Page 3 sur 3

Re: une séparation conjugale

MessagePosté: Dim 6 Oct 2013 18:36
par Sword7
Notebad a écrit:Il y a un truc qui m'intéresse (et en même temps me préoccupe), c'est ce discours féministe que l'on entend dans pas mal de films "récents" (et ailleurs), venant de femmes de classes relativement aisées, qui, refusant d'être les domestiques de leur mari, se tournent d'emblée (par principe) vers la solution des domestiques. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose dans cette manière de voir les choses qui ne colle pas, qu'on saute d'une émancipation bienvenue vers l'asservissement de quelqu'un d'autre. Et ce discours n'est jamais étudié dans les films en question sous cet aspect-là, il est toujours envisagé sous l'angle du féminisme et de l'épouse qui, certes, se libère du fardeau domestique et s'émancipe.


Il y a des films là-dessus. Je suis en train de préparer un texte sur les deux "Housemaid" coréennes (celle de Kim Ki Young, puis de Im Sang-soo). A suivre... 8-)

Re: une séparation conjugale

MessagePosté: Sam 26 Oct 2013 16:17
par scienezma
Sword7 a écrit:Il y a des films là-dessus. Je suis en train de préparer un texte sur les deux "Housemaid" coréennes (celle de Kim Ki Young, puis de Im Sang-soo). A suivre... 8-)



Ton texte est en ligne ! ;)

Re: une séparation conjugale

MessagePosté: Lun 11 Aoû 2014 16:14
par Notebad
Dans "Ilo Ilo" (2013) d'Anthony Chen, il est aussi question d'une domestique (Teresa) qui vient des Philippine pour travailler pour une famille singapourienne. Le film est médiocre, j'ai pas trouvé un seul plan vraiment construit et digne de ce nom, c'est tout de la caméra tremblée près des personnages, voire une sorte de caméra cachée (lorsque le cinéaste filme à distance Teresa dans la rue ou dans des magasins - sic). Le reste est aussi de l'ordre du tremblant, ou plutôt du branlant, c'est encore un de ces films qui font mine de représenter les rapports de classe mais qui noient cela dans les rapports humains jusqu'à ce que le premier rapport disparaisse pour laisser place à un tableau sentimental tout ce qu'il y a de plus consensuel. En se plaçant dans une famille petite-bourgeoise victime de la crise, cela permet de conclure que "la vie est dure pour tout le monde de nos jours", et que le salut de la famille était peut-être finalement, non dans la loterie en laquelle croit le gamin, non dans le gourou-escroc de la confiance en soi auquel se met à croire la mère, mais dans la présence sympathique de la domestique catholique "bien sous tous rapports" qui a fini par s'intégrer dans la famille mais qui doit hélas partir à la fin car on ne peut plus la payer...

Re: une séparation conjugale

MessagePosté: Mar 26 Aoû 2014 17:09
par _
Notebad a écrit:Dans "Ilo Ilo" (2013) d'Anthony Chen, il est aussi question d'une domestique (Teresa) qui vient des Philippine pour travailler pour une famille singapourienne. Le film est médiocre, j'ai pas trouvé un seul plan vraiment construit et digne de ce nom, c'est tout de la caméra tremblée près des personnages, voire une sorte de caméra cachée (lorsque le cinéaste filme à distance Teresa dans la rue ou dans des magasins - sic). Le reste est aussi de l'ordre du tremblant, ou plutôt du branlant, c'est encore un de ces films qui font mine de représenter les rapports de classe mais qui noient cela dans les rapports humains jusqu'à ce que le premier rapport disparaisse pour laisser place à un tableau sentimental tout ce qu'il y a de plus consensuel. En se plaçant dans une famille petite-bourgeoise victime de la crise, cela permet de conclure que "la vie est dure pour tout le monde de nos jours", et que le salut de la famille était peut-être finalement, non dans la loterie en laquelle croit le gamin, non dans le gourou-escroc de la confiance en soi auquel se met à croire la mère, mais dans la présence sympathique de la domestique catholique "bien sous tous rapports" qui a fini par s'intégrer dans la famille mais qui doit hélas partir à la fin car on ne peut plus la payer...


Exact Notebad, ce film est plutôt lamentable...