Adieu au langage

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Re: Adieu au langage

Messagepar Notebad » Ven 17 Avr 2015 11:09

JM a écrit:Je reviens un peu sur le film américain de Russel Rouse dont il était question dans le texte initial figurant sur le site.

J'ai regardé il y a peu un autre film noir de Rouse, "New York Confidential" (1955). Il s'agit d'un film sur le milieu, mais je trouve le traitement assez intéressant et plutôt original (et dans l'ensemble très bien foutu). Rouse décrit méticuleusement et avec beaucoup de patience les "éléments humains" d'un milieu qui s'autodétruisent, voués à s'autodétruire dans l'inhumanité de ses règles et de ses lois, dans ses fondements qui lui permettent par ailleurs de se survivre à lui-même. Mais RR, tout en décrivant une mécanique implacable et froide, bâtie par des hommes qui en sont coupables et victimes eux-mêmes, ne fait pas des mafieux des monstres, tout au contraire il humanise tous ses personnages pour laisser filtrer quelque chose d'insupportable dans cette logique meurtrière. RR n'a donc pas recours à l'intervention de la police pour introduire un regard moral sur le milieu, celle-ci reste totalement invisible, absente, pas de détective ou de flic qui mène l'enquête comme dans la plupart des films du genre. C'est dans l'humanité de ses personnages qu'il parvient, non pas à en faire des héros immoraux, mais à nous faire prendre un recul bienvenu sur leurs activités tout en ne les montrant jamais du doigt, et en ne les condamnant pas dans le sens "policier" du mot.

Pour rejoindre le "concept" de "The Thief", on pourrait dire que l'éthique agit dans le film de manière silencieuse et muette, sans le lourd "langage scénaristique policier habituel". ;)


A moins que je n'aie pas compris (sûrement !), c'est quand même pas très original. C'est comme Scarface, grandeur et autodestruction d'un mafieux, ça peut que se finir dans un bain de sang, le spectateur est censé comprendre la morale finale par lui-même...
Notebad
 

Re: Adieu au langage

Messagepar casseur » Sam 9 Mai 2015 16:26

Invité a écrit:
soren a écrit:L'article sur Godard dans Libé : http://next.liberation.fr/cinema/2013/0 ... -3d_913697


Godard a apparemment gardé une certaine fidélité pour Libé, il rate jamais une occasion de dire que c'est l'un des rares journaux qu'il lise encore. Je sais pas trop pourquoi...


Idem et tout aussi étrange pour Charlie Hebdo (dans le dernier numéro de So Film). A se demander si, comme la photo de couverture du magazine, le cinéaste n'est pas resté bloqué à une autre époque de ces journaux... L'oeil et la main qui travaillent de concert ok, mais est-ce vraiment suffisant pour un journaliste (puisqu'il parle de journalisme)... Les types de So Film qui pratiquent le journalisme sans cerveau ont dû adorer en tout cas.
casseur
 

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