The real Macaigne

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Re: The real Macaigne

Message par JM » Jeu 21 Juin 2018 19:21

Re: The real Macaigne

Message par Sword7 » Jeu 13 Aoû 2015 00:36

Salut JM,

J'ai aussi vu ce film, en fait bizarrement il m'a rappelé une ancienne remarque de la compagne d'un copain. Il m'est arrivé grosso-modo la même histoire qu'au perso joué par Macaigne, mais au Japon (de ce point de vue le titre du film fait plutôt référence aux décors - NYC - bien filmés, qu'à l'histoire proprement dite d'ailleurs), et à l'époque, la compagne en question m'avait dit que je devrais écrire un bouquin sur mon histoire. C'était très sympa et tout, mais ça m'avait un peu consterné parce que je pense pas vraiment que ça mérite un bouquin (ou un film) mes petits drames sentimentaux personnels (en même temps assez communs). Le film d'Hostiou c'est ça, je pourrais me reconnaître et trouver ça super touchant, mais en même temps j'en vois toute la petite dimension un peu narcissique qui me fait fuir.

The real Macaigne

Message par JM » Sam 1 Aoû 2015 15:25

Chantal a écrit:Je sais pas si c'est vraiment un nanar, mais "La bataille de Solférino" de Justine Triet m'a paru vraiment terne. Encore un film récent censé revitaliser le cinéma français (d'après la critique institutionnelle) qui fait "flop". Bien sûr, c'est moins nullissime que le Bozon par exemple, dans le sens où ça se regarde encore (dans le bon et le mauvais sens de l'expression), c'est loin d'être aussi puant, il y a deux ou trois passages intéressants (l'insert où on écoute les enfants ronfler dans leur chambre, l'impression de malaise et d'écoeurement qui se dégage d'un Macaigne noyé parmi les manifs de soutien du PS) au milieu d'une grosse mare, d'une bouillie de dialogues et de plans "pris sur le vif" assez passe-partout. Mais quand je lis ça, par exemple :

Un film euphorisant, entre fiction et documentaire, au cœur de la journée cruciale de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A la fin de la bataille, c’est le cinéma qui l’emporte.
Inrocks

"La Bataille de Solférino" pourrait très bien être un drame conjugal de plus (...). Mais Justine Triet (...) frotte son couple au réel (...). En émane une esthétique de la mise en péril, de la crise totalisée, infiltrant la grande histoire et les histoires de chambre à coucher.
Transfuge

Je peux pas m'empêcher de me marrer et d'être un tout petit peu consternée aussi. La "journée cruciale de la grande histoire" c'est donc ça aujourd'hui, en ce début de XXIème siècle, c'est l'élection de Hollande en 2012 ! Ca en dit long sur l'état d'esprit d'un certain cinéma et de la critique, dans ces conditions faut pas s'attendre à grand chose d'autre que ce petit cours d'eau bien consensuel qui se rêve torrent quoi, c'est sûr ! On encourage ces critiques à lire le bouquin de cours de Bourdieu sur l'état (qui figure, bien en vue sur une étage, en cours de film) ...


"Une histoire américaine" d'Armel Hostiou. Macaigne continue à s'afficher avec de jeunes cinéastes, cette fois comme acteur (omniprésent) et scénariste. C'est l'un des problèmes du film, cette omniprésence de Macaigne est le symptôme le plus visible de ce jeune cinéma d'auteur auto-centré et narcissique. La mise en scène est plutôt discrète, joue bien sur ses petits effets nocturnes de déprime, certains plans sont pas mal (notamment les vues nocturnes désolées sur la fête foraine de bord de mer, les plans froids répétés sur la patinoire de Central Park, ou la scène dans la cuisine avec Macaigne et l'amant américain pleine de tension).

Le parti pris d'Hostiou et Macaigne est de filmer l'aveuglement amoureux et la déprime post-rupture du côté d'un homme rejeté par sa copine (un rôle de looser peu risqué car peu nouveau pour l'acteur) jusqu'au bout. Dans la première scène du film, dans le métro, Vincent rencontre un type dans le métro qui porte la voix du "bon sens" mais qu'il n'écoute pas. Tout le reste du film va consister à montrer que le raisonnement de l'homme du métro (et d'une partie des spectateurs "raisonnables") n'a pas de sens pour l'individu empêtré dans ses propres sentiments amoureux. La "démonstration" (même si le film n'a rien de démonstratif) est un peu longuette (un moyen-métrage aurait probablement suffit) et surtout trop complaisante (dans la débâcle de Macaigne qui n'a aucun dehors). Elle est aussi déplaisante lorsque Vincent se fait soudain ouvrier poissonnier sur le port et que cet emploi est perçu, non seulement par le père en visite (qui situe assez clairement l'origine sociale de Vincent), comme une déchéance, mais plus grave visiblement par le cinéaste aussi (les scènes de Vincent au travail sont extrêmement froides et déshumanisées, voire dégradantes). Ici, l'habitus petit-bourgeois, qui ne pouvait qu'être à l'origine d'un pareil scénario narcissique clos sur lui-même de la petite rupture sentimentale, refait violemment surface dans le champ social.

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