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Re: sur la toile, le cinéma frappe au hasard

Messagepar JM » Sam 4 Mar 2017 09:11

bobby_net a écrit:
_ a écrit:J'avais téléchargé un peu au pif un film qui s'appelle "après le sud" (2011) de Jean-Jacques Jauffret, et je viens de regarder ça... Comme souvent après avoir vu le film, j'ai ouvert ma page Notes dans mon traitement de texte. J'ai jeté un bref coup d'oeil dans le miroir qui me fait face au-dessus de mon bureau, la mine désabusée, et j'ai refermé mon traitement de texte. Voilà un film qui travaille tout du long à s'auto-suffire, dont il n'y a rigoureusement rien à dire et penser, et j'en ai déjà trop dit. Qui brique aussi bien sa petite mécanique ne peut avoir que de douteuses intentions...


J'ai aussi vu ce film à mi-chemin entre Dumont (pour la droite) et les Dardenne (pour la gauche), je crois que c'est ce film qui m'a définitivement dégoûté du principe du "film choral". Après le sud représente en effet le pire de ce dispositif, malheureusement bien souvent utilisé à cet escient : un prétexte pour faire 1h30 de bobine inutile à partir de la plus grande vacuité, doublé d'un déterminisme suffoquant. Dans le film de Jauffret, le climax final est simplement abject, c'est d'ailleurs la musique (additionnée avec les images) qui fait l'abjection de la scène. La préparation de cette scène finale dans les scènes précédentes est, elle, tout à fait odieuse et malhonnête. Sans oublier la dernière boursouflure christique, posée là comme un immonde gâteau à la crème sur une cerise.


L'année dernière Finkiel a sorti un film dans la même veine : "Je ne suis pas un salaud". Pas de structure de film choral ici, plutôt un naturalisme usé, mais nième film qui vise à nous (dé)montrer comment un type ordinaire peut en arriver à péter les plombs. Ca se fantasme sûrement entre "Taxi Driver" et "Chute Libre", mais c'est plus proche du cinéma français naturaliste des français des années 70. Faut relire ce que Daney disait de ce cinéma-là à l'époque dans les Cahiers... Ce qui est comique, c'est qu'aujourd'hui c'est Première qui le signale, tandis que les Cahiers, eux, apprécient apparemment plutôt le film :

"Cette critique sociale sent le mauvais Boisset à plein nez, avec son anti-héros moralement dégueulasse que Finkiel s’échine à rendre sympathique (obligeant le valeureux Duvauchelle à surjouer la contrition), alors que tout le film le condamne par ailleurs." - Première

"Malgré son finale repoussoir le film trouve sa personnalité – et surtout son étrangeté – davantage dans ses à-côtés que dans le cœur de son propos."' - Cdc

Evacuer la fin d'un tel film dans sa critique, c'est tellement stupide, dans la mesure où tout ce qui est placé avant tend très ostensiblement vers celle-ci... Le final, d'ailleurs, ça n'est pas tout à fait la séance de tir et le meurtre dans le magasin, mais le plan sur le pauvre type accusé à tort qui a en fait décroché un CDI dans une entreprise merdique de télécommunication. Façon de nous dire qu'il ne faut pas s'inquiéter et que tout le monde aura à la fin ses chaînes, que la promotion de l'arabe n'avait en définitive pas de quoi être enviée par le petit blanc, qu'il fallait vraiment être con pour croire qu'un arabe puisse obtenir un CDI à un poste décent et que le scénario travaillerait à ce qu'il n'en soit rien. Chacun sort rassuré, tous la tête sous l'eau, à bas les privilèges !
JM
 

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