Notes sur le 8e CIFF de Nanjing

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Re: Notes sur le 8e CIFF de Nanjing

Messagepar JM » Lun 30 Nov 2015 09:32

Land of Black Gold - Li Xiaofeng & Jiakai

I've just read on internet that a new deadly accident in a Hunan mine happened today. I wanted to talk about the disappointment that have been Land of Black Gold for me because I really appreciated Walk in the Dark and My Last Secret, but I feel a little stupid to say more about that now.

I think it's linked, so I need to add that I felt very uncomfortable with Land of Black Gold. Is it possible to film labor (and particularly modern slavery in the Chinese mines) as an amateur ? For Li Xiaofeng and Jiakai, the embarrassing answer seems to be "yes".

When camera simply travel into mine's tunnels as if we were miners, visiting underground galleries, what is the prize to pay in our seats for this terrible spectacle of reality ? Is it as simple as you just have to point a bulldozer with a big light beam to film it working dangerously into the darkness of the mine ? Doesn't a shooter make the same kind of move with his gun ? Why, about these workers, we just have the right to know their ages, their salaries, if they are happy or not in the mine ? Isn't it because the person who talked to them behind the camera proposed to them only some police questions ? And finally, why after editing, let a boss of the mines tell his jokes in front of the camera to get the public in his good side ? Isn't it a little bit indecent ?

So, the first part of the movie in the mine is probably the worst part of it. It seems that Li Xiaofeng is more comfortable with intimist subjects, so his cinema is definitely better when he find a charismatic character he can follow. Here, it's another woman, the one who manage the coal trucks traffic office. For a little while, carried by this voluble character, the movie take off and live down the strong ethical interrogations of the beginning.

But finally, after the screening, many questions come back from reality as haunted waves. They harass the lonely reviewer…


J'ai repensé à ces remarques et questions devant le dernier film de Zhao Liang qui est passé l'autre jour sur Arte, "Behemoth". Entre parenthèses, c'est un documentaire exceptionnellement beau, absolument terrible, sur le désastre écologique et humain causé par les exploitations minières en Mongolie, qu'il faut voir (peut-être encore visible sur le site internet de la chaîne ?!), j'essayerai d'y revenir dans les prochains jours si j'ai le temps...

Dans ce film de Zhao Liang, personne n'a la parole devant la caméra, les travailleurs restent muets, comme les manifestants de la fin d'ailleurs. Et à la fin, un panneau remercie les membre d'un hôpital d'avoir aidé, "en silence", à la constitution du film. Ceci m'a fait prendre conscience que l'absence de parole est très probablement quelque chose qui est imposé par les autorités pour pouvoir faire le film. Autrement dit, l'artiste peut mettre en images ce qu'il veut, mais cela doit absolument rester le regard subjectif d'un artiste sur ce sujet, et ne concerner en rien les "acteurs", pourtant bien réels, de ce sujet (en l'occurrence, le monde minier). Je ne peux pas assurer que c'est comme ça que ça fonctionne, mais je pense que c'est ça. A mon avis, ce silence est lié à une interdiction, de même que l'interrogatoire policé du film de Li Xiaofeng était probablement aussi dû à des normes imposées d'en-haut (d'autant que je crois que son film était produit par CCTV). A propos de Li Xiafeng, je suis tombé sur internet sur son beau premier doc "Walk in the dark" qui est apparemment passé à la TV en Chine, mais complètement charcuté par des commentaires explicatifs du cinéaste en plein milieu, et certains passages de dialogues brutalement coupés.

A la parole des travailleurs, Zhao Liang substitue des extraits de l'Enfer de Dante qui nourrissent en effet la subjectivité du film, c'est très percutant également et cela injecte une part de fiction (totalement adaptée, car le cinéaste met bien en scène un cercle infernal et absurde qui va des exploitations minières aux villes fantômes, un monstrueux processus) dans le documentaire.

Quoi qu'on pense du film, dans un tel contexte, on prend alors également conscience du "risque" pris par Wang Bing il y a quelques années, en laissant parler une femme librement devant sa caméra pendant plus de 2 heures...
JM
 

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