Cinéma chinois, en vrac

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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar JM » Dim 25 Sep 2016 08:17

Oui, merci Sword7, très beau film effectivement !
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Dim 2 Oct 2016 09:28

Hello,

Encore un beau film chinois d'un jeune cinéaste qui débute sorti cet été sur les écrans : "Dong" (Hiver) de Jian Xing. L'été et le début d'automne auront décidément eu de quoi faire mentir JZK sur la forme actuelle du cinéma chinois...

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J'ai pris le film pour ce qu'il n'est peut-être pas, un très réussi, et donc terrible, conte pour enfants qui joue et compte dans sa sobriété absolue sur l'imagination des spectateurs. Filmé en N&B, sans paroles, porté par un unique personnage, tourné au milieu des tempêtes de neige de la province du Dongbei, autant dire que le pari est risqué pour Jian Xing, d'autant plus en territoire généralement très commercial et formaté, peu habitué à ce genre d'OVNI cinématographique !

Pour autant, le N&B n'apparait pas comme un choix trop formaliste et poseur (même si l'on pense bien sûr au rendu épuré de la peinture à l'encre chinoise), et le film ne donne pas non plus l'impression de mettre en avant ses difficultés de tournage. Après une première partie longue, mais qui pose bien la situation où l'on côtoie la solitude du vieil homme, se met en place un jeu cruel dans lequel le vieil homme remplace un compagnon de solitude par un autre, offrant le précédent en nourriture au suivant, et ce jusqu'à un enfant qui disparait (sans doute) lui-aussi au fond du trou que l'homme avait creusé dans le lac pour pêcher son premier "partenaire".

C'est ce mécanisme de remplacement, raconté avec la sobriété la plus totale, qui a quelque chose de terrifiant, en particulier lorsque arrive l'enfant. On se demande alors si ce vieil homme pourrait se transformer en ogre et serait prêt à tuer l'enfant pour le donner à manger à sa femme morte si celle-ci pouvait revenir vivre avec lui parmi les vivants. Deux belles scène à la fin du film nous emmènent discrètement dans cette voix-là : celle où il mime dans la neige une retrouvaille avec elle, celle où une petite main d'enfant écrasée par celle de l'homme apparaît derrière lui alors qu'il pense à sa femme assis sur sa couche. A la fin, c'est la nature qui l'emporte et qui avale l'homme dont le profil restera gravé à l'horizon marqué par les montagnes.

Télécharger le film ici : http://pan.baidu.com/s/1migxHKc (mot de passe : lpmd)
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Ven 31 Mar 2017 21:04

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Le sang du numérique
- "The Great Wall" de Zhang Yimou
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Notebad » Dim 2 Avr 2017 14:07

Salut Sword,

Joli montage.

Le cinéma commercial en numérique aurait-il enfin réalisé le grand rêve de nombreuses avant-gardes expérimentales du XXème siècle, à savoir faire définitivement exploser les notions d'espace et de temps à l'écran ?!!? ;)
Notebad
 

Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Sam 8 Avr 2017 09:44

Notebad a écrit:Salut Sword,

Joli montage.

Le cinéma commercial en numérique aurait-il enfin réalisé le grand rêve de nombreuses avant-gardes expérimentales du XXème siècle, à savoir faire définitivement exploser les notions d'espace et de temps à l'écran ?!!? ;)


Ahah, à méditer !

Sinon regardé "I'm not Madam Bovary" de Feng Xiaogang (je vous laisse lire les explications sur le titre et le scénario ici : http://www.chinesemovies.com.fr/films_F ... Bovary.htm)

C'est mieux que son gros film lourdingue sur le tremblement de terre à propos duquel j'avais écrit un texte sur le site il y a quelques années (http://www.scienezma.com/DC/aftershocks). Une fois n'est pas coutume, je rejoins Duzan sur l'originalité des choix formels qui sont surtout justifiés, nous changent du tout venant affreux de la production commerciale chinoise, et vraiment bien utilisés (en particulier la mise en scène à l'intérieur du cadre rond), ça n'a pas été fait n'importe comment. Après je la rejoins aussi pour dire que le film est beaucoup trop long.

Par contre, sur le plan de la satire sociale, je suis beaucoup plus nuancé. Même si apparemment les autorités paniquées ont voulu laisser passer le film en salle en douce, son contenu me paraît rester peu subversif. Certes, il est vaguement question de corruption, d'incompétence des autorités, mais la situation initiale est suffisamment embrouillée pour dédouaner tout ce beau monde en costume. En réalité, la femme s'est mise elle-même dans cette situation (en plus en cherchant à contourner la loi, donc sa responsabilité est doublement en cause : à titre personnel et moral devant la loi) et si la machine bureaucratique patine, c'est parce qu'il n'y a objectivement aucune solution juridique à son problème, avant même le fait que chacun pense à son intérêt personnel (y compris Li Xuelian). Les autorités s'agitent autour d'un problème insoluble, qui se joue essentiellement entre la femme et son (ex) mari. La corruption du fonctionnaire local est comique, le type accepte un bidon d'huile et un canard, quelque chose comme ça, donc ceci tend plutôt à relativiser la corruption qu'à la dénoncer. De même, nous avons une séquence où la femme est "invitée à prendre le thé", expression consacrée pour désigner les interrogatoires aimables de la police pour persuadé les gens de rentrer dans le droit chemin idéologique avant des sanctions beaucoup plus importantes. Ce type de séquence donne plutôt l'impression qu'on cherche à banaliser ce type de procédé de la police dans l'opinion publique, plutôt qu'à le dénoncer réellement.

Je pense que c'est le fait de voir une femme de la campagne aller à Beijing pour formuler sa revendication (quelle qu'elle soit) qui gène les autorités, même si on a fait en sorte que son problème soit en réalité absolument impossible à résoudre par celles-ci.
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar JM » Ven 14 Avr 2017 08:19

Sword7 a écrit:
Notebad a écrit:Salut Sword,

Joli montage.

Le cinéma commercial en numérique aurait-il enfin réalisé le grand rêve de nombreuses avant-gardes expérimentales du XXème siècle, à savoir faire définitivement exploser les notions d'espace et de temps à l'écran ?!!? ;)


Ahah, à méditer !

Sinon regardé "I'm not Madam Bovary" de Feng Xiaogang (je vous laisse lire les explications sur le titre et le scénario ici : http://www.chinesemovies.com.fr/films_F ... Bovary.htm)

C'est mieux que son gros film lourdingue sur le tremblement de terre à propos duquel j'avais écrit un texte sur le site il y a quelques années (http://www.scienezma.com/DC/aftershocks). Une fois n'est pas coutume, je rejoins Duzan sur l'originalité des choix formels qui sont surtout justifiés, nous changent du tout venant affreux de la production commerciale chinoise, et vraiment bien utilisés (en particulier la mise en scène à l'intérieur du cadre rond), ça n'a pas été fait n'importe comment. Après je la rejoins aussi pour dire que le film est beaucoup trop long.

Par contre, sur le plan de la satire sociale, je suis beaucoup plus nuancé. Même si apparemment les autorités paniquées ont voulu laisser passer le film en salle en douce, son contenu me paraît rester peu subversif. Certes, il est vaguement question de corruption, d'incompétence des autorités, mais la situation initiale est suffisamment embrouillée pour dédouaner tout ce beau monde en costume. En réalité, la femme s'est mise elle-même dans cette situation (en plus en cherchant à contourner la loi, donc sa responsabilité est doublement en cause : à titre personnel et moral devant la loi) et si la machine bureaucratique patine, c'est parce qu'il n'y a objectivement aucune solution juridique à son problème, avant même le fait que chacun pense à son intérêt personnel (y compris Li Xuelian). Les autorités s'agitent autour d'un problème insoluble, qui se joue essentiellement entre la femme et son (ex) mari. La corruption du fonctionnaire local est comique, le type accepte un bidon d'huile et un canard, quelque chose comme ça, donc ceci tend plutôt à relativiser la corruption qu'à la dénoncer. De même, nous avons une séquence où la femme est "invitée à prendre le thé", expression consacrée pour désigner les interrogatoires aimables de la police pour persuadé les gens de rentrer dans le droit chemin idéologique avant des sanctions beaucoup plus importantes. Ce type de séquence donne plutôt l'impression qu'on cherche à banaliser ce type de procédé de la police dans l'opinion publique, plutôt qu'à le dénoncer réellement.

Je pense que c'est le fait de voir une femme de la campagne aller à Beijing pour formuler sa revendication (quelle qu'elle soit) qui gène les autorités, même si on a fait en sorte que son problème soit en réalité absolument impossible à résoudre par celles-ci.


Salut,

Je n'ai pas vu le film dont tu parles, mais ça me fait typiquement penser à la méthode de gros malin de Farhadi en Iran que je trouve insupportable. Plutôt que d'essayer de rendre justice aux individus en marge, qui sont victimes du régime (un peu comme Panahi, qui lui a des problèmes avec les autorités, mais que ça n'empêche pas de continuer à filmer quand même), on développe un cinéma ambigu dans son scénario (avec une mise en scène conventionnelle) avec en son centre une situation inextricable, qui se focalise plus sur des questions de caractère individuel (cela inclus la croyance) en jouant avec les spectateurs et en l'interrogeant moins sur certains aspects politiques problématiques du pays (ou alors cela est laissé à l'interprétation totale des spectateurs). A la fin, il est toujours permis de se dire que nous avons juste vu un film distrayant (mais particulièrement moraliste) sur les petits soucis quotidiens de la classe moyenne iranienne. Son dernier film est toujours de ce tonneau-là, mais apparemment les Cahiers ont seulement maintenant décidé d'en faire un cinéaste "festivalier" avec ses grosses ficelles...

Il est aussi surprenant qu'un cinéaste qui ne veut pas faire de vague avec le régime de son propre pays, se mette en avant en refusant d'aller aux Oscars pour dénoncer la politique de Trump sur l'immigration. Ca ne mange pas de pain, mais, pour le coup, ça me fait penser à Jia Zhangke qui, il y a quelques années, avait refusé de se rendre dans un festival de cinéma qui proposait également une sélection de films sur le Tibet. Nous avons là des artistes, intellectuels, qui, dans un contexte international, musclent leurs discours, alors qu'ils préfèrent se faire tout petit dans le contexte national.
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Mer 3 Mai 2017 07:28

Vu quelques films chinois que Duzan affirme appartenir à une "nouvelle vague" du cinéma chinois...

Sur ce que j'ai déjà vu, à part pour "Kaili Blues", qui a un aspect artistique singulier, qui apporte un regard novateur, cette appellation est, comme très souvent, très largement exagérée (pour rester poli).

"Duckweed", le film de Han Han, est par exemple une véritable purge visuelle et d'une débilité totale.

"The Summer is gone" se laisse regarder, c'est gentillet, il y a quelques jolies moments, ça rappelle surtout beaucoup le cinéma de Hou Hsiao Hsien en plus moraliste et avec un style moins personnel et inspiré. L'utilisation du N&B n'a vraiment rien de singulière, on a plutôt l'impression que ce choix a été effectué pour ne pas montrer que le cadre qui est filmé et censé correspondre à la réalité des années 90 correspond en fait exactement au réel de 2017. Si on voit le film comme ça, ce N&B plat (à part pour une ou deux scènes de nuits avec plus de contrastes) devient une sorte de filtre ou de patine niant purement et simplement le réel présent. C'est, selon moi, un plutôt mauvais choix. Le N&B semble être à la mode en tout cas dans le cinéma chinois d'"auteur", après son utilisation l'an dernier pour "Tharlo" et "Seven Days".

"Moutain Cry" est d'un académisme médiocre. Un groupe d'acteurs stars vient jouer les paysans dans une histoire d'amour et de meurtre au sommet d'une montagne au milieu de nulle part (dans le Shanxi), autant dire que c'est aussi crédible que si on demandait à Jackie Chan de jouer dans un Rohmer... Si ce film est "subtil" je veux bien me pendre, tant non seulement c'est esthétiquement indigeste mais en plus bourré de clichés gros comme des maisons. Ce type de cinéma donne plutôt l'impression d'un grand bon en arrière que d'un bon en avant, ça rappelle furieusement l'esthétisme étouffant de la 5ème génération. Quand on a vu le cinéma de Wang Bing, on ne peut que trouver ce genre de production absolument lourdingue.
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Dim 7 Mai 2017 08:14

Et rattrapé "What’s in the Darkness" de Wang Yichun. Le film se rapproche du mode de filmage du cinéma indépendant (mais pas de quoi en faire un fromage, une nouvelle génération ou une "nouvelle vague", disons tout au plus que ce type de film est visible en salle alors que la 6ème génération a été très/trop longtemps censurée), avec un ton et une manière de mener le récit également plus libres. La mise en scène, si elle est soignée et sans afféteries, n'a rien de vraiment marquant non plus.

Il y a quelques beaux passages, notamment la scène sous la pluie où le père regarde sa fille pour lui faire comprendre qu'elle doit changer de position pour s'asseoir sur le vélo, son autorité se passe alors de mots. Son portrait de père looser, qui se fait marcher sur les pieds dans son boulot et fanfaronne chez les commerçant, use de son autorité dans sa famille est vraiment très bon. C'est parfois presque trop "théorique", pas dans la forme mais dans le fond, c'est-à-dire que la réalisatrice laisse des incohérences énormes dans le scénario, oubliant au passage toute forme d'émotion, pour se focaliser sur une discrète description de l'époque et du milieu (une petite ville à l'heure de la modernisation occidentale du début des années 90) qui peut parfois être plus dérangeante et subtile qu'il n'y paraît.

Même si ça manque un peu d'ambition dans la mise en scène, le point de vue est quand même assez risqué dans l'ensemble, donc on ne peut pas reprocher à la cinéaste d'avoir fait trop de concessions pour l'exploitation commerciale du film. La fin est totalement anti-commerciale en terme de scénar (non résolution de l'enquête policière) et a dû déplaire aux spectateurs locaux dans l'ensemble, mais je trouve qu'elle correspond bien à la tradition du film et du roman noir dans laquelle le contexte social est au moins aussi important sinon plus que l'enquête qui est souvent incompréhensible (avec comme archétype "Moisson rouge" d'Hamett). Cela renforce aussi le portrait accablant de la police locale. Le fait que la plupart des personnages ne soient pas vraiment sympathiques ou attachants (y compris la dernière fille qui disparaît, ce qui évite tout pathos. Elle se demande d'ailleurs à un moment, de manière prémonitoire : "si je disparaissais, est-ce que je manquerais à qqun") n'est pas non plus un choix évident dans un pays où le cinéma commercial est complètement calibré pour impérativement "donner la banane" en sortant de la salle de cinéma.

On retrouve un peu le squelette scénaristique de "The Summer is gone", même si les regards sont différents : une ville de province, les années 90 avec leur lot de modernisations et de transformations, un enfant avec ses parents et à l'intérieur de cette famille un conflit entre le père looser et la mère. Autour, le personnage du petit voyou est également présent dans les deux films. Il faut espérer que ça ne devienne pas le stéréotype du cinéma chinois d'"auteur" à l'avenir ...

Il y a des choses qui étonnent vraiment pour l'époque, je ne sais pas si c'est vraiment réaliste, notamment les walkmans, les VHS de pornos occidentaux, le cinéma de quartier qui passe des films érotiques de HK à minuit... tout cela était-il vraiment déjà présent en 1991 dans les campagnes chinoises ??
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Ven 12 Mai 2017 07:48

J'ajoute "Young Love Lost" de Xiang Guoqiang, comédie dramatique réalisée de manière vraiment médiocre et grossière, à coup de ces plans accélérés insupportables très à la mode dans le cinéma chinois actuel, et avec un montage effectué à la pince de ferrailleur. Franchement, pour trouver cela "décapant", il faut considérer qu'il n'y a pas grand chose à décaper... Le film hésite sans arrêt entre le mélo et la comédie, et du coup rate à peu près tout. Comme "The summer is gone" et "What's in the darkness", le film est un premier film de son auteur et se passe de manière très commode au début des années 90 et loin de Beijing, et cela permet encore une fois de parler ici de la pollution mais comme s'il s'agissait d'un autre temps et donc d'un problème résolu. Le dernier plan du film que j'attendais dès le début, est un plan documentaire en N&B montrant la destruction d'une usine polluante du type de celle où se passe le film, comme pour bien nous montrer que le film parle d'une époque soi-disant révolue. Donc déjà le film ne décape pas grand chose, mais en plus il est censé décaper des choses qui ont déjà disparu !

Cette tendance scénaristique, qui est en partie idéologique, est bien un retour aux astuces de la 5ème génération qui préférait déjà parler de l'avant-révolution et de la révolution plutôt que des années 80 et 90. Maintenant c'est la même chose, ces jeunes cinéastes préfèrent parler des années 90 que des années 2000 car c'est plus commode pour se compromettre (il est vrai avec plus ou moins de complaisance) avec les autorités.

Un jeune (homme) est encore au centre, comme dans les films précédemment cités, ce qui peut expliquer en partie (mais abusivement bien sûr) le rapprochement avec la Nouvelle Vague.
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Re: Cinéma chinois, en vrac

Messagepar Sword7 » Sam 17 Juin 2017 09:25

"Absurd Accident" de Li Yuhe

Un de ces premiers films probablement réalisés avec peu de moyens et sans superstars, comme les apprécie actuellement le public chinois. Le film semble quand même très calibré et formaté pour ne pas déplaire à qui que ce soit. Il ressemble plus à une sorte de piètre pièce de théâtre se jouant dans une bulle séparée de la réalité chinoise, qu'à un véritable film. Quatre ou cinq «décors» tout au plus et tout à fait quelconques, et tout est fait pour resserrer les quelques personnages à l'intérieur de ces espaces eux-mêmes à peine filmés en tant qu'espaces mais aplatis par la caméra.

Plusieurs éléments de la culture traditionnelle chinoise décorent le plan, comme autant de clins d'oeil probablement amusants, mais semblant répondre aussi à un cahier des charges imposé. De même, l'histoire très prudente ne semble pas dire, ou rire de, grand chose de la Chine contemporaine (sinon d'une certaine misogynie, mais est-ce vraiment à prendre au second degré ??). Le principe des actions répétées avec un point de vue différent est une pâle copie du cinéma de Tarantino (ou d'autres), et vise surtout à tout expliquer et à casser ainsi toute l'absurdité pourtant revendiquée par le titre du film. Passons sur les séquences de bagarre accélérées en mode cinéma muet...

Le film continue et se termine pendant le générique de fin, comme pour obliger les spectateurs à rester jusqu'au défilement des sponsors. Mais c'est en fait toute la seconde moitié du film qui tourne à vide, n'amuse guère, et finit par susciter le désintérêt. Quand arrive le générique et la brochette de publicités pour les sponsors, on peut se demander si on ne vient pas de se faire avoir par un cinéaste au moins aussi roublard que les petits voyous qui figurent dans son film...
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