaristique policier habituel". ;)

Re: Adieu au langage

Message par Chantal » Jeu 10 Juil 2014 17:53

L'Art du cinéma : numéro spécial Godard

Le numéro 84/85/86 de L'art du cinéma consacré aux films de Jean-Luc Godard est sorti.

Le cinéma de Godard est un cinéma du discontinu – un cinéma de montage, en quoi il hérite du cinéma soviétique, à ceci près qu’il en soustrait la volonté d’être un langage. Il défait aussi la continuité "naturelle" entre l’image et le son en les mettant à égalité, et ne cesse d’exposer l’impureté native du cinéma en incluant des fragments prélevés aux autres arts. La grande singularité de Godard, c’est sa constante connivence avec l’intellectualité de son temps. Son cinéma filtre le fatras d’une époque de plus en plus désorientée pour y suggérer l’orientation de l’idée – idée-cinéma par excellence, parce que donnée par la seule construction, et donc idée trouble et troublante parce que complexe.

AU SOMMAIRE:

Anna Karina, ou l’élégance du portrait | par André Balso
« La vraie vie est absente » : Vivre sa vie | par Denis Lévy
For ever Beethoven : Une femme mariée / Prénom Carmen | par Céline Braud
2 ou 3 choses que je sais d’elle | par Frédéric Favre
Pravda | par Charles Foulon
Notes fragmentaires sur Sauve qui peut (la vie) | par Daniel Fischer
Excentration de la lumière : Passion | par Serge Peker
Amphitryon 39 : Hélas pour moi | par Lucas Hariot
Sympathie pour le Diable : Histoire(s) du cinéma | par Guillaume Bourgois
L’image-poème : Histoire(s) du cinéma | par Johan Faerber
Éloge de l’amour | par Élisabeth Boyer
« Un homme dans sa vie joue bien des rôles » : Liberté et patrie | par Arthur Mas
Film socialisme | par Judith Balso
Godard et les bêtes avant Adieu au langage | par Martial Pisani


Adieu au langage | par Alain Badiou

Responsable : L'art du cinéma
Url de référence :
http://www.artcinema.org/
Adresse : 35 rue des Trois Bornes - 75011 Paris


http://www.fabula.org/actualites/l-art-du-cinema-numero-special-godard_63711.php

Re: Adieu au langage

Message par casseur » Dim 25 Mai 2014 19:47

Les journaleux découvrent que Godard n'aime pas Tarantino (une "polémique" qui fait un peu d'audimat) alors qu'il a déjà dit tout le mal qu'il pensait du réalisateur il y a bien longtemps déjà...

Re: Adieu au langage

Message par JM » Sam 24 Mai 2014 15:31



Hello Chantal,

Merci pour le lien, j'ai écouté le direct de l'émission mercredi après-midi. Je voulais signaler que Cohen et son équipe se sont livrés à un très habile montage pour réduire au maximum les extraits d'entretien diffusés durant l'émission, un travail digne des Dieux du stade de Leni Riefenstahl... L'entretien fait 1h20, il n'a diffusé que 50 min à peu près, coupant parfois de petits morceaux de la parole de Godard qui lui semblaient inutiles, reprenant 5 min plus loin. Il manquait quelques remarques essentielles de Godard, notamment lorsqu'il reprend Cohen sur l'étiquette, l'image, de "politique du pire" que celui-ci essaye de lui coller. Manque aussi l'image de la brouette lorsqu'il parle de la 3D.... Cohen n'y entend probablement rien, ne se rend pas compte que Godard est justement en train de parler du langage dont il voulait que le cinéaste parle en début d'interview, et il coupe....

C'est logiquement que l'émission s'est terminée sur une pub pour une banque, puis une pub pour une assurance, après la question devenue traditionnelle (et que je trouve particulièrement pénible et inélégante) posée à Godard sur sa mort. Nullité globale des questions, de toute façon...

Re: Adieu au langage

Message par Chantal » Sam 24 Mai 2014 09:23

http://www.franceinter.fr/emission-le-79-jean-luc-godard-invite-du-79#

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1777/Deborah-Laurent-envoyee-speciale-a-Cannes/article/detail/1896722/2014/05/23/Le-chien-de-Godard-ratatine-par-des-inconnus.dhtml

La critique en chef du Times, Kate Muir, a révélé les noms des heureux lauréats, acteurs d'un film qui, a-t-elle dit, s'apparente à un "Expendables pour chiens".

Re: Adieu au langage

Message par casseur » Dim 11 Mai 2014 08:45

Image

Re: Adieu au langage

Message par casseur » Lun 9 Sep 2013 20:02

casseur a écrit:En tout cas, invité chez Bou et Thoret l'autre jour sur France Inter, Guiraudie a surtout pas cité Godard, pourtant les deux clowns l'ont relancé plusieurs fois pour lui faire citer ses films de chevet francais..


A ne manquer sous aucun prétexte, leur émission sur Milius la semaine dernière (qui est maintenant hebdomadaire le vendredi). C'était un grand moment de radio ! Oui, de radio, car on peut pas enquiller autant d'arguments creux et de gros concepts bourrins ailleurs que dans une telle émission radio où il faut aller vite et de préférence ne pas réfléchir avant de parler (on peut faire confiance à Thoret là-dessus).

La question, fausse comme d'habitude (puisque Thoret et l'invité en détenaient déjà la réponse au début - on sent fréquemment que Bou boue derrière mais n'importe comment il ne peut pas en placer une), était Milius est-il fasciste ? En fait il s'agissait pas de réfléchir à la question, mais de prouver que "non" avec des arguments aussi frappants et définitifs que : "Si Milius était fasciste, alors Eastwood le serait. Eastwood n'est pas fasciste, donc Milius ne peut pas l'être." Ou alors "Milius se dit lui-même fasciste, mais il ne faut pas le croire !". Bon, j'ai plus les autres arguments à la con, mais il y en avait quelques autres gratinés. Ah oui, encore un : "Milius a trop de respect pour la nature pour être un fasciste" ! :shock:

Re: Adieu au langage

Message par Notebad » Dim 14 Juil 2013 14:07

casseur a écrit:En tout cas, invité chez Bou et Thoret l'autre jour sur France Inter, Guiraudie a surtout pas cité Godard, pourtant les deux clowns l'ont relancé plusieurs fois pour lui faire citer ses films de chevet francais..


Ingratitude de la jeunesse !

Haut

cron