De la pâtisserie au Paradise

Discussions

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar JM » Mar 10 Fév 2015 09:03

casseur a écrit:Putain, quand on pense que ce type, avec ses gros sabots de ricain, a fait un film sur Pasolini, ça fout carrément les jetons !

C'est sorti je crois, vous l'avez vu ?


Oui, c'est sorti. Pas vu, et franchement ça attendra bien un rip ou le DVD à la médiathèque. Comme tu dis, si on connait un peu Ferrara et Paso, qu'est-ce qu'on peut bien attendre de ce truc ... ?

J'ai cessé de prendre Ferrara au sérieux le jour où j'ai regardé une interview de lui dans laquelle il disait que Guiliani, malgré tout ce qu'il avait pu faire de néfaste à la ville de NY, restait dans son coeur car c'est un Italien et on doit pas toucher à la "famille" (je crois que c'est dans l'épisode pour "Cinéastes de notre temps" qui lui est consacré, c'est aussi dans ce doc qu'il reprochait à Godard d'être trop cérébral et pas assez viscéral). Je connaissais presque rien de lui à l'époque, mais ça m'a invité à me méfier.
JM
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar JM » Mer 11 Fév 2015 09:21

Notebad a écrit:Je comprends vraiment pas la fascination qu'il y a en France pour Ferrara...


Il y a un truc qui fonctionne bien quand on se pose ce genre de question à propos d'un cinéaste, Notebad, c'est d'aller voir ce qu'en ont dit quelques sommités critiques dans le passé. On se rendra souvent compte que le cinéaste aura été défendu à un moment donné par Daney, par exemple, et que du coup tout un courant (Cahiers) de la critique se doit de continuer à le défendre de manière complètement surfaite.

Voici donc ce que dit l'ami Daney de China Girl à Cannes en 87, dans Libé :

Dans le joli China Girl d'Abel Ferrara, histoire d'amour impossible entre un garçon italo (américain) et une fille sino (américaine) sur fond de guerre des gangs à Canal Street, on voit bien que, une fois débarrassés de la métaphysique, les apports de Coppola (celui de Rusty James) et de Cimino (celui de L'Année du Dragon) font une veine italo-américaine nerveuse, stylée, sentimentale et décente.


Je te laisse continuer car j'ai pas vu la jolie fille chinoise...
JM
 

nn

Messagepar Notebad » Mer 11 Fév 2015 15:22

Ahah, ouais, pas mal ta technique JM ! Chacun ses "amitiés" après tout...

Alors, en effet, concernant China Girl, on est bien débarrassé de la métaphysique s'il ne faut que cela pour plaire à Daney. Comme je le disais avant, il ne s'agit de rien d'autre que d'une succession de règlements de comptes tous plus saignants les uns que les autres, qui aboutiront à la mort de quasiment tous les protagonistes du film, tout cela saupoudré d'un peu de miséricorde catholique saint-sulpicienne, et de flagellation christique (évidemment en plongée). La métaphysique reste à portée de main, ou de poing, ou de poing américain... La "décence" n'est pas précisément le mot que j'emploierais pour évoquer la manière dont est filmée la communauté chinoise.

C'est pas mal que Daney évoque Cimino et Coppola qu'il avait lui-même largement chargés bien avant 87 (à propos d'"Apocalypse Now", et "L'Année du Dragon", pour leurs représentations ethnocentriques, voire racistes, des Vietnamien et des Chinois). Selon moi, on peut formuler exactement les mêmes reproches à l'encontre de Ferrara.

Le problème de Ferrara c'est qu'il porte sur lui, et pire dans ses films, un discours désabusé et simpliste de vieux con, le fameux "c'était mieux avant" - qui au passage n'a absolument rien à voir avec (pour dire vite) la critique de la modernité et de la perte de l'archaïque d'un Pasolini qui, lui, pensait tout cela de manière politique, dialectique, religieuse. Ferrara ne sait pas ce que c'est qu'une société de classes, il connait juste son Amérique communautaire marquée par des territoires et des valeurs identitaires de races, d'origines, très fortes, et dont (c'est sans doute ce qui le rend le plus suspect) il prétend lui-même défendre et représenter un des camps (celui des italo-américains de NY). Daney ne s'y trompe pas en accolant l'étiquette "italo-américaine" à la veine stylistique du cinéaste, mais en oubliant de prendre quelques distances vis-à-vis de cette formule, en particulier quand elle dégouline grossièrement comme ici sur l'Autre...
Notebad
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Borges » Mer 11 Fév 2015 18:33

Un passage de Sartre, je l'ai aussi posté chez les spectres :

Et qui donc frappe-t-on sur le Juif " immonde, avare, sensuel, négateur " ? Soi-même ; sa propre avarice, sa propre luxure. Qui donc lynche-t-on, dans le Sud des U. S. A., pour avoir violé une Blanche ? Un Noir ? Non : soi-même encore. Le Mal est projection; je dirai même qu'il est à la fois le fondement et le but de toute activité projective. Quant au méchant, chacun a le sien : c'est un homme que sa situation met à même de nous présenter en plein jour et sous une forme objective les tentations obscures de notre liberté. Si vous voulez connaître un honnête homme, cherchez quels vices il hait le plus chez les autres : vous aurez les lignes de force de ses vertiges et de ses terreurs, vous respirerez l'odeur qui empeste sa belle âme.

(…)
Donc le méchant, c'est l'Autre. Fugace, habile, marginal, le Mal ne peut être saisi que du coin de l'œil et chez autrui. Jamais ce n'est plus sensible qu'en temps de guerre : nous ne connaissons l'ennemi que par comparaison avec nous-mêmes ; nous imaginons ses intentions d'après les nôtres, nous lui tendons les pièges où nous savons que nous tomberions à sa place et nous déjouons ceux que nous aurions tendus ; l'ennemi c'est notre frère jumeau, notre image dans la glace. Pourtant les mêmes conduites que nous jugeons bonnes quand elles sont nôtres nous semblent détestables quand elles sont siennes. Voilà le méchant par excellence : aussi est-ce pendant les guerres que l'homme de bien a la meilleure conscience ; c'est pendant les guerres qu'il y a le moins de fous. Malheureusement, on ne peut pas toujours se battre ; de temps en temps, il faut bien faire la paix. Pour le temps de paix, la société, dans sa sagesse, a créé, si j 'ose dire, des méchants professionnels . Ces « hommes de mal » sont aussi nécessaires aux hommes de bien que les filles de bordel aux honnêtes femmes : ils sont des abcès de fixation; pour un seul sadique, combien de consciences apaisées, clarifiées, tranquillisées. Aussi leur recrutement est-il très surveillé. Il faut, en effet, qu'ils soient méchants de naissance et sans espoir de changement. C'est pourquoi l'on choisit de préférence des hommes avec qui les membres honnêtes de la communauté n'entretiennent aucune relation de réciprocité, afin que ces méchants ne puissent s'aviser de nous rendre la monnaie de notre pièce et d'aller penser de nous ce que nous pensons d'eux. Et comme le Mal est négation, séparation, désintégration, on ira chercher ses représentants naturels parmi les séparés et les séparatistes, parmi les refoulés inassimilables, indésirables. Sont candidats les opprimés et exploités de toute catégorie, les travailleurs étrangers, les minorités nationales et ethniques . Mais ce ne sont pas encore les meilleures recrues : il arrive, en effet, que ces gens s'organisent entre eux, s'éduquent et prennent conscience de leur race ou de leur classe; ils retrouvent alors par la haine le sens de la réciprocité et l'oppresseur incarne le Mal à leurs yeux tout comme ils l'incarnent aux yeux de l 'oppresseur. Heureusement il existe dans notre société des produits de désassimilation, des déchets : enfants abandonnés, " pauvres ", bourgeois déchus, « lumpenproletariat », déclassés de toute espèce, en un mot tous les misérables. Avec ceux-là nous sommes tranquilles : ils ne peuvent s'agréger à aucun groupement puisque personne ne veut d'eux; et, comme la solitude est leur lot, nous n'avons pas à craindre non plus qu'ils s'associent entre eux. C'est pourquoi, d'une manière générale, on leur donne la préférence.


;)

Le film de Ferrara sur Pasolini est effectivement nul.

http://spectresducinema.1fr1.net/t1921-pasolini-abel-ferrara
Borges
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Sword7 » Jeu 12 Fév 2015 08:19

Notebad, si tu veux un regard chinois sur les USA et NY en particulier, je te conseille le film de Stankey Kwan, « Full Moon In NY » (1990), mais c'est plutôt sur des expatriées chinoises de la « hupper class ».

Je te recommande surtout « Farewell China » de Clara Law, datant de la même année. Le film raconte le périple d'un mari chinois (Tony Leung) qui vient clandestinement à NY pour y rechercher sa femme (Maggie Cheung) qui est venue aux USA seule pour améliorer la condition de sa famille en Chine et qui a soudainement disparue. C'est un grand film, à voir donc absolument.

Ca commence en Chine populaire, puis on part aux USA et, à travers la recherche de sa femme, le mari découvre NY avec l'aide d'une jeune paumée branchée d'origine chinoise qui l'initie au mode de vie américain, là pour le coup nous avons une véritable rencontre humaine, très belle. C'est parfois très drôle, notamment grâce à ce duo improbable (versant humoristique et dans le présent du fossé tragique dans le passé vécu par la femme, et évoqué ci-après), mais aussi souvent sombre. Le portrait de NY et de l' « american way of life » par Clara Law est dépourvu de toute complaisance, et je ne parle pas ici de triades et de mafias sanguinaires gonflées artificiellement à la testostérone mais de migrants illégaux traités comme du bétail au Mexique et précaires aux USA, de violence sociale entre pauvres et riches, de la petite violence ordinaire et quotidienne, de la prostitution, des conflits et préjugés entre communautés, de la séparation entre laissés pour compte et arrivés de la même origine, du fossé béant entre culture chinoise post révolutionnaire et culture libérale américaine qui place les nouveaux arrivants dans des situations extrêmement tendue... tout cela sans que le film se transforme en grossier dossier (à charge) contre les USA, c'est une simple présence dans le cadre au creux de l'humain, qui requiert une certaine subtilité du regard.

La fin est très dure, elle met en scène, sans aucun pathos mais dans un déchaînement de violence (dont des signes avant coureurs étaient déjà apparus chez la femme plus tôt dans le film), la schizophrénie dévastatrice qui peut résulter de cet écart entre les deux cultures chez une expatriée sensible, vivant comme une acrobate sur un fil tendu entre deux mondes qui s'opposent en pratiquement tout.

Les souvenirs de la femme racontés par ses proches au mari qui leur pose des questions sont dans des tons bleutés, comme la lune, froide et bien seule dans la nuit. Un bout de pizza dégueulasse, bouffé par les vers et la vermine, au fond de la valise chinoise de la femme parmi les habits propres du mari soigneusement conservés est l'illustration la plus réelle du calvaire qu'elle aura vécu loin de chez elle. Mais, pour la femme comme pour le mari, au bout de la plume ou du fil, les correspondants chinois implorent tous de ne pas revenir et de rester dans un rêve américain qui a l'aigre goût d'un cauchemar.

Deux photogrammes du film.

Maggie Cheung face au miroir, lors du retournement final :

Image

Un clin d'oeil à "China Girl" ? Maggie Cheung sortant de la bouche de métro sur Canal Street pour rejoindre Chinatown, dans la rue rôde une autre forme de violence que celle des gangs, invisible, intérieure : la schizophrénie.

Image
Avatar de l’utilisateur
Sword7
 
Messages: 208
Inscription: Sam 9 Fév 2013 12:40

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Notebad » Ven 13 Fév 2015 09:40

Borges a écrit:Un passage de Sartre, je l'ai aussi posté chez les spectres :

Et qui donc frappe-t-on sur le Juif " immonde, avare, sensuel, négateur " ? Soi-même ; sa propre avarice, sa propre luxure. Qui donc lynche-t-on, dans le Sud des U. S. A., pour avoir violé une Blanche ? Un Noir ? Non : soi-même encore. Le Mal est projection; je dirai même qu'il est à la fois le fondement et le but de toute activité projective. Quant au méchant, chacun a le sien : c'est un homme que sa situation met à même de nous présenter en plein jour et sous une forme objective les tentations obscures de notre liberté. Si vous voulez connaître un honnête homme, cherchez quels vices il hait le plus chez les autres : vous aurez les lignes de force de ses vertiges et de ses terreurs, vous respirerez l'odeur qui empeste sa belle âme.

(…)
Donc le méchant, c'est l'Autre. Fugace, habile, marginal, le Mal ne peut être saisi que du coin de l'œil et chez autrui. Jamais ce n'est plus sensible qu'en temps de guerre : nous ne connaissons l'ennemi que par comparaison avec nous-mêmes ; nous imaginons ses intentions d'après les nôtres, nous lui tendons les pièges où nous savons que nous tomberions à sa place et nous déjouons ceux que nous aurions tendus ; l'ennemi c'est notre frère jumeau, notre image dans la glace. Pourtant les mêmes conduites que nous jugeons bonnes quand elles sont nôtres nous semblent détestables quand elles sont siennes. Voilà le méchant par excellence : aussi est-ce pendant les guerres que l'homme de bien a la meilleure conscience ; c'est pendant les guerres qu'il y a le moins de fous. Malheureusement, on ne peut pas toujours se battre ; de temps en temps, il faut bien faire la paix. Pour le temps de paix, la société, dans sa sagesse, a créé, si j 'ose dire, des méchants professionnels . Ces « hommes de mal » sont aussi nécessaires aux hommes de bien que les filles de bordel aux honnêtes femmes : ils sont des abcès de fixation; pour un seul sadique, combien de consciences apaisées, clarifiées, tranquillisées. Aussi leur recrutement est-il très surveillé. Il faut, en effet, qu'ils soient méchants de naissance et sans espoir de changement. C'est pourquoi l'on choisit de préférence des hommes avec qui les membres honnêtes de la communauté n'entretiennent aucune relation de réciprocité, afin que ces méchants ne puissent s'aviser de nous rendre la monnaie de notre pièce et d'aller penser de nous ce que nous pensons d'eux. Et comme le Mal est négation, séparation, désintégration, on ira chercher ses représentants naturels parmi les séparés et les séparatistes, parmi les refoulés inassimilables, indésirables. Sont candidats les opprimés et exploités de toute catégorie, les travailleurs étrangers, les minorités nationales et ethniques . Mais ce ne sont pas encore les meilleures recrues : il arrive, en effet, que ces gens s'organisent entre eux, s'éduquent et prennent conscience de leur race ou de leur classe; ils retrouvent alors par la haine le sens de la réciprocité et l'oppresseur incarne le Mal à leurs yeux tout comme ils l'incarnent aux yeux de l 'oppresseur. Heureusement il existe dans notre société des produits de désassimilation, des déchets : enfants abandonnés, " pauvres ", bourgeois déchus, « lumpenproletariat », déclassés de toute espèce, en un mot tous les misérables. Avec ceux-là nous sommes tranquilles : ils ne peuvent s'agréger à aucun groupement puisque personne ne veut d'eux; et, comme la solitude est leur lot, nous n'avons pas à craindre non plus qu'ils s'associent entre eux. C'est pourquoi, d'une manière générale, on leur donne la préférence.


;)

Le film de Ferrara sur Pasolini est effectivement nul.

http://spectresducinema.1fr1.net/t1921-pasolini-abel-ferrara


Je vois. Partant de ce texte de Sartre, on peut dire que l'égalité entre communautés ennemies dans le film s'opère par le bas. Si tant est qu'il y ait un voeu de montrer l'égalité entre deux communautés qui se ressemblent en tout et qui devraient s'entendre plutôt que s'opposer (cassant ainsi le partage policier classique que s'imposent les communautés entre elles), Ferrara choisit de montrer leur ressemblance dans ce qu'elles ont de plus bas et vil : le racisme, la violence, le sentiment masculin d'appartenance viril, pour ne pas dire plus. Mais soyons franc en disant que cette intention d'égalité même (dans le but progressiste de montrer que l'Autre est en réalité le même) est une illusion, il n'y a nulle distanciation vis-à-vis de la situation décrite. Ferrara reproduit la communauté chinoise (presque) à l'identique de la communauté italienne, un parce qu'il ne la connait probablement pas assez, deux parce que ça l'arrange pour son truc binaire que chacun reste dans son coin et qu'on ne dépasse pas les clichés sinon pour une petite histoire à l'eau de rose absolument artificielle. Et enfin on a déjà dit que, tout, chez Ferrara, le rapproche n'importe comment de l'une des communautés plutôt que de l'autre, cela ne fait aucun doute que tout le scénario est construit du point de vue d'un italo-américain (y compris dans les scènes de poursuite entre voyous comme celle qui ouvre le film). Quand les italiens se foutent des Bouddhas des "bridés", on a le droit à de la bondieuserie premier degré hyper-lourde côté italiens, côté Ferrara en fait, et à une destruction sacrilège de la Vierge par l'un des méchants Chinois (voir post précédent).


Par ailleurs, ce qui maintient cet état de chose dans le quartier (dont on ne sort jamais), ça semble surtout être les chefs mafieux de chaque camp qui dirigent les choses en cachette, plutôt qu'une structure sociale qui laisse la population livrée à elle-même. Les jeunes loubards n'ont d'autre alternative que de se retourner contre leurs supérieurs hiérarchiques. La police, elle, fait son boulot tant bien que mal.

Pour Pasolini, je pense qu'il peut essentiellement s'intéresser à l'homme privé. C'est la raison pour laquelle il peut si facilement enchaîner un film sur DSK, avec un film sur Pasolini...
Notebad
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Notebad » Ven 13 Fév 2015 09:44

Merci beaucoup pour tes recommandations de films hongkongais Sword7, ça fait très envie mais je ne sais pas si je vais trouver facilement ! :oops:
Notebad
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Sword7 » Sam 14 Fév 2015 17:01

Un petit message pour vous dire que, par contre, dans le même ordre d'idées, il ne faut rien attendre du tout du dernier film d'Andrew Lau ("Infernal Affairs") "La Revanche des Dragons verts", qui va d'ailleurs sortir directement en DVD en France le mois prochain. C'est produit en partie par Scorsese ; lui, laissant à d'autres le soin de faire les mauvais films sur la communauté chinoise.

C'est un film de voyous chinois à NY à la fin des années 80, c'est tout ce qu'il y a de plus caricatural. On navigue entre narration éculée à la Scorsese (voix-off : "on était blablabla à l'époque...") et filmage téléfilm (déluge de ralentis, nappes de musique insupportable, dialogues débiles, acteurs en roue libre...), entre violence gratuite à gogo, dramatisation grossière (comme si celle-ci seule pouvait donner vie aux "personnages"), et sous-jacent discours malodorant sur l'immigration comme danger potentiel pour le pays (mais qui, en même temps, le fonde).

Le contexte de l'époque est évoqué, martelé, via les actualités de la télévision (Reagan, Tiananmen, les vagues de régularisations, les bateaux de clandestins chinois qui s'échouent sur les côtes ..), mais en fait on reste toujours du côté des discours alarmistes des JT dans cet étalage de violence et d'insécurité directement connecté et confiné à une communauté qui selon leurs propos "menace chaque jour de s'étendre un peu plus".

@Notebad : PM ;)
Avatar de l’utilisateur
Sword7
 
Messages: 208
Inscription: Sam 9 Fév 2013 12:40

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar Invité » Dim 15 Fév 2015 10:28

C'est sympa ici, on a en même temps des nouvelles du cinéma pour gros branleurs du samedi après-midi, et du cinéma exigeant pour snobs du dimanche soir !
Invité
 

Re: De la pâtisserie au Paradise

Messagepar templar » Mar 17 Fév 2015 17:45

Invité a écrit:C'est sympa ici, on a en même temps des nouvelles du cinéma pour gros branleurs du samedi après-midi, et du cinéma exigeant pour snobs du dimanche soir !


Moi j'ai une question. Pourquoi avez-vous abandonné les textes sur le site pour ne correspondre et écrire plus que sur le forum ? C'est un peu dommage, non ?
templar
 

PrécédenteSuivante

Retourner vers l n'y a pas de porte...

cron