La dérive du 14 juillet

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Étendre la vue Revue du sujet: La dérive du 14 juillet

Re: La dérive du 14 juillet

Message par JM » Mer 30 Nov 2016 08:32

Notebad a écrit:Petit retour sur "La Loi de la jungle", cette fois-ci j'ai trouvé ça franchement désolant, voire gênant (pour moi aussi, car je dois maintenant me ranger du côté de ceux qui critiquaient durement son premier film ! lol). Rien à dire sur la mise en scène ou le montage, c'est complètement passe-partout, mais le plus grave c'est que le rythme est cette fois-ci complètement foireux, il empêche la sauce de prendre, et l'humour est naze et réchauffé (comique de répétition avec les animaux dangereux, multiplication des stéréotypes décomplexés, bons mots, clins d'oeil à Godard gros comme des maisons et totalement forcés...), j'ai jamais rit.


Ouais, salut Notebad, j'osais pas trop en parler, c'est un gros gros naufrage effectivement et ça va sûrement pas s'arrêter là puisque le film est loué par les Cahiers & Cie... Disons que le dernier gros quart d'heure du film part complètement en couille en particulier, tout y semble en roue libre : les acteurs, le scénario, la mise en scène. On se croirait devant un spectacle de fin de soirée de camping ou de kermesse, qui sait pas du tout comment terminer donc fait dans la surenchère et le remplissage. Et c'est normal étant donné l'état d'esprit général du film qui n'embrasse aucun point de vue réel, mais se contente d'adopter un ton goguenard, voire cynique, sur à peu près tout - à part l'Amour entre les deux zozos mais même ça on n'y croit pas une seule seconde tant on est dans la pause et la grosse farce. Pour le dire autrement, il est parfaitement normal qu'un film construit en contreplaqué se casse complètement la gueule à un moment donné. On croit qu'on va découvrir le renouveau du cinéma comique français, et on tombe en fait sur une sorte d'OSS 117 hystérique en Guyane (avec une réalisation plus médiocre que celle d'Hazanavicius).

Re: La dérive du 14 juillet

Message par Notebad » Mar 29 Nov 2016 18:40

Petit retour sur "La Loi de la jungle", cette fois-ci j'ai trouvé ça franchement désolant, voire gênant (pour moi aussi, car je dois maintenant me ranger du côté de ceux qui critiquaient durement son premier film ! lol). Rien à dire sur la mise en scène ou le montage, c'est complètement passe-partout, mais le plus grave c'est que le rythme est cette fois-ci complètement foireux, il empêche la sauce de prendre, et l'humour est naze et réchauffé (comique de répétition avec les animaux dangereux, multiplication des stéréotypes décomplexés, bons mots, clins d'oeil à Godard gros comme des maisons et totalement forcés...), j'ai jamais rit.

Re: La dérive du 14 juillet

Message par JM » Dim 5 Jan 2014 22:21

Notebad a écrit:Après il y a aussi ceux qui font l'apologie de "The Heat" (voir plus haut) en bons apôtres du nanar, et qui dans le même temps dégueulent tout ce qu'ils peuvent sur "La fille du 14 juillet" en criant au nanar. Une fois la catégorie "nanar" leur sert à brosser dans le sens du poil, une fois elle leur sert à montrer du doigt. Il y a chez eux un deux poids, deux mesures du nanar (mais toujours utilisé pour se donner un air important face aux autres) : l'authentique nanar américain d'un côté qu'il est toujours bon de louer, et le film français qu'ils transforment en nanar et mérite du coup tout leur mépris.


Dans la même veine, j'ai lu sur le net des textes de types qui d'un seul coup se transformaient en curés (ou en féministes du 15 août ?) et descendaient le film en lui reprochant de montrer un bout de sein ou de fesse de l'actrice.

Je pense pas que ça soit seulement dû au fait que le film soit français, par contre comme déjà signalé, ça serait plutôt lié aux querelles de chapelle des petits cercles critiques parisiens ou si machin aime ça il faut absolument détester, et vice-versa. Je me souviens qu'à la sortie du dernier film de Whit Stillman, très bonne comédie, elle aussi dans la droite lignée d'un certain âge d'or de la comédie américaine, super bien écrite et tout, un certain nombre de pisse-froids avaient eu des réactions compassées et dédaigneuses qui visaient à marquer leur territoire sans le dire ouvertement.

Re: La dérive du 14 juillet

Message par guest_to-dinner » Dim 5 Jan 2014 11:43

soren a écrit:Ce cinéma us me paraît lui-même très influencé par le vent de liberté des avant-gardes européennes des années 20 (Dada puis les surréalistes), mais en moins aristocratique, avec la préoccupation de conserver un large public.


qui étaient eux-mêmes inspirés par le burlesque du cinéma muet américain, Keaton en particulier (je pense à la course folle du cortège funèbre dans la deuxième partie d'Entr'acte).

Re: La dérive du 14 juillet

Message par soren » Sam 4 Jan 2014 16:52

Je crois que l'influence de Rozier est souvent signalée à propos du film. Je ne connais pas son cinéma mais, lui, faisait des comédies par contre et est aussi plus ou moins affilié à la NV.

Le rythme de "La fille du 14 juillet" m'a plutôt fait penser à certaines anciennes comédies américaines survoltées, genre "Six of a Kind" de McCarey. Je sais pas si vous connaissez, pour moi c'est la quintessence de la comédie américaine, totalement débridé et déjanté, sans borne. Ce cinéma us me paraît lui-même très influencé par le vent de liberté des avant-gardes européennes des années 20 (Dada puis les surréalistes), mais en moins aristocratique, avec la préoccupation de conserver un large public. C'est un film avec histoire mais sans réelle histoire, il avance surtout par successions de digressions, par bifurcations incessantes et inattendues du scénario (à la manière d'un cauchemar tragi-comique parfois, d'ailleurs à la fin le couple va enfin se coucher en apprenant qu'il a 30 jours de plus de vacances devant lui - c'est le contraire du film de Peretjatko dans lequel il faut vite remonter à Paris car les vacances sont réduites !). On peut, par exemple, passer 5 minutes à se marrer devant un shérif alcoolique complètement rond qui essaye de jouer au billard... L'absurde, cher aux avant-gardes, se retrouve aussi dans les dialogues et les situations, plutôt que dans les effets de montage. Autre différence évidemment, la retenue quant aux choses du sexe, mais enfin les nombreux sous-entendus sont très très explicites et me paraissent assez osés pour l'époque (en gros le couple qui part en deuxième lune de miel aimerait bien avoir un moment à lui pour pouvoir prendre du plaisir au lit, moment qui est sans arrêt empêché et repoussé).

Re: La dérive du 14 juillet

Message par pmu » Jeu 2 Jan 2014 19:48

t'as raison

Re: La dérive du 14 juillet

Message par Notebad » Jeu 2 Jan 2014 17:27

Sword7 a écrit:Salut,

J'ai regardé le film en divx, je l'ai trouvé aussi plutôt bon. Je reviendrai plus tard plus en détail sur le travail de mise en scène, j'ai pour objectif en 2014 d'écrire un texte là-dessus (c'est la seule façon de répondre, j'en ai conscience, à toutes les réactions épidermiques lues ailleurs - même si une réponse comique serait sans doute plus appropriée qu'une réponse sérieuse). Le début, par exemple, est assez casse-gueule, il (le montage en particulier) ne cherche pas du tout à faire rentrer de manière consensuelle et facile dans le film. C'est précisément ça qui passe pas on dirait, les adjectifs "prétentieux", "énervant", etc., reviennent souvent, c'est-à-dire exactement ce qu'on reprochait à un Godard au début, reviennent aujourd'hui, donc le film a au moins la vertu de montrer que certaines choses ne sont pas encore passées dans l'orthodoxie du cinéma. C'est tant mieux.

Tous ces snobs qui tirent à boulet rouge sur le film, soi-disant parce que c'est seulement du neuf avec du vieux, donc pas du neuf, figurent vraiment le niveau zéro de la critique (l'ombre négative de la critique officielle - les copains ? - qui fait de manière abusive du film le nouveau fer de lance du cinéma français). Si on dézingue tous les cinéastes qui s'abreuvent à l'ancien, il va plus rester grand monde à mon avis, et sûrement pas les cinéastes qui sont loués par ces mêmes personnes. En tout cas, si on parle de nouvelle vague, à ma connaissance ni Godard, ni Truffaut, ni Rohmer, ni Chabrol, ni les autres n'ont fait de comédie aussi absurdes et dégantées à l'époque. Ont-ils fait des comédies, d'ailleurs, tous ces braves gens ? C'est peut-être ça la question, en fait, y aurait-il une sorte de honte française à faire rire franchement, à s'attaquer à la comédie au-delà de la tarte à la crème ?


On attend ton texte ! ;) Je crois que ça vaut pas la peine de partir sur des considérations générales floues à partir de quelques réactions tranchées, égrillardes, et qui d'évidence avaient décidé de se faire le film avant même de l'avoir vu, sachant l'accueil qu'il avait déjà reçu ici ou là...

Re: La dérive du 14 juillet

Message par Sword7 » Jeu 2 Jan 2014 10:16

Salut,

J'ai regardé le film en divx, je l'ai trouvé aussi plutôt bon. Je reviendrai plus tard plus en détail sur le travail de mise en scène, j'ai pour objectif en 2014 d'écrire un texte là-dessus (c'est la seule façon de répondre, j'en ai conscience, à toutes les réactions épidermiques lues ailleurs - même si une réponse comique serait sans doute plus appropriée qu'une réponse sérieuse). Le début, par exemple, est assez casse-gueule, il (le montage en particulier) ne cherche pas du tout à faire rentrer de manière consensuelle et facile dans le film. C'est précisément ça qui passe pas on dirait, les adjectifs "prétentieux", "énervant", etc., reviennent souvent, c'est-à-dire exactement ce qu'on reprochait à un Godard au début, reviennent aujourd'hui, donc le film a au moins la vertu de montrer que certaines choses ne sont pas encore passées dans l'orthodoxie du cinéma. C'est tant mieux.

Tous ces snobs qui tirent à boulet rouge sur le film, soi-disant parce que c'est seulement du neuf avec du vieux, donc pas du neuf, figurent vraiment le niveau zéro de la critique (l'ombre négative de la critique officielle - les copains ? - qui fait de manière abusive du film le nouveau fer de lance du cinéma français). Si on dézingue tous les cinéastes qui s'abreuvent à l'ancien, il va plus rester grand monde à mon avis, et sûrement pas les cinéastes qui sont loués par ces mêmes personnes. En tout cas, si on parle de nouvelle vague, à ma connaissance ni Godard, ni Truffaut, ni Rohmer, ni Chabrol, ni les autres n'ont fait de comédie aussi absurdes et dégantées à l'époque. Ont-ils fait des comédies, d'ailleurs, tous ces braves gens ? C'est peut-être ça la question, en fait, y aurait-il une sorte de honte française à faire rire franchement, à s'attaquer à la comédie au-delà de la tarte à la crème ?

La dérive du 14 juillet

Message par Sword7 » Jeu 2 Jan 2014 09:40

Notebad a écrit:J'ai vu aussi La fille du 14 juillet, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus naze que ça étant donné la réserve massive des milieux de la critique internet (où il est à mon avis beaucoup question de règlement de compte franco-français, pour pas dire parisiano-parisien), pour une fois curieusement à la hauteur de l'engouement de la presse. J'ai pas mal ri, le rythme est très bon, il y a de belles choses, c'est quand même le principal pour une comédie. Indépendamment des références incessantes à la NV, il y a aussi quelques trucs qui font ZAZ (genre la serrure labyrinthique du docteur quand il vient ouvrir la porte). C'est sûr que c'est pas très original, on sait d'où vient la plupart du film, mais quand les références permettent de donner un peu d'air à un film (en particulier français), ça fait plaisir. Je préfère mille fois ces emprunts-là à ceux d'Honoré qui font baigner ses films dans le formol.


Chantal a écrit:Ah bon, il est descendu sur internet le film de Peretjatko, j'avais trouvé ça plutôt sympa moi aussi, et très au-dessus de la moyenne des comédies françaises de ces dernières années. J'ai l'impression qu'il y a un côté un peu pisse-froid chez un grand nombre de critiques du net, qui eux-même font très peu preuve d'humour (heureusement car généralement quand ils s'y essaient ils sont pas drôles du tout!), donc c'est pas étonnant qu'ils sachent pas reconnaître et apprécier une comédie qui pour une fois est amusante.


Chantal a écrit:ah oui, sinon il y a un temps on parlait de Cavalier, pour moi ce film de Peretjatko est le contre-pied absolu d'un film comme "Le plein de super" (ce qui ne peut être étonnant puisque les références du passé avec lesquelles il travaille s'opposaient déjà à l'époque en tout au cinéma de Cavalier).

D'abord le film s'inscrit pleinement dans son époque, au présent, jouant même d'une sorte d'anticipation tragi-comique, et puis la mise en scène est à l'image des personnages qui se libèrent, elle est dans le même mouvement d'insouciance qu'eux et ça c'est essentiel pour emporter les spectateurs avec elle (au contraire de Cavalier qui cadenasse la fugue des personnages par sa maîtrise, qui du coup sent le renfermé et nous laisse sur le bord de la route).

Merde il est tard, je vais me coucher sinon quand le soleil e lèvera il n'y aura personne pour s'occuper de mes bêtes!


Notebad a écrit:
Chantal a écrit:Ah bon, il est descendu sur internet le film de Peretjatko, j'avais trouvé ça plutôt sympa moi aussi, et très au-dessus de la moyenne des comédies françaises de ces dernières années. J'ai l'impression qu'il y a un côté un peu pisse-froid chez un grand nombre de critiques du net, qui eux-même font très peu preuve d'humour (heureusement car généralement quand ils s'y essaient ils sont pas drôles du tout!), donc c'est pas étonnant qu'ils sachent pas reconnaître et apprécier une comédie qui pour une fois est amusante.


Pour sortir du film et prétendre qu'on a rit seulement deux ou trois fois comme je l'ai lu ici ou là, faut effectivement avoir un léger problème personnel ou être de très mauvaise foi (pour une raison que j'ignore, mais qui a tout l'air d'être qu'il est de bon ton de dégommer en trois lignes tout ce qui est un peu "tendance" sur la place parisienne, quand bien même certaines "qualités" cinématographiques et humoristiques soient bel et bien indéniablement au rendez-vous).

Après il y a aussi ceux qui font l'apologie de "The Heat" (voir plus haut) en bons apôtres du nanar, et qui dans le même temps dégueulent tout ce qu'ils peuvent sur "La fille du 14 juillet" en criant au nanar. Une fois la catégorie "nanar" leur sert à brosser dans le sens du poil, une fois elle leur sert à montrer du doigt. Il y a chez eux un deux poids, deux mesures du nanar (mais toujours utilisé pour se donner un air important face aux autres) : l'authentique nanar américain d'un côté qu'il est toujours bon de louer, et le film français qu'ils transforment en nanar et mérite du coup tout leur mépris.


weightwatchers a écrit:
Notebad a écrit:Après il y a aussi ceux qui font l'apologie de "The Heat" (voir plus haut) en bons apôtres du nanar, et qui dans le même temps dégueulent tout ce qu'ils peuvent sur "La fille du 14 juillet" en criant au nanar. Une fois la catégorie "nanar" leur sert à brosser dans le sens du poil, une fois elle leur sert à montrer du doigt. Il y a chez eux un deux poids, deux mesures du nanar (mais toujours utilisé pour se donner un air important face aux autres) : l'authentique nanar américain d'un côté qu'il est toujours bon de louer, et le film français qu'ils transforment en nanar et mérite du coup tout leur mépris.


on veut des noms


JM a écrit:
weightwatchers a écrit:
Notebad a écrit:Après il y a aussi ceux qui font l'apologie de "The Heat" (voir plus haut) en bons apôtres du nanar, et qui dans le même temps dégueulent tout ce qu'ils peuvent sur "La fille du 14 juillet" en criant au nanar. Une fois la catégorie "nanar" leur sert à brosser dans le sens du poil, une fois elle leur sert à montrer du doigt. Il y a chez eux un deux poids, deux mesures du nanar (mais toujours utilisé pour se donner un air important face aux autres) : l'authentique nanar américain d'un côté qu'il est toujours bon de louer, et le film français qu'ils transforment en nanar et mérite du coup tout leur mépris.


on veut des noms


J'ai "connu" sur internet un type capable de telles idioties mais ça vaut vraiment pas la peine de le citer, je sais pas si c'est le même. Probablement pas.

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