un petit tour dans la forêt et puis s'en va...

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un petit tour dans la forêt et puis s'en va...

Messagepar Doc » Lun 1 Oct 2018 17:58

J'ouvre un topic pour évoquer un type de film qui fonctionne quasiment toujours pareil et qui est très à la mode ces dernières années :

un père (toujours) qui amène son (ou ses) gamin(s) vivre dans la cambrousse pour différentes raisons (fuir les autorités parce que les gamins ont été enlevés, phobie de la société contemporaine, traumatisme post-guerre...). Le scénario fonctionne à chaque fois de la même manière : après une première partie où on voit la "famille" vivre dans la nature (de façon généralement fort peu naturelle), une séparation s'opère entre le père et les gosses, c'est la fin de l'utopie et de la robinsonnade (au moins pour les enfants).

Plusieurs films récents qui fonctionnent sur ce canevas usé me viennent à l'esprit :

"Vie Sauvage" (Cédric Kahn, 2014)
"La Belle vie" (Jean Denizot, 2014)
"Captain Fantastic" (Matt Ross, 2016)
"Leave no trace" (Debra Granik, 2018)

En voyez-vous d'autres ? Quel est l'intérêt de ce type de films selon vous et pourquoi est-ce tellement à la mode (quand même quasiment 2 films identiques en 2014 et qui n'apporte pas grand chose d'intéressant en terme de mise en scène !) ?
Doc
 

Re: un petit tour dans la forêt et puis s'en va...

Messagepar JM » Dim 7 Oct 2018 16:27

Bonjour Doc,

j'avais justement écrit un texte en partie sur cette mode il y a quelques années, mais je l'ai jamais publié car je n'en étais pas trop content... je partais de "Badlands" de Malick (en fait il faudrait plutôt partir de "Pierrot le Fou"), puis je parlais du film "Les Combattants" de Cailley qui me semblait proposer une sorte d'alternative à cet échec scénaristique habituel de l'utopie de la vie dans la nature... je le publierai peut-être dans ce topic à l'occasion...

Je pense que c'est un type de film qui joue sur la vieille opposition nature et culture, puisqu'en général le père veut retourner à la nature et ça coince toujours au niveau des gosses et de leur éducation, de leur avenir. Il s'agit de rappeler, en ces temps où nombre de personnes sont tentées de pratiquer un retour à la nature en raison des sociétés dans lesquelles on vit, que celui-ci est une illusion aberrante s'il est poussé à l'extrême. Plutôt que de penser ou d'imaginer de manière singulière ce retour à la nature, on revient toujours in fine au schéma petit-bourgeois rassurant et responsabilisant parce qu'on veut/peut pas non plus montrer/regarder pendant deux heures des animaux sauvages et des gens qui chassent, contrairement à l'époque de la préhistoire et des fresques murales. lol
JM
 


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