douce France (chère Europe)

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Muy informativo

Messagepar TRALTENELFSED » Mer 7 Sep 2011 16:17

Si, probablemente lo sea
TRALTENELFSED
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar vil1 » Mer 14 Déc 2011 11:37

Qu’ils reposent en révolte – le film qui a couté beaucoup plus que 150 euros – toujours en salle, à l’Espace Saint-Michel. Le vendredi et le samedi à 17h25.


slogan plein d'esprit et vraiment du meilleur goût, c'est chez independencia (distributeurs du film!), bien sûr. ça en dit long sur la puanteur de ces gens, pas même besoin de chipoter en discutant les arguments vaseux des articles du site..
vil1
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar SP » Mer 14 Déc 2011 19:37

vil1 a écrit:pas même besoin de chipoter en discutant les arguments vaseux des articles du site..


D'autant qu'on peut quand même espérer qu'ils sont pas tous aussi cons que celui qui a pondu ce "slogan".
SP
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar weightwatcher » Jeu 15 Déc 2011 19:23

c est un clin d'oeil a la promo de Donoma !
weightwatcher
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar vil1 » Ven 16 Déc 2011 01:25

weightwatcher a écrit:c est un clin d'oeil a la promo de Donoma !


ouais, je sais, et alors, c'est censé rendre le truc plus fin ?
vil1
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar polichinelle » Mer 18 Jan 2012 09:45

J'ai regardé "Terraferma" (2011) sans savoir qu'il s'agissait là d'un film d'Emanuele Crialese, un réalisateur que je connais bien (mais déteste), simplement pour voir ce que l'Italie pouvait produire comme film ayant trait aux clandestins. Avant le générique de fin, quelques plans sous la mer qui avaient déjà fait le succès de "Respiro" (recette qu'il essaye de reproduire ici) m'avaient pourtant évoqué son travail.

En même temps, il est vrai que la mer est le lieu central du film, celui par où arrivent les migrants. Si un signe avant coureur annonce en mer leur arrivée en tout début de film, il faut attendre la fin de son premier tiers pour qu'ils y fassent leur apparition (à un moment donné quelqu'un prétend qu'il y en a eu d'autres accostant sur les côtes de l'île - morts ou vifs - mais le film est construit comme s'il s'agissait de la première. Ainsi, erreur classique, la situation ne semble exister qu'en raison du film et non l'inverse). La première demie heure de "Terraferma" rejoue donc "Respiro" (Œdipe insulaire), et pose le point de vue politique du film : celui du vieux marin humaniste et sage, qui respecte les lois de la mer et ne cède pas face au tourisme, contre son fils prêt à vendre les traditions locales pour faire du profit.

La position du réalisateur face au tourisme roi est à double tranchant. D'un côté il filme l'île à la manière d'une carte postale alléchante, de l'autre il semble voir d'un plutôt mauvais œil leur arrivée en hordes pendant l'été. La scène la plus osée, évoquée sur l'affiche du film de façon encore plus ambiguë car elle laisse "flous" les passagers du bateau qui peut-être pris pour un boat people, met en scène un bateau bondé de touristes ridicules qui gigotent sur de la dance derrière un gentil animateur et finissent par tous se jeter à l'eau. Crialese nous demande de faire ici un lien direct avec le boat people que nous avions vu précédemment, mais il parait avoir nettement plus de sympathie pour le premier type d'"invasion" (clandestins) que pour le second (touristes).

"Sympathie" n'est pas le bon mot, mieux vaudrait parler de "compassion" ou de "tolérance" religieuse. Car sous la mer (du vieux marin respectant ses lois d'entre-aide), la Madone est toujours là (cf "Respiro"), et les images de Crialese sont toujours aussi saint-sulpicienne (ralentis doloristes, poses iconiques). Autrement dit, les migrants clandestins arrivent et repartent comme ils sont arrivés dans la fiction, comme une ombre, on ne saura rien d'eux sinon ce que chacun sait déjà d'eux d'emblée : que ce sont des victimes. Mais en même temps, qu'ils soient peut-être victimes de rouages économiques qui sont les mêmes que ceux du tourisme qui envahie l'île, c'est sans doute aller un peu loin dans l'analyse de ce que nous montre le film.

Ils sont simplement une autre forme de parasitage de l'île (après tout la question des clandestins est rabattue sur celle des pêcheurs du coin qui risquent de se voir réquisitionner leur bateaux s'ils les aident), secourables, du moins dans certaines proportions. C'est justement ce "du moins dans certaines proportions" que la touriste milanaise, amie du petit-fils au bon cœur - mais qui refuse brutalement son aide à une bande (impression d'une attaque de requins ou de piranhas) de clandestins en mer en pleine nuit - ne peut accepter. C'est que le film la met dans la même galère qu'eux, dans un flux de population à gérer si possible en terme de "quotas" (ou les femmes et les enfants d'abord). On peut toujours s'en contenter, et prétendre que "ça n'est pas si mal"…

Sur les films précédents de Crialese :

"Golden Door", E. Crialese

Immonde petit film roublard qui joue sur deux tableaux : le premier complètement neuneu qui se joue au niveau des personnages, le second au niveau du metteur en scène qui se place au-dessus de tout ça en "dénonçant" les illusions tout en aillant pris garde au préalable de grossir le trait de celles-ci (en gros les personnages du film sont dupes, mais les spectateurs ne doivent surtout pas l'être).

Le metteur en scène passe des scènes entières à s'endormir sur sa reconstitution historique comme tout mauvais cinéaste à qui on donne des moyens conséquents pour en réaliser une. Absolument aucun sens du récit, le film traîne en longueurs inutiles, on regarde tout ça avec un ennui absolument mortel (il faut se payer deux visites médicales !). Quelle place pour le spectateurs lors de ses scènes interminables de tests sur les immigrants qui arrivent en Amérique ? Aucune : ni du côté des testeurs (sales types) ni du côté des testés (trop benêts, ça n'est pas une découverte on le sait depuis le premier quart d'heure du film).

Ne reste, comme tout le long du film, qu'à regarder tout ça de loin en essayant de ne pas s'endormir. Signalons au passage le même fond de religiosité puant que dans "Respiro".


"Respiro", Emanuele Crialese


Le film se passe sur une île, au sud de la Sicile. La mer est bleue comme sur les affiches du Club Med, on voyage toujours en scooter à deux ou trois sur le même engin, il y a des bandes de jeunes qui s'affrontent, trop de chiens alors on les enferme, des hommes machos et violents, des vieilles chouettes pétries de tradition qui jactent, et la jeune, belle et fofolle Grazia, son mari et ses enfants.

Mare aux clichés ? Non, mer ! Le moins que l'on puisse dire est qu'Emanuele Crialese s'y baigne avec l'aise et la complaisance des mauvais cinéastes. Pire, il ne parvient jamais à dépasser ces clichés et fait souvent preuve d'une ambiguïté de fort mauvais goût : la Grazia, indépendamment du fait qu'elle se bat pour ses libertés en tant que femme, est effectivement un peu zinzin et le cinéaste scénariste ne peut pas ainsi ne pas donner un peu raison aux vieilles bigotes qui veulent l'envoyer à Milan pour se faire soigner; de même qu'à la fin, qui se veut probablement un happy-end, le mari (dont le machisme avait fait fuir sa femme) un peu puni retrouve sa Grazia transformée en sainte, ce qui fait tomber définitivement le film dans le pire scénario machiste possible. Le plan final, c'est une jolie idée formelle qui se place bien du côté de la profondeur psycholo-gisante du film. C'est peut-être superbe mais je trouve le fond du plan assez abject.

Du côté des fils de Grazia, Crialese paraît connaître un peu Freud et nous livre, semble-t-il, du complexe d'Œdipe en veux-tu en voilà avec une lourdeur égale aux choix de sa mise en scène (Crialese voudrait probablement filmer les pieds comme Bresson mais il se contente de filmer "comme un pied" : il n'a pas saisi, je crois, que ça ne sera pas "encore mieux" en filmant au ralenti). Le plus âgé des deux tuera la mère aux yeux du père et emmènera celle-ci dans une grotte, que lui seul connaît, où elle va pouvoir se cacher (symbolique lourde : le coq qui réveille le garçon de son délire, il sera mangé avec la mère avant que celle-ci ne demande à son fils : "où est mon mari ?"). Quant au plus jeune, puisqu'il a peu d'espoir avec la mère, il transfèrera l'amour qu'il a pour sa mère sur sa sœur lors d'une grotesque séquence face à la mer qui permet d'affirmer que les enfants acteurs sont aussi mal dirigés que les adultes.
polichinelle
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar soren » Mer 18 Jan 2012 15:58

Hello,

Image

Pas si ambiguë quand même ; c'est pas étonnant que cette image frappante du film (tout juste un peu retravaillée et nettoyée sur Photoshop) se retrouve sur l'affiche car l'esthétique de Crialese est souvent d'une poésie très lourdement illustrative, qui ne pousse pas forcément son cinéma vers le haut. Mais bon, ça marche plutôt bien puisque son film a reçu le prix du jury au Festival de Venise l'année dernière.

En revanche, le choix de cette image pour l'affiche semble comme en atténuer la portée possiblement critique au sein du film...

Une interview : http://cineuropa.org/2011/it.aspx?t=int ... tID=209120
soren
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar polichinelle » Jeu 19 Jan 2012 15:53

Merci pour l'entretien de Crialese, soren. On voit bien que la manière dont est conçu le film (je n'étais pas au courant), aussi bien intentionnée soit-elle, rentre tout à fait dans la logique dont je parlais au-dessus. Il lui fallait une vraie clandestine

(faut-il plutôt parler d'"une-personne-qui-devrait-avoir-la-liberté-d'aller-partout" ? Pourquoi pas, mais la soi-disant "horreur de l'adjectif "clandestin"" me paraît difficilement proportionnelle avec ce qu'on leur fait subir et réductible à une question de rhétorique)

dans son film, un quota plein de bonnes intentions mais qui, en réalité, n'apporte rigoureusement rien à celui-ci. C'est, à la limite, un faire-valoir de très mauvais goût. Il le dit lui-même en avouant que cette personne n'avait qu'un souhait : oublier ce qui lui était arrivé avant. Son film, dans le sillon de Timnit (qui, elle, a certainement des raisons personnelles absolument respectables), fabrique donc de l'oubli et n'a ainsi pas grand chose à voir avec le cinéma.
polichinelle
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar Karlos » Mar 6 Mar 2012 08:55

Salut,

Le Havre d'Aki Kaurismäki que j'ai regardé après avoir vu Terraferma (sortie le 14 mars en France) suite à tes notes polichinelle, me parait plus ou moins du même acabit. C'est le premier film d'AK que je voyais et ça a correspondu tout à fait à l'idée que je m'en faisais (et qui m'avait jusqu'à présent porté à éviter ses films) : du réalisme poétique roulé dans le camphre. Bizarrement, je crois que la même critique qui n'aime pas trop Caro et Jeunet, Kervern & Delpine, et la QF, ne reproche pas du tout cela à AK... on pourrait encore une fois reprendre ce que Daney écrivait à propos d'Uranus ..

Image

Là, l'effet est terrible. Le gamin africain n'a pas plus de place dans la reconstitution vieillottes et poussiéreuse du cinéaste que la mère et son fils dans Terraferma. Les héros, c'est Marcel Marx (sic) et ses voisins, ou encore la vieille ville du Havre, voire le commissaire au bon coeur pour les innocents (et innocenté par l'attitude du préfet). Sous le cachet (la pâte) artistique, on ne sort pas du tout d'une représentation très confortable pour les spectateurs, où la seule identification possible est celle aux sauveurs et non à la victime ignorée car enfermée dans ce statut (voire pire : reléguée à la place du chien et du serviteur du bon Marcel). Comme à la TV finalement, donc via le canal d'information du pouvoir, l'image déstabilisante de l'autre manque, et, plus grave : elle fait surtout défaut.
Karlos
 

Re: douce France (chère Europe)

Messagepar JM » Mar 6 Mar 2012 11:13

Karlos a écrit:Bizarrement, je crois que la même critique qui n'aime pas trop Caro et Jeunet, Kervern & Delpine, et la QF, ne reproche pas du tout cela à AK... on pourrait encore une fois reprendre ce que Daney écrivait à propos d'Uranus ..


Salut,

Si tu fais, comme je le pense, référence aux Cahiers, apparemment ils ont quand même pas vraiment apprécié. Sur allociné, on peut lire un extrait de la critique de Tessé qui fait bien penser à ce que tu dis : "Sur un air d'accordéon et dans un fantasme fripé de réalisme poétique des années 30, Kaurismäki entonne la chanson de geste du bon peuple tel qu'on ne peut que le regretter, de l'autrefois bon comme du bon pain. (...) Quelle différence avec, mettons, "Amélie Poulain" ? Bien peu en somme. Sinon l'immunité d'auteur dont bénéficie Kaurismäki, qui lui permet de passer entre les gouttes."

Par contre, à part la "maison mère", les satellites (et les autres) ont tous adoré (Télérama, Inrocks, Libé, Le Monde..) effectivement.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-1 ... ew20239812
JM
 

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