traduire les fictions invisibles..

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Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar Chantal » Dim 23 Oct 2011 22:44

Salut,

Grâce à mes lectures aux toilettes (si vous me suivez, vous trouverez la source), je sais qu'Edward Yang est encore un de ces cinéastes qui affirment avoir eu le goût de faire des films grâce à Herzog. Ils sont apparemment nombreux dans ce cas (je me souviens JM que tu le rappelais aussi à propos de Bahrani, via un de tes liens) et ce qui est marrant, c'est que généralement on ne voit pas au premier abord de lien de filiation direct. Je crois que, comme Yang, c'est surtout le "modèle" d'indépendance d'Herzog qui donne goût aux jeunes cinéastes de se lancer, c'est donc quelque chose de très libérateur, de très différent d'une relation maître/disciples...
Chantal
 

Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar JM » Lun 24 Oct 2011 13:05

Hello,

Tu as raison Chantal, je voulais revenir là-dessus à l'occasion puisque je suis avec Herzog depuis déjà un certain temps dans les pages du site, notamment sur son projet d'"école de cinéma"...ça viendra..

En attendant, quelques pages des "Ecrits" (éd. cahiers du cinéma) d'Oshima dans lesquels il parle de Toshio Matsumoto, puisqu'on a pas encore parlé du second texte que j'avais mis en ligne par ici :

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Et puis une interview à la cinémathèque, à Paris :

http://www.dailymotion.com/swf/x5iboj_p ... o_creation

Je sais pas qui présente le cinéaste, je pense que c'est Brenez, ça m'étonnerais pas, j'aime bien le : "bien sûr professeur à l'université de machin truc", ça me fait marrer, comme si c'était l'évidence, comme si il aurait surtout pas pu en être autrement, comme si le CV de cet apparemment ancien avant-gardiste devait forcément se terminer par ça et elle en est ravie, bien sûr.
JM
 

Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar _ » Ven 16 Déc 2011 11:58

_ a écrit:J'ai quand même vu Terrorizer d'Edward Yang (1986) récemment, un film sur le cauchemar urbain qui m'a laissé une impression terrible, qui fait froid dans le dos. J'ai aussi quelques notes dessus, mais étant tombé sur le long texte passionnant (mais difficile, surtout si on a pas lu les bouquins dont il parle !) de F. Jameson sur le film (et la littérature) [à lire dans Fictions Géopolitiques, éd capricci], je préfère renvoyer à celui-ci dans l'immédiat...


Salut,

Avis aux amateurs, le film d'Edward Yang sort en salles en France.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/20 ... _3476.html
_
 

Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar Sword7 » Ven 27 Juil 2012 18:45

Salut,

J'ai revu "La fureur de vivre", je trouve que tu as raison de parler de ce film dans ce texte. Je pense au gosse métis dans la scène fameuse du planétarium. Là, je reprends ce que dit Deleuze du cliché et de Rossellini :

Alors que dit Rossellini, c’est ce que j’ai mis, je ne sais pas combien d’heures et d’amour, à filmer. Alors, il n’avait qu’à se renseigner, vous voyez qu’ils ne se renseignent pas beaucoup les critiques ; ils parlent, ils parlent comme ça. Alors là, il n’était quand même pas content, et qu’est ce qui est essentiel là dedans ? c’est d’une part la beauté de la séquence en elle-même, mais que l’étrangère sur l’île est évidemment en situation optique pure ; Et est-ce que cela veut dire qu’elle est là comme ça, comme un touriste ? Peut-être que vous avez sentir que quelque chose est en train de se dessiner de plus profond. Elle serait comme un touriste si elle saisit ces images réalité, ces images « faits » comme dirait Bazin, si elle l’est saisit comme des clichés ; ce serait possible mais non ! Cette pêche au thon qui ne lui appartient pas, la bouleverse d’un bout à l’autre, pourquoi ? Quelque chose de trop fort pour elle. Ça la bouleverse. Elle est dans une situation optique pure, c’est par cette situation optique pure qu’elle sort de cliché. Le cliché, c’est le touriste qui est en situation sensorimotrice. Ah ! Ça changerait tout, ça. Le touriste, le pauvre con là, c’est celui qui arrive là sur le quai, il voit les thons arriver, il dit « je peux toucher hein ? Oh le pauvre thon !! » Voilà, il n’a rien compris. La femme terrifiée, la femme terifiée regarde la pêche au thon, les thons, elle est en situation purement optique et sonore avec un langage qu’elle ne comprend pas, ce patois, avec des gestes qu’elle ne comprend pas, la violence de ces marins, et on essaie de lui faire toucher, un marin qui se marre essaie de lui faire toucher, elle pose un doigt, elle est bouleversée. Elle est bouleversée. Le cliché s’était l’image prise dans une perception sensorimotrice et sentez que là les deux sont unis tant du point de vue des acteurs du film que du point de vue de spectateurs. La situation optique pure a coupé toute perception sensorimotrice, d’abord dans le personnage du film et par là même aussi dans le spectateur du film. C’est au moment où je suis en situation optique pure que j’aperçois, que je sors de l’image-cliché pour saisir quelque chose d’intolérable ; Pourquoi ? un excès, quelque chose de trop puissant dans la vie, quoi, quoi qu’est ce que c’est ? Où quelque chose de trop misérable, quelque chose de trop terrible.


Voilà, il se passe quelque chose comme ça dans cette scène du film de Ray (comme ds bcp de films de Ray). Dans le(s) film(s) d'Araki, malheureusement, il se passe rien de tout ça, et pas grand chose d'autre... D'ailleurs, les relations parents-enfants qui sont au coeur du film de Ray, sont moquées ou deviennent débilitantes dans "Kaboom".

Le constat sur l'utilisation du cinémascope est juste. Plusieurs scènes révèlent un format, pourtant nouvellement agrandi, mais qui pour Ray est inadapté à ces adolescents "plus grands que la vie".
Sword7
 

Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar _ » Ven 27 Juil 2012 22:14

Est-ce vraiment une question de format ?

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Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar casseur » Sam 11 Oct 2014 22:09

JM, il est temps de ressortir ton texte sur "Kaboom" avec la sortie la semaine prochaine du dernier film d'Araki, "White Bird". Je l'ai vu en ligne, c'est toujours aussi nul, mais je n'ai pas encore demandé son avis à mon petit neveu.

On va encore avoir le droit aux conneries habituelles : "Araki, grand cinéaste de la surface, du stéréotype assumé, etc". En fait, comme tu le signalais déjà précédemment, le cinéaste-scénariste est un véritable roublard, qui sous une fausse approche volontairement artificielle et légère, a toujours tartiné du gros et bon vieux psycho-trauma des familles qui tâche. Ici, non content de son suspense nauséabond à l'heure de film, il rajoute un twist final douteux, chargeant à bloc le sale petit secret de famille, et faisant de la mère un personnage sacrifié au moins deux fois par la fiction. Après tout, rien d'étonnant à ce que cette histoire de rétention du passé soit elle-même figée avec complaisance dans les années 80-90. Lourdeur, lourdeur, quand tu nous tiens...
casseur
 

Re: traduire les fictions invisibles..

Messagepar Notebad » Ven 24 Oct 2014 07:40

casseur a écrit:JM, il est temps de ressortir ton texte sur "Kaboom" avec la sortie la semaine prochaine du dernier film d'Araki, "White Bird". Je l'ai vu en ligne, c'est toujours aussi nul, mais je n'ai pas encore demandé son avis à mon petit neveu.

On va encore avoir le droit aux conneries habituelles : "Araki, grand cinéaste de la surface, du stéréotype assumé, etc". En fait, comme tu le signalais déjà précédemment, le cinéaste-scénariste est un véritable roublard, qui sous une fausse approche volontairement artificielle et légère, a toujours tartiné du gros et bon vieux psycho-trauma des familles qui tâche. Ici, non content de son suspense nauséabond à l'heure de film, il rajoute un twist final douteux, chargeant à bloc le sale petit secret de famille, et faisant de la mère un personnage sacrifié au moins deux fois par la fiction. Après tout, rien d'étonnant à ce que cette histoire de rétention du passé soit elle-même figée avec complaisance dans les années 80-90. Lourdeur, lourdeur, quand tu nous tiens...


Et bien sûr, la presse est dans l'ensemble ... dithyrambique ! De toute façon la critique journalistique ne vaut pas mieux aujourd'hui que les producteurs : ils ne se sentent bien que devant le même et l'identique reproduits ad nauseam. Ici une nième resucée de l'Amérique des eighties avec cadavre dans le placard et vilain papa, à la sauce Lynch, Sherman...

Qu'on en finisse avec la pause post-moderniste ! De Palma a déjà largement ouvert la voie à son auto-sabordage (involontaire) !
Notebad
 

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