Cette pauvre Europe

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Re: Cette pauvre Europe

Messagepar JM » Ven 4 Jan 2013 17:08

Bonne année, et vive l'Europe !
JM
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Sam 5 Jan 2013 22:15

Vous vous êtes bien remis de l'affiche ! Oui ? Bon alors la suite !

"All Cops Are Bastards", Stefano Sollima (2012)

(je sais, l'enchainement n'est pas fameux)

Films sur les brigades anti-émeutes italiennes. Passionnant. Où l'on apprend : que les flics ont aussi des problèmes personnels (qui peuvent rejoindre ceux de leurs victimes) et avec l'institution, qu'on a besoin d'eux malgré tout surtout dans cette société pleine d'étrangers en situation irrégulière (voir l'autre topic sur l'Europe du forum), de hooligans cinglés et de fachos. Voilà. Montage parallèle, évidemment. Le grand mouvement dialectique du film : faire chanter un hymne anti-flics par les flics eux-mêmes pour se galvaniser, autrement dit ça pisse très loin.
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Sam 9 Fév 2013 00:04

"Children of Sarajevo", Aida Begic (2012)

Toujours le même film (certaines mauvaises langues ajoutent "de festival") au format standard "galériens européens" : une jeune fille chargée de son frère lutte dans une société hostile (le Sarajevo de l'après-guerre et de la crise économique). Autant dire que la curiosité est vite tarie. C'est plus du journalisme de fait divers que du cinéma, dont il n'est ici absolument jamais question. Encore un des nombreux petits de "la manière Dardenne", avec caméra collant aux basques du personnage principal tout le long du film et prestation criante de vérité de l'actrice... Non pensée, la proposition de montage visant à insérer de courtes vidéos datant de l'époque du conflit dans la fiction ne donne rien.
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Dim 31 Mar 2013 08:49

Je vais vous parler d'un film de vieux loup de mer, pour changer : "Moi et toi", le dernier film de Bernardo Bertolucci.

Un ado introverti et un peu névrosé (ses parents, bons bourgeois culpabilisants, lui payent des séances chez le psy et un nouveau snowboard) squatte pendant une semaine la cave de son père en prétendant être en voyage de neige avec ses camarades. Il a tout prévu : son netbook, son Ipod, son blackberry, 7 canettes de coca, 7 boîtes de pâté, 14 tranches de pain, etc, et un nid de fourmis pour l'accompagner. Sa demi-soeur toxico se pointe et va se désintoxiquer avec lui, malgré les différents familiaux ils vont se quitter en bons termes et "guéris".

Voilà. C'est absolument inintéressant ? Vous avez raison. Et en plus c'est filmé avec l'ardeur d'un cachalot et sans aucune intention de dépasser par la réflexion le contenu plan-plan du script. Bertolucci filme bien plusieurs fois les volets de la cave de la rue en nous les montrant pour nous signaler que cette histoire absolument incroyable pourrait se passer en-dessous de chez nous. A ce moment-là, il n'est plus cachalot mais mémé arthritique et désoeuvrée, amatrice de faits divers croustillants (plutôt que préoccupée de l'état de l'Italie).
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Lun 22 Avr 2013 17:42

"Au-delà des collines", le dernier film de Cristian Mungi (2012):

Une façon (très stylisée) de jouer sur tous les tableaux à la fois : d'un côté je fais mine de taper sur la religion catholique (les excès pratiqués dans le monastère), de l'autre je rappelle que celle-ci est absolument essentielle (les giclée de boue sur le pare-brise et le dernier dialogue du film entre les deux flics qui rappellent dans quel monde sans repère nous vivons). Dans ce scénario assez abracadabrant et complaisant (pourquoi la copine qui était partie seule travailler en Allemagne revient d'un seul coup et surtout devient hystérique parce que l'autre ne souhaite pas l'accompagner ?!), les spectateurs sont renvoyés de l'un à l'autre, de l'une (la fille qui choisi la voie de la religion) à l'autre (celle qui veut vivre sa vie librement). La noirceur du film, la critique réactionnaire de la société qu'il distille patiemment, ne sont jamais "relevées" par autre chose que par un fort sentiment de ressentiment expiatoire qui le traverse de part en part. Il faut souffrir.
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar JM » Jeu 25 Avr 2013 16:32

bobby_net a écrit:"Au-delà des collines", le dernier film de Cristian Mungi (2012):

Une façon (très stylisée) de jouer sur tous les tableaux à la fois : d'un côté je fais mine de taper sur la religion catholique (les excès pratiqués dans le monastère), de l'autre je rappelle que celle-ci est absolument essentielle (les giclée de boue sur le pare-brise et le dernier dialogue du film entre les deux flics qui rappellent dans quel monde sans repère nous vivons). Dans ce scénario assez abracadabrant et complaisant (pourquoi la copine qui était partie seule travailler en Allemagne revient d'un seul coup et surtout devient hystérique parce que l'autre ne souhaite pas l'accompagner ?!), les spectateurs sont renvoyés de l'un à l'autre, de l'une (la fille qui choisi la voie de la religion) à l'autre (celle qui veut vivre sa vie librement). La noirceur du film, la critique réactionnaire de la société qu'il distille patiemment, ne sont jamais "relevées" par autre chose que par un fort sentiment de ressentiment expiatoire qui le traverse de part en part. Il faut souffrir.


Là c'est sûr qu'un Reygadas (qui barbote un peu dans les mêmes eaux troubles que Mungi dans "Batalla en el cielo") à côté fait figure de joyeux drille ! Son solaire "Lumière silencieuse" surtout s'avère, face à une telle croûte charbonneuse, d'un optimisme et d'une légèreté absolus !
JM
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Mer 22 Mai 2013 17:31

Un film Islandais : "Either Way" de Hafsteinn Gunnar Sigurðsson (2011). Film assez bizarre, tout sec, austère, à l'image des paysages qui entourent les deux personnages principaux, sans aucune imagination. On reste pendant 1h20 au raz des pâquerettes. Les deux types isolés parlent des femmes (absentes du film mais quasi-unique sujet de conversation des rares hommes qui y circulent) : la tienne s'est barrés avec son masseur, c'est dégueulasse. Bon, et toi alors ? Moi je suis dans la louze en ce moment, j'arrive pas à pécho et je dois me branler toutes les nuits. OK. Voilà, c'est grosso-modo ça tout le film. Le réalisateur met un point d'honneur à rester au raz du bitume, de rendre ses deux personnages le plus ordinaires et quelconques possible. C'est marrant un quart d'heure, mais l'absence d'enjeux d'aucune espèce devient vite lourdingue, d'autant que le portrait de ces hommes victimes des femmes qui, absentes, n'ont pas leur mot à dire, parait en définitive plutôt misogyne.
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar weightwatcher » Ven 24 Mai 2013 17:21

purée qu'on se fait chier en europe
weightwatcher
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Mer 26 Juin 2013 17:06

Oui, c'est pas toujours folichon.

Je vous ressers une louche de bons sentiments avec ''Kauwboy'' de Boudewijn Koole (Pays-Bas), 2012. Un film gentillet sur un enfant qui élève un petit corbeau tombé (deux fois) du nid et qui est en difficile travail du deuil de sa mère (l'élément surprise du film révélé seulement dans le dernier quart d'heure). Il y a de jolis plans et les acteurs enfants sont très bien, le cinéaste se montre très attentionné et appliqué en les filmant (il paraît plus en délicatesse avec le personnage du père), et le film parvient ainsi à charmer malgré une symbolique fort appuyée lorsque apparaissent enfin les pièces psychologiques de l'histoire et l'impression d'avoir déjà tout plus ou moins déjà vu ailleurs en terme de scénario et de mise en scène (je suis en mode Télérama, car il faut que ma critique laisse un peu la même impression au lecteur que la vision du film).
bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Mer 11 Sep 2013 22:58

bobby_net a écrit:Un film Islandais : "Either Way" de Hafsteinn Gunnar Sigurðsson (2011). Film assez bizarre, tout sec, austère, à l'image des paysages qui entourent les deux personnages principaux, sans aucune imagination. On reste pendant 1h20 au raz des pâquerettes. Les deux types isolés parlent des femmes (absentes du film mais quasi-unique sujet de conversation des rares hommes qui y circulent) : la tienne s'est barrés avec son masseur, c'est dégueulasse. Bon, et toi alors ? Moi je suis dans la louze en ce moment, j'arrive pas à pécho et je dois me branler toutes les nuits. OK. Voilà, c'est grosso-modo ça tout le film. Le réalisateur met un point d'honneur à rester au raz du bitume, de rendre ses deux personnages le plus ordinaires et quelconques possible. C'est marrant un quart d'heure, mais l'absence d'enjeux d'aucune espèce devient vite lourdingue, d'autant que le portrait de ces hommes victimes des femmes qui, absentes, n'ont pas leur mot à dire, parait en définitive plutôt misogyne.



Grosse surprise, je suis tombé par hasard sur un remake de ce film, signé David Gordon Green. Le film doit sortir en France en octobre et s'appelle "Prince avalanche" ou "Prince of Texas" (et il en a déjà tourné un nouveau, "Joe", qui était à Venise). Je suis un peu ce cinéaste qui avait donné des choses pas mal au début des années 2000 mais qui depuis peine à me convaincre. Bref, avec ce nouveau film qui reproduit texto le film islandais, il est évident que DGG est à bout de souffle. Qu'un cinéaste soit obligé d'aller pomper dans le cinéma européen (très récent) de quoi rester à flot de l'autre côté de l'Atlantique est un signe de très mauvaise santé.

La forêt du Texas dévastée par un incendie a remplacé les paysages islandais désertiques, le couple d'acteurs est composé d'un sosie d'Herzog jeune et d'un sosie de Jack Black (probablement déjà pris sur un autre tournage). DGG essaye bien vaguement de connecter son film au transcendantalisme mais sans aucune conviction. il en rajoute un peu dans tous les compartiments : un peu plus de sentiments, un peu plus de symbolisme appuyé (sur la nature)... sans que le film devienne plus "spectaculaire" pour autant. La réalisation, tiède, montre que DGG, comme ses personnages absorbés dans leurs problèmes personnels lorsqu'ils travaillent sur la route, a la tête ailleurs en réalisant. Peut-être était-il déjà dans son film suivant qu'il a dû tourner grosso-modo en même temps, ou juste après.
bobby_net
 

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