une séparation conjugale

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une séparation conjugale

Messagepar weightwatchers » Dim 10 Juin 2012 18:36

http://www.scienezma.com/DC/une_separation

Il n'est rien d'autre qu'un truc de scénario, ou bien entendu évidemment un machin pour la pensée.


à l'époque on pendait Antonioni pour moins que ça, il est resté dans l'histoire. Farhadi et Jia Zhang Ke y resteront aussi. point final
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Re: une séparation conjugale

Messagepar weightwatchers » Dim 10 Juin 2012 19:35

laisse-moi deviner, tu as relu Benjamin et sa vie des étudiants après avoir regardé Bienvenue au ranch.
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Re: une séparation conjugale

Messagepar _ » Dim 10 Juin 2012 20:57

weightwatchers a écrit:à l'époque on pendait Antonioni pour moins que ça,


Peut-être, mais il valait beaucoup plus que ça, au contraire de Farhadi.

;)
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Re: une séparation conjugale

Messagepar JM » Lun 11 Juin 2012 15:27

weightwatchers a écrit:laisse-moi deviner, tu as relu Benjamin et sa vie des étudiants après avoir regardé Bienvenue au ranch.


Non, c'est en lisant son herméneutique d'Hölderlin que je suis tombé sur cet autre texte de lui que j'ai cité ... mais sa vie des étudiants est toujours bonne à relire he he !
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Re: une séparation conjugale

Messagepar _ » Ven 22 Juin 2012 21:35

Note ce petit commentaire de Brecht, qui pourrait sans doute figurer en exergue de scienezma :

quand on fait découler toute morale de la productivité, quand on ne conçoit rien de plus élevé que d'épanouir pleinement la productivité de l'humanité entière, il faut veiller à ne pas supprimer le charme de l'existence nue, voire de la résistance à la mise en valeur. j'aime : je rends la personne aimée productive ; je construis une auto : je fais rouler les automobilistes ; je chante : j'affine l'ouïe de l'auditeur etc etc. mais alors il faut que la société ait le don de tout mettre en valeur, il faut qu'elle ait un tel "capital" de produits déjà finis, une telle abondance d'offres, que la production de l'individu soit en quelque sorte un surcroît, quelque chose d'inattendu. si la productivité est le plus élevé des buts, la grève conserve son honneur (il en est déjà ainsi dans la sphère esthétique. l'asocial réjouit également ; on considère comme suffisant qu'il "se produise").
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Re: une séparation conjugale

Messagepar Chantal » Sam 23 Juin 2012 10:45

Coucou !

_ a écrit:Note ce petit commentaire de Brecht, qui pourrait sans doute figurer en exergue de scienezma :

quand on fait découler toute morale de la productivité, quand on ne conçoit rien de plus élevé que d'épanouir pleinement la productivité de l'humanité entière, il faut veiller à ne pas supprimer le charme de l'existence nue, voire de la résistance à la mise en valeur. j'aime : je rends la personne aimée productive ; je construis une auto : je fais rouler les automobilistes ; je chante : j'affine l'ouïe de l'auditeur etc etc. mais alors il faut que la société ait le don de tout mettre en valeur, il faut qu'elle ait un tel "capital" de produits déjà finis, une telle abondance d'offres, que la production de l'individu soit en quelque sorte un surcroît, quelque chose d'inattendu. si la productivité est le plus élevé des buts, la grève conserve son honneur (il en est déjà ainsi dans la sphère esthétique. l'asocial réjouit également ; on considère comme suffisant qu'il "se produise").


Très bien, mais attention. Ce que propose, en échange du film très "théâtre bourgeois" de Farhadi, la personne qui a écrit le texte sur "Une séparation" qui se trouve sur scienezma.com n'a pas grand chose à voir avec le travail de Brecht non plus. Il s'agit pour elle de mettre en avant soit l'intensité des sentiments (la fin du film), soit quelque chose qui fait penser à de la farce (le personnage du vieil homme). Mais bon, on est là pour en discuter, avant le 28, le 28 et après le 28 juin :

C'est là que nous pouvons croiser Rousseau, dont nous célébrons le tricentenaire de la naissance, puisqu'il est né le 28 juin 1712. Rousseau a été éminemment un discoureur paradoxal, lui qui a déclaré : "Je préfère être un homme à paradoxes plutôt qu'un homme à préjugés". Qu'est-ce qu'un préjugé ? Un préjugé - un pré-jugé - c'est un jugement qui n'a pas été lui-même jugé. En ce sens, le combat contre le préjugé c'est l'affirmation que tout jugement doit être jugé. Il doit comparaître ... devant quoi ? Devant le paradoxe justement. Tout jugement qui n'a pas traversé le paradoxe de la rationalité dialectique est un préjugé. Que la philosophie soit inquisitoriale est ce qu'on lui a toujours reproché. On lui a toujours reproché de juger les jugements et de revenir sur les pré-jugés. Ce qui a été reproché à Socrate lors de son procès, c'était de "corrompre la jeunesse", ce qui voulait dire : ne pas admettre les jugements établis aux yeux de la société tout entière. C'est ainsi qu'Aristophane, conservateur endurci, présente Socrate dans Les Nuées : quelqu'un dont la prétention rhétorique n'aboutit qu'à des paradoxes nébuleux, alors qu'il n'est même pas capable de s'intégrer à la société telle qu'elle est.

Ce qui est aussi visé par la philosophie c'est la notion d'un discours autorisé, c'est-à-dire d'un discours qui n'aurait pas à légitimer les jugements qu'il prononce : discours du prêtre, discours du roi et, en dernier ressort, discours de Dieu. On peut remarquer ici qu'en philosophie il n'y a pas d'hérésies. Dès qu'une hérésie apparaît, vous êtes dans une discursivité étatico-religieuse.

C'est parce qu'il n'admet pas qu'un discours soit autorisé par sa position narrative - puisqu'il ne s'autorise que de lui-même - que le discours philosophique se présente comme un discours égalitaire. C'est là précisément sa ressource propre et la raison pour laquelle le statut primordial de la philosophie chez Platon a été celui de la conversation. Le dialogue est en effet la forme appropriée au fait qu'on va juger les jugements devant des témoins. Cette exposition du pré-jugé au jugement entraîne immédiatement, tout le monde l'a remarqué, de nombreux paradoxes, qui, chez Platon, s'appellent des apories (chicanes de la pensée, labyrinthes, voire incertitude totale). (http://www.entretemps.asso.fr/Badiou/11-12.htm)


;)

A mon avis, le texte du site montre bien comment on peut être "piégé" par le film de Fahradi, qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas (si on veut aller plus loin), ou qui fonctionne trop bien (si l'on s'appelle Fahradi) dans le film. Par "aller plus loin", j'entends l'étape essentielle, le saut, où l'on en vient à juger la qualité des/de nos jugements devant le film, pour reprendre les mots de Badiou. C'est par exemple là que le film pourrait devenir politique et qu'il ne l'est pas. Ce qui, évidemment, ne signifie pas qu'on n'est pas libre de le faire quand même...
Chantal
 

Re: une séparation conjugale

Messagepar JM » Dim 24 Juin 2012 16:08

Chantal a écrit:la personne qui a écrit le texte sur "Une séparation" qui se trouve sur scienezma.com n'a pas grand chose à voir avec le travail de Brecht non plus.


Pas si sûr Chantal, pas si sûr :

Chantal a écrit: quelque chose qui fait penser à de la farce (le personnage du vieil homme).



Au fait, tu en es où de ton texte à propos de Brecht et de ce film de Preminger dont je ne me souviens plus le nom dont tu m'avais parlé à une époque ?
JM
 

Re: une séparation conjugale

Messagepar Chantal » Ven 29 Juin 2012 20:31

JM a écrit:
Au fait, tu en es où de ton texte à propos de Brecht et de ce film de Preminger dont je ne me souviens plus le nom dont tu m'avais parlé à une époque ?


Hello,

excuse-moi pour le retard, je suis plongée dans les bouquins en ce moment et je ne me donne pas le temps pour autre chose. J'ai récupéré un stock de livres et revues de philo des années 70-80, avec quelques raretés dedans !

Le texte dont tu parles, j'ai laissé tomber car je suis très paresseuse, et surtout après reprise de mes notes, je crois que je faisais fausse route.
Chantal
 

Re: une séparation conjugale

Messagepar JM » Sam 30 Juin 2012 09:24

Chantal a écrit:
JM a écrit:excuse-moi pour le retard, je suis plongée dans les bouquins en ce moment et je ne me donne pas le temps pour autre chose. J'ai récupéré un stock de livres et revues de philo des années 70-80, avec quelques raretés dedans !


Veinarde ! ;)

C'était quoi déjà le nom du film de Preminger ?
JM
 

Re: une séparation conjugale

Messagepar Chantal » Mar 3 Juil 2012 22:52

C'est Whirlpool, j'en parlerai à l'occasion sur le forum si je trouve un peu de temps pour ça ! Mais je crois que j'étais sur une fausse piste.
Chantal
 

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