Cette pauvre Europe

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Re: Cette pauvre Europe

Messagepar weightwatchers » Sam 14 Jan 2012 23:48

tout le monde lit le monde diplomatique ici ou quoi?



j'oubliais l'autre qui lit de le pôésie. mes excuse, et mes hommages. châpeau,je m'incline!

Dans le Midi

A une branche torse, me voici suspendu,
Et je balance ma fatigue.
C’est d’un oiseau que je suis l’hôte,
Je repose en un nid d’oiseau.
Où suis-je donc? Loin! Hélas, loin!

La blanche mer est endormie,
A sa surface une voile de pourpre.
Une roche, un figuier, la tour et le port,
Des idylles à l’entour, des bêlements de moutons,
Innocence du Midi accueille-moi!

Aller au pas - quelle existence!
Cette allure-là rend allemand et lourd.
J’ai dit au vent de m’emmener,
L’oiseau m’a appris à planer.
Vers le midi, j’ai passé sur la mer.

Raison! Attristantes affaires!
Le but alors était trop près.

J’ai su, au vol, ce qui me bernait.
Je sens la sève qui monte et le courage
Pour une vie nouvelle et un jeu nouveau...

Penser seul c’est la sagesse,
Chanter seul serait stupide!
Voici un chant en votre honneur,
Asseyez-vous autour de moi,
En silence, oiseaux méchants!

Si jeune, si faux, si vagabonds,
Vous semblez être faits pour aimer,
Et pour tous les jolis passe-temps?
Dans le Nord, - j’hésite à l’avouer, -
J’ai aimé une femme, vieille à pleurer :
« Vérité » s’appelait cette vieille femme...
[/quote]
weightwatchers
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar weightwatchers » Dim 15 Jan 2012 00:03

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Re: Cette pauvre Europe

Messagepar JM » Dim 15 Jan 2012 13:35

weightwatchers a écrit:j'oubliais l'autre qui lit de le pôésie. mes excuse, et mes hommages. châpeau,je m'incline!


Et toi, petit boule de pue de mon coeur, que lis-tu ?

Belle photo, elle me fait penser, je ne sais pas pourquoi, à Mort à Venise. Peut-être cette silhouette de jeune homme pêchant, ce soleil du Midi qui brûle au dessus de l'objectif... .

JM
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar Invité » Mar 28 Fév 2012 14:32

bobby_net a écrit:Dans "The Girl", beau film suédois de Frederik Edfeldt, nous avions une famille qui abandonnait sa petite fille le temps d'un été pour partir faire de l'humanitaire en Afrique. Et dans "Froken Sverige", les parents de Moa semblent également plus se soucier du jeune drogué qu'ils accueillent chez eux, que de leur propre fille dont ils font peu de cas. Sans doute que deux films ne suffisent pas, sinon pour faire de la mauvaise sociologie, mais j'ai l'impression que nous touchons visiblement là à quelque chose de propre à certains pays d'Europe du Nord : Une structure parentale qui fait de la responsabilité pour ceux qui sont extérieurs à la famille une priorité sur ceux qui lui sont intérieurs. Ceci est en opposition flagrante avec ce que l'on peut constater dans un film comme "45m2" (cf au-dessus), où la structure familiale joue à plein dans le maternage, voire l'aliénation de ses enfants au sortir de l'adolescence (j'ai d'ailleurs lu dans le Monde Diplomatique, il y a quelques mois, un article sur la société grecque qui parlait entre autre de ça).


Yo Bob,

Tombé par hasard sur tes textes sur des films européens. Dis-moi, je me demandais si tu avais vu Canine de Giorgos Lanthimos ?
Invité
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar Chantal » Jeu 1 Mar 2012 16:09

Bonjour tout le monde :!:

Moi j'ai vu "Canine" en streaming, car j'en avais entendu parler sur d'autres forums... ce que je vais en dire maintenant part de là d'ailleurs...

Contrairement à certains commentaires que j'ai pu lire, je n'ai pas vraiment reçu le film comme cherchant à amener les spectateurs à une réflexion assez globale sur leur propre conditionnement dans la société, pour dire vite. J'y vois plutôt la peinture d'un univers bien spécifique, un monde clôt sur lui-même et dégénérescent qui prend l'eau lorsque des éléments extérieurs viennent le parasiter (en cela, la mise en scène est discrète mais très efficace : le cadre crée parfaitement la clôture sans en accentuer non plus la fermeture, elle laisse cette impression de fausse liberté, de liberté surveillée). Je ne peux pas dire que le film m'ait personnellement réellement remué ou dérangé, mais il m'a évoqué certaines choses qu'il fait passer très justement et sans facilité, par le comique. Qu'il provienne de Grèce, un pays qui a connu de nombreuses années de dictature réactionnaire dans la seconde moitié du siècle dernier, ne me paraît pas tout à fait anodin.

Le milieu social de la famille n'est pas neutre, il s'agit d'une famille aisée dont le père est visiblement chef d'entreprise et la mère ne travaille pas (vieille vision conservatrice et phallocentrique du couple). Quand il rentre à la maison, le père change à peine de cape et devient chef de famille. La scène la plus croustillante de ce point de vue est celle des poissons dans la piscine. Nous voyons le père tranquillement rentrer du travail, balançant trois poissons dans la piscine. Évidemment, quelques instants après, l'une des filles vient voir son père en émois : "Papa, papa il y a deux poissons dans la piscine, tu devrais les pécher !!" Plan suivant : le père au bord de la piscine avec masque, tuba et harpon pour aller chercher les poissons sous les yeux extasiés de la fille. Mon père ce héros quoi (ridicule aux yeux des spectateurs, mais aussi dangereux car foncièrement manipulateur). Nous avons décrite ici, sur le mode familial et humoristique, la manière dont un tyran, un maître assoit sa supériorité sur ses esclaves : il faut être en mesure d'en même temps créer une situation problématique et de se présenter en sauveur unique de celle-ci. Le culte du chef est régit par les mêmes règles.

Le père rythme aussi la vie des enfants à coup de compétitions où le meilleur est récompensé par des prix. Déjà, on voit ici que l'ironie grinçante et ravageuse de Lanthimos vise une tranche bien particulière de la société. On va dire que je me rassure en disant cela, mais je pense que ce type de description ironique vise plutôt des cellules familiales liberticides qui vivent sur un mode sectaire ou dans de hautes sphères sociales qui refusent le mélange avec les sphères plus basses qu'elles (aristocratie, nouveaux riches de pays aux traditions familiales conservatrices très fortes..). J'y vois souvent à peine un grossissement du trait dans la description de ces milieux.

Prenons le système sur la langue mis en place par les parents. Ce système ne peut fonctionner qu'en regard du langage commun à tous, comme variation malicieuse et perverse de celui-ci. Il n'y a pas invention d'un langage totalement neuf, les mots sont mis à la place d'autres mots pour en détourner les enfants de leur sens premier et connu de tous, donc il me semble peu probable que ceci ait à générer une réflexion globale sur notre propre emprisonnement dans notre langue maternelle. Les paroles de la chanson d'amour retraduites par le père en paroles familialistes répondent du même principe. En revanche, on peut effectivement faire un lien ciblé avec les novlangues, les nouvelles langues des agences de comm ou des entreprises qui recherchent une certaine hégémonie.

en attendant le retour de Bobby... ;)
Chantal
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar Chantal » Dim 18 Mar 2012 16:11

Salut vous,

Comme je suis une petite curieuse, après "Canine", j'ai regardé hier soir "Attenberg" de Lanthimos. Je dois avouer que le film m'a plutôt déboussolé, mais je crois que c'est une bonne chose. Il est encore plus âpre que "Canine". "Canine" permettait encore de se rattacher aux règles de la famille zinzin enfermée dans un périmètre dont on ne sortait quasiment pas, mais là c'est différent, c'est beaucoup plus ouvert et certains éléments m'ont franchement échappé. En même temps, je sens qu'il y a quelque chose de fort dans ce film. Sans en saisir l'origine ni la portée, j'ai beaucoup aimé les jeux de communication (c'est, à mon avis, un grand film sur la communication, dans lequel les personnages essayent en tout cas de l'établir avec leurs propres moyens, leurs propres signes sémiotiques en fonction des situations) des personnages s'inspirant des animaux par exemple. Le parcours de Marina est magnifique, la manière dont Lanthimos arrive à la sortir d'une situation qu'on craint au début suivre un cours assez phobique relève de l'exploit. Sans doute échappe-t-on au cinéma du "petit secret", entre autre parce que le complexe d'Oedipe est directement affronté, de face, au début dans la scène où elle parle à son père en lui demandant s'il a déjà pensé à elle nue, et où elle lui dit qu'elle pense parfois à lui nu mais qu'elle préfère penser qu'il n'a pas de sexe. Le couple fille-père est radiographié, frontalement, sans simagrées ni zone d'ombre.

Je vais boire mon café, mettre mes idées dans l'ordre, et je reviendrai vous en parler plus tard !
Chantal
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar casseur » Sam 24 Nov 2012 17:41

Mais tout annonce que les temps sont changés, et qu'après la révolution des idées doit arriver, comme sa conséquence légitime, la révolution des intérêts. Le XXe siècle ouvrira l'ère des fédérations ou l'humanité recommencera un purgatoire de mille ans. Le vrai problème à résoudre n'est pas en réalité le problème politique, c'est le problème économique. [...]


Quand, par toute l'Europe, cette démocratie imprévoyante aura mis aux mains des rois et des bourgeois une puissance formidable, quand les gouvernements unifiés et monarchisés seront devenus tous solidaires, quand le suffrage universel les aura tous consacrés, alors nous serons embarqués dans une reculade sans fin, et ce ne sera peut-être pas le siècle suivant qui verra un autre régime.


Nous marchons à une formation de cinq ou six grands empires, ayant tous pour but de défendre et restaurer le droit divin et d'exploiter la vile plèbe. Ces grands empires une fois formés, rien ne remuera plus ; d'autant moins même que, tôt ou tard, ils devront se faire la guerre.

Les petits Etats sont sacrifiés d'avance, comme le fut autrefois la Pologne. Alors il n'y aura plus en Europe ni droits, ni libertés, ni principes, ni moeirs. Alors aussi commencera la grande guerre des six grands empires les uns contre les autres.


Pierre-Joseph Proudhon

N'y aurait-t-il pas quelques enseignements à tirer des théories de ceux qui ont été des visionnaires ?
casseur
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar bobby_net » Jeu 3 Jan 2013 09:45

Bonne année 2013 ! Je suis toujours là pour vous parler du cinéma européen !!

Reprise avec "Turn me on, goddammit", film norvégien sorti en France en 2012.

Allociné : Alma a 15 ans et vit avec sa mère dans un petit village de Norvège perdu en pleine région des fjords. Elle boit des bières en cachette avec ses copines, fantasme sur le guitariste de la chorale du lycée et fait appel à une hotline un peu spéciale pour satisfaire ses envies d’amour et de sexe. Très vite, néanmoins, ses pulsions lui font perdre pied avec la réalité et les catastrophes commencent !

Quoi d'autre à dire après avoir vu le film ? Ben pas grand chose, malheureusement. Ca se termine bien, Alma découvre finalement que "ça n'est pas sale" d'avoir des fantasmes sexuels à son âge et tout le monde est réconcilié... on est bien avancé. Le film ferait un court-métrage sympathique, mais c'est un long (quand même pas trop, heureusement !) qui s'étire inutilement. Certaines scènes sont répétées trois, quatre fois (oui Alma fantasme beaucoup, oui elle vit dans un coin paumé avec ses copines : cela est intégralement explicité dès les 4 premiers plans du film mais se reproduit invariablement durant la suite), signalant un manque évident de nécessité de filmer de la part de la cinéaste. D'autant que la mise en scène n'a vraiment rien d'exceptionnel, c'est le moins qu'on puisse dire (quelques beaux plans fixes sur la campagne norvégienne, les jeunes filles en fleur sont en revanche filmées sans bcp de passion). Pour un jeune cinéaste, ça n'augure généralement rien de très bon pour la suite.

On retrouve encore ce thème campagne vs grandes villes qui est décidément très présent et à la mode (mais qd même un peu éculé) dans les réalisations européennes de ces dernières années, et qui fonctionne presque toujours dans le même sens (l'envie de s'extirper de la campagne pour rejoindre la ville, là où "ça se passe").

La scène où la voisine, qui les espionne, explique avec force détails à la mère d'Alma son emploi du temps de la veille et la psychologie de sa fille est intéressante. D'une certaine manière elle est bien parce qu'elle traduit, sous forme de gag, le fait que la mère est complètement larguée et ne comprends rien de son enfant (la voisine la comprends mieux qu'elle !), mais elle est aussi terriblement malvenue car elle place les spectateurs dans la peau de cette vieille chouette qui surveille ses voisins, car nous, nous savons ou devinons déjà ce qu'a fait Alma, de même que nous connaissons l'histoire traumatisante qui lui est arrivée lors de la fête des jeunes puisque nous ne cessons de la suivre. Erreur classique de point de vue, qu'on retrouve dans la manière trop surplombante de filmer le personnage principal en général (c'est, par ailleurs, à l'étudiante en sociologie vivant à Oslo que revient de conclure en rassurant Alma sur ses fantasmes ! :lol: ).

Dommage, l'affiche faisait envie :

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bobby_net
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar weightwatchers » Jeu 3 Jan 2013 19:49

si tu as vu l'affiche avant de voir le film je comprends que tu aies regardé le film
weightwatchers
 

Re: Cette pauvre Europe

Messagepar casseur » Jeu 3 Jan 2013 22:08

Bonne année Bobby_net et les autres !
casseur
 

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