Cinéma vérouillé (les petits malins)

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Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar Karlos » Dim 11 Nov 2012 09:48

polichinelle a écrit:Vu deux films de Robbe-Grillet, ça ne m'a pas donné envie d'en voir plus... "Tran-Europ-Express" et "La Belle captive" qu'ils s'appellent. Le côté post-moderne et méta fait un peu penser à du De Palma frenchie. C'est du cinéma qui ne se prend pas au sérieux et, plus grave, qui ne prend pas le cinéma au sérieux (comme l'écrivait Cavell quelque part). Les effets du premier sont clairement en retard sur Godard (1966), et le second (1983) est carrément à la traine du surréalisme. Ca craint !

Je n'ai encore lu aucun de ses bouquins mais il paraît qu'il a dit une fois, sans doute une boutade, que s'il n'avait pas consacré beaucoup de son temps au cinéma il aurait sûrement eu le prix Nobel de littérature. Quand on voit ces deux films apparemment réalisés en dilettante, on se dit qu'il a un peu perdu son temps. Mais, encore une fois, il s'agissait sûrement d'une boutade.


Salut,

J'avais raté ça.
Tu as pas vu "Gradiva", son dernier film, polichinelle ? Ah ah faut voir ça, c'est assommant de nullité, un vrai nanar avec la Dombasle, une domestique qui dit "je ne sais pas monsieur", un Maroc médiéval du XXIème siècle, et une vraie réflexion sérieusement sérieuse sur la Mort avec un grand "M" ! Je te fiche mon billet que tu tiendras pas jusqu'au bout. :lol:
Karlos
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar Chantal » Dim 11 Nov 2012 23:31

Karlos a écrit:
Salut,

J'avais raté ça.
Tu as pas vu "Gradiva", son dernier film, polichinelle ? Ah ah faut voir ça, c'est assommant de nullité, un vrai nanar avec la Dombasle, une domestique qui dit "je ne sais pas monsieur", un Maroc médiéval du XXIème siècle, et une vraie réflexion sérieusement sérieuse sur la Mort avec un grand "M" ! Je te fiche mon billet que tu tiendras pas jusqu'au bout. :lol:


Yes ! Ce film est un gros navet, plus gros que le plus gros de bon potager ! ;)
Chantal
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar polichinelle » Mer 2 Jan 2013 10:35

Chantal a écrit:
Karlos a écrit:
Salut,

J'avais raté ça.
Tu as pas vu "Gradiva", son dernier film, polichinelle ? Ah ah faut voir ça, c'est assommant de nullité, un vrai nanar avec la Dombasle, une domestique qui dit "je ne sais pas monsieur", un Maroc médiéval du XXIème siècle, et une vraie réflexion sérieusement sérieuse sur la Mort avec un grand "M" ! Je te fiche mon billet que tu tiendras pas jusqu'au bout. :lol:


Yes ! Ce film est un gros navet, plus gros que le plus gros de bon potager ! ;)


Regardé "Glissement progressif vers le plaisir" mais pas jusqu'au bout. Hop, le cas Robbe-Grillet est plié pour moi, tout y est résolument plat, rance, pompé chez d'autres et complaisant...

Au rayon kitch (mais pas petit malin) et nanardesque au possible, je rajoute "La Féline" de Schrader. Désolé Nastassja, tes yeux n'en sont pas moins beaux.
polichinelle
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar casseur » Dim 30 Juin 2013 23:19

Allez, je me lance dans cette catégorie, soyons foufou !

Je suis allé au ciné (ouais il passe encore chez moi) voir ''Spring Breakers'' de Korine et ce truc c'est du cinéma de petit malin ou je m'y connais pas en films de petits malins. Un film assez ambigu pour qu'on puisse ressortir, comme devant les 3/4 des teen movies moralistes, toujours les mêmes propos mi-affligés mi-compatissants sur la jeunesse perdue et/ou en même temps se plaire à rester devant ce spectacle de son et lumière dont sa subtile profondeur serait son absence de profondeur. A la fin, Korine est assez lâche pour ne pas se mouiller et laisser les spectateurs finir son film à sa place. Mais cette ouverture en trompe l'oeil est une contrainte étant donné`les éléments qu'il nous sert avant.

Il faudrait bien sûr étudier tout l'imaginaire du film (qui est le fait de son auteur) puisque certains le défendent par là. Partir des premiers dialogues, le prof qui fait un cours sur l'émancipation des noirs américains et suivre l'évolution du film, l'imagerie des noirs américains qui y est justement véhiculée. Pourquoi un cours sur ce sujet plutôt que sur l'émancipation féminine, la beat generation ??
casseur
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar JM » Sam 6 Juil 2013 23:00

Le dernier De Palma, ''Passion'' (2012). Le cas est un peu particulier, dans la mesure où l'on assiste là à la phase terminale du ''post-podernisme''. Les références sont de plus en plus grossières (s'étalant sur les murs et les panneaux publicitaires bien à portée des critiques), le scénario tourne définitivement à vide (de rebondissements ineptes en rebondissements ineptes) à la manière de la caméra, la disparition totale du monde réel (facilitée par le choix du cadre entrepreneurial) n'est que l'illustration du fait que De Palma est complètement déconnecté de celui-ci, vivant probablement dans sa bulle avec son Apple et son générateur de scénarios. Déjà dans ''Femme Fatale'', il nous livrait une France de pacotille, pétrie de clichés éculés, sortie tout droit d'une réclame x ou y. De Palma, le grand moraliste des images, est en fait plus qu'aucun autre saturé et aliéné par les clichés, jusqu'à l'ineptie. Il a besoin d'eux, il ne peut pas faire sans, là où n'importe quel spectateur sait fort bien s'en passer.

Le film est d'une misogynie abjecte, BDP poursuivant sur la pente de ses fantasmes crétins dans lesquels femme=dangereuse manipulatrice=lesbienne(=salope). Curieusement, d'après Allociné, à gauche on adore et à droite on est plutôt réservé... en même temps, vu les propos de certains cinéastes à Cannes il y a quelques mois, il semble plutôt être dans l'air du temps...
JM
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar casseur » Dim 7 Juil 2013 18:33

JM a écrit:la disparition totale du monde réel (facilitée par le choix du cadre entrepreneurial) n'est que l'illustration du fait que De Palma est complètement déconnecté de celui-ci, vivant probablement dans sa bulle avec son Apple et son générateur de scénarios. Déjà dans ''Femme Fatale'', il nous livrait une France de pacotille, pétrie de clichés éculés, sortie tout droit d'une réclame x ou y. De Palma, le grand moraliste des images, est en fait plus qu'aucun autre saturé et aliéné par les clichés, jusqu'à l'ineptie. Il a besoin d'eux, il ne peut pas faire sans, là où n'importe quel spectateur sait fort bien s'en passer.


C'est bien un peu tout le cinéma de De Palma qui est ainsi, non ? Dans Blow Out, le cri de la fille, la pièce manquante du puzzle, ne pouvait être que celui véritable, réel, d'une fille qu'on assassine et non celui d'une poule qui s'égosille dans un studio. En gros, c'est toujours ce réel qui a manqué au cinéaste, il est jamais vraiment sorti de ses projections adolescentes, on comprends qu'à son âge cela devienne franchement grotesque et ridicule... son cinéma est finalement plus proche du Minotaure (enfermé qu'il est dans son monde d'images) que des Gorgones.

Il y a toujours un flic lourdaud et habillé de manière ringarde dans Passion ? J'ai remarqué que c'était une constante dans ses films, c'est un truc qu'il utilisait aux usa et qu'il a poursuivi en venant en France pour Femme Fatale, avec son inspecteur miteux qui faisait tâche au milieu de ses stars. J'ai envie de dire que toute la puissance de subversion de De Palma est là, dans ces inspecteurs de police toujours à la ramasse et ridicules dans leurs vieux pulls...
casseur
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar JM » Lun 8 Juil 2013 15:26

casseur a écrit:
Il y a toujours un flic lourdaud et habillé de manière ringarde dans Passion ? J'ai remarqué que c'était une constante dans ses films, c'est un truc qu'il utilisait aux usa et qu'il a poursuivi en venant en France pour Femme Fatale, avec son inspecteur miteux qui faisait tâche au milieu de ses stars. J'ai envie de dire que toute la puissance de subversion de De Palma est là, dans ces inspecteurs de police toujours à la ramasse et ridicules dans leurs vieux pulls...



Ahah, oui, il y est aussi dans ''Passion'' !! C'est sûr que ces flics sont moins sexy que Cage dans ''Snake Eyes''...

J'ai l'impression que Debord et De Palma sont les deux faces d'une même pièce visant à critiquer la société du spectacle. Le premier passe, pour ce faire, par un assèchement radical du spectacle (disparition des images, omniprésence du discours) tandis que le second passe par l'outrance de celui-ci censée révéler in fine le vide qui se cache derrière (un peu à la manière de certains Verhoeven). Les deux sont en définitive condamnés à tourner à vide sur eux-mêmes.

Sur la vacuité et le néant tapis au coeur du monde du concept marketing, le personnage de Kirsten Dunst dans ''Melancolia'' m'a paru plus sincère, plus aux prises avec celui-ci.
JM
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar gerome » Mar 9 Juil 2013 07:31

Je trouve le dernier film de De Palma plus intéressant que ce que vous en dites. Après Redacted, il signe en fin de compte un nouveau film de guerre, mais très différent. Sous cette couche aseptisée et lisse, propre aux concepts publicitaires, couve une véritable guerre de pouvoir propre au monde des entreprises. Contrairement à Redacted qui se passait sur le terrain de la guerre en Irak, dans la poussière. Il s'agit de représenter deux facettes différentes des guerres contemporaines, à partir des mêmes dispositifs de contrôle et de vidéosurveillance. Au lieu de faire apparaître soudain, par le montage, les guerres lointaines dans notre quotidien pour créer un choc (comme certains militants faisaient dans les années 60 avec la guerre du Vietnam), il nous dit que nous vivons nous aussi dans un état de guerre permanent.
gerome
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar casseur » Jeu 11 Juil 2013 17:16

gerome a écrit:Je trouve le dernier film de De Palma plus intéressant que ce que vous en dites. Après Redacted, il signe en fin de compte un nouveau film de guerre, mais très différent. Sous cette couche aseptisée et lisse, propre aux concepts publicitaires, couve une véritable guerre de pouvoir propre au monde des entreprises. Contrairement à Redacted qui se passait sur le terrain de la guerre en Irak, dans la poussière. Il s'agit de représenter deux facettes différentes des guerres contemporaines, à partir des mêmes dispositifs de contrôle et de vidéosurveillance. Au lieu de faire apparaître soudain, par le montage, les guerres lointaines dans notre quotidien pour créer un choc (comme certains militants faisaient dans les années 60 avec la guerre du Vietnam), il nous dit que nous vivons nous aussi dans un état de guerre permanent.


Salut gerome,

Franchement je ne vois pas trop ce qu'il fait avec tous ces dispositifs vidéo. C'est un peu comme ce que disaient les Cahiers de manière élogieuse à l'époque de Redacted : le grand kaléidoscope, toutes les images qui se valent et assemblées sur un même plan. Le devenir Youtube du cinéma... Je me méfie un peu de cette soi-disant égalité des images salvatrice, qui n'est en fait qu'une pseudo-égalité de traitement de celles-ci, paresseuse, sans aucune finesse. On voit bien qu'ici, cet assemblage (qui a tout du catalogue) paraît essentiellement asseoir et alimenter le suspens d'un scénario bidon plutôt que provenir d'une réelle réflexion sur les images (sinon toujours le même baratin moral sur le danger de celles-ci, encore plus présent qu'elles nous entourent de plus en plus). Il joue de cela avec les spectateurs, ou plutôt il joue de sa réputation et déroule sa partition des plus caricaturale.

Question sérieuse : Peut-on aimer à la fois De Palma et Farocki ?
casseur
 

Re: Cinéma vérouillé (les petits malins)

Messagepar gerome » Ven 12 Juil 2013 12:50

Franchement je ne vois pas trop ce qu'il fait avec tous ces dispositifs vidéo.


Euh, tu m'as lu ? J'explique justement que ces dispositifs vidéo de notre quotidien sont, pour moi, utilisés par De Palma pour renforcer le climat de paranoïa, de guerre de tous contre tous interne à nos sociétés, sous la couche aseptisée et les transparences (l'architecture de verre des bâtiments, par exemple).
gerome
 

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