sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Japon!

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Re: sur la toile, le cinéma frappe au hasard

Messagepar Sword7 » Sam 4 Jan 2014 10:18

cornichon a écrit:Mais un des problèmes c'est que j'ai justement l'impression que ça capitalise trop là-dessus, c'est trop ''complaisant'' (pas dans le sens où le cinéaste en fait trop, mais dans le sens où il étire tout, chaque situation, à l'extrême) pour maintenir vraiment l'intérêt. Il choisit de dilater cette période courte et éphémère - comme la persistance d'un sourire en définitive - je suis pas sûr que ça soit un bon choix, après c'est subjectif... on peut aussi y voir une bonne manière de filmer cette période d'incertitudes et de flottements.


Oui, c'est discutable ...
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar cornichon » Dim 2 Mar 2014 10:24

Toujours un peu à l'affut de ce qui sort au Japon, j'ai regardé "Petal Dance" d'Hiroshi Ishikawa. C'est sorti l'an dernier.

Je sais pas vraiment quoi en penser. J'ai été attiré par le film, petit à petit, il se dégage quelque chose de très fort de cette dérive féminin, mais je me demande s'il n'est pas un peu trop formaliste. Ishikawa noie son film dans des teintes mauves, le même mauve que celui, mélancolique, qui éclaire certaines cartes postales pour adolescentes au Japon. C'est sûrement too much, mais le film me paraît sauvé, car sous cette peau colorée et artificielle, Ishikawa n'oublie pas de faire vivre son petit groupe de personnages de la manière la plus réaliste qui soit. Si la lenteur est extrême, pour autant rien n'est jamais complètement figé. Les actrices sont formidables et la manière de les filmer, très attentionnée, douce, l'est tout autant. La métaphore de l'oiseau qui plane est belle et juste. Cette jeunesse qui trébuche (l'une des filles est licenciée du jour au lendemain), qui tourne autour du suicide, cette jeunesse "penchée comme un arbre abandonné au vent", cherche un nouvel envol vers plus de liberté. Et cet envol sera poétique ou ne sera pas. Le mauve, ni gris, ni rose, est une couleur qui sied plutôt bien à ces personnages.

Pas trouvé ses précédents films mais j'espère bien pouvoir les voir un jour ou l'autre. Je reviendrai plus en détail sur "Petal Dance'' si j'ai l'occasion de les voir un jour.
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar JM » Dim 20 Juil 2014 14:32

"Domaine" de Patric Chiha.

Le film date de 2009, je suis tombé dessus par hasard sur le net. J'ai pas passé une très bonne séance, ça m'a barbé, mais en y réfléchissant le film me paraît quand même pas trop mal, intéressant en tout cas. Chiha a pensé son affaire, on ne peut pas le lui reprocher, même si ça ne fonctionne pas très bien du côté du spectateur.

Une femme (Béatrice Dalle) prof et chercheuse en Math, qui loue la rationalité et l'ordre mathématiques, qui paraît très sûre d'elle-même, bascule petit à petit dans le doute et la dépression. Toute la première partie du film est peu agréable à regarder, il s'agit d'une succession de scènes assez rébarbatives dans lesquelles Nadia en impose à Pierre, jeune homme dont elle est la tante. A travers toutes ces sorties assez rêches, qui se ressemblent, où Nadia lâche tout un tas de grandes vérités sur un ton professoral à Pierre qui reste complètement en retrait, Chiha compte sans doute faire passer la répétition et l'habitude qui s'installe entre les deux personnages pour que les spectateurs saisissent mieux le déséquilibre (le désordre) qui se produit lorsque Pierre décide plus tard de continuer sa vie sans les rdv avec Nadia, ce qui va précipiter la chute de la femme. On voit l'idée, mais elle n'est pas forcément très agréable à suivre à l'écran. De même que les attaques de Nadia contre le langage (par rapport à la force muette des mathématiques) s'accompagnent de scènes où celui-ci semble tourner volontairement en rond, là encore l'exposition de l'idée décroche un peu plus les spectateurs du film.

Dalle parvient à sauver certaines scènes de dialogue, dans d'autres elles semble franchement mal à l'aise pour réciter son texte. La lutte entre le chaos et l'ordre se poursuit longtemps, trop longtemps, après que l'on ait compris que c'est précisément ceci qui porte le film. Lorsque Nadia renonce aux maths, qu'elle perd Pierre et qu'elle bascule dans l'alcool, le film continue en Autriche et cette dernière partie semble un peu de trop. En Autriche, Chiha enfonce encore le clou. La rigueur germanique n'aura pas raison de Nadia qui tente une cure de désintox, la montagne reste derrière la baie vitrée de l'institut, nous ne verrons les hautes sommets enneigés qu'en plongée, évidemment nulle relève par le sublime mystique car nous ne sommes pas chez Rossellini (Nadia rie quand Pierre lui dit qu'il est allé visiter l'église du centre, mais la religion reste par ailleurs étrangement absente du film). Le film épouse la descente nihiliste de Nadia, en Autriche les branchages chaotiques de la forêt sont gelés, immortalisés, à jamais, et forment comme un piège dans lequel s'enfonce Nadia au dernier plan.

Encore une fois, tout cela est assez bien pensé, on saisit le propos de Chiha, mais il manque selon moi quelque chose pour rendre le film vraiment bien ou attachant (ce qu'il ne recherche pas forcément, et est-ce une nécessité pour un bon film ?). Peut-être quelque chose de moins froid et sec justement, même si certaines séquences échappent à cette froideur, notamment quand on est du côté du garçon ou dans les scènes en club où un bon gros dub réchauffe l'atmosphère... je sais pas, je pense que ma mauvaise impression est liée au faux départ du film qui nous place peut-être trop directement au milieu du couple Nadia-Pierre, à certaines scènes de dialogue fort pédantes aussi qui agacent... vraiment je suis nuancé, après coup.

Encore un film (je pense au beau film de Wenders sur Pina Bausch aussi, par ex) qui parle du langage. Je voulais faire, autour du film de Godard, des textes sur des films de ces dernières années qui pourraient accompagner celui de Godard, mais je pense pas que je le ferai un jour...
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar Sword7 » Sam 6 Sep 2014 22:23

''The Bicycle Thief Was Bad'', Tadakazu Takahashi, 2006

Un type vole un vélo et roule, roule, roule en regardant de manière inquiète derrière lui. Ce ne sont pas les premiers plans du film mais bien l'ensemble de celui-ci qui dure, s'il vous plaît, 1h45 ! A noter qu'il arrive périodiquement à l'homme d'avoir des crises lors desquelles il se roule par terre, qu'il fait un petit bout de chemin avec une fille habillée dans un jogging en velours vert ridicule, qu'on l'entend prononcer quelques mots aux minutes 15 et 40, qu'il emprunte une fois un bus et monte une fois derrière un camion... Le cinéaste enquille les trèèèèèèèèèèèèèès longs plan-séquences suivant l'homme à vélo au milieu des beaux paysages d'hiver qu'il traverse. Gros problème : les rares moments où le personnage n'est pas sur son bolide montrent que Tadakazu Takahashi n'a absolument aucun talent pour faire un plan, la répétition des plan-séquences en voiture se révélant véritables "cache-misère" de son incapacité à mettre en scène. Les producteurs japonais semblent avoir de l'argent à perdre pour financer des films d'1h45 sur une idée de court-métrage avec un réalisateur sans savoir-faire !
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar Notebad » Sam 8 Aoû 2015 09:48

J'hésite à poster ça ici ou sur le topic nanars...

"While we're young" de Baumbach. Pas encore vu "France Ha" dont on m'avait dit un peu de bien, je suis passé directement à son dernier film. C'est très mauvais, déjà que plus personne ou presque ne s'intéresse aux nouvelles daubes de Woody Allen (à part quelques critiques presse qui doivent faire la promo des films), ses "jeunes" suiveurs new-yorkais ne font pas beaucoup mieux... Le cinéaste s'attaque à des sujets comme l'éthique dans le documentaire, les antagonismes entre jeune et ancienne génération, avec la finesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Au final, ce film égrillard qui joue la carte intello pour mieux cacher son ignorance (dans le domaine du documentaire, notamment) ne peut guère qu'avoir été réalisé par un type en panne, artistiquement impuissant.

L'histoire est hyper-prévisible, Baumbach tenant bizarrement et lourdement à nous laisser comprendre en cours de film ce qu'il va se passer à la fin (les quelques séquences qui montrent, parfois au ralentis - sic-, le vrai visage du jeune cinéaste). Plutôt que de s'intéresser aux possibilités du documentaire dans sa propre mise en scène, il se comporte en petit-bourgeois et sépare le doc de sa fiction en le laissant dans un ailleurs purement théorique (et franchement mal théorisé). Les enregistrements de la caméra gopro du jeune cinéaste que celui-ci utilise à tout bout de champ, sont le hors champ retranché de la fiction de Baumbach qui peut rester pépère sur ses rails réacs. Il est aussi symptomatique que nous ne voyions que quelques images du documentaire du jeune homme, Baumbach n'ayant visiblement même pas idée de ce que pourrait être un bon documentaire réalisé par un jeune cinéaste talentueux en 2015 (les quelques images laissent penser qu'il s'agit en fait d'un film purement dans la veine des grandes années sauvages 70).

Il faudrait opposer ce film au travail super galvanisant de Gondry ces dernières années. Gondry a compris quelle puissance il pouvait donner à ses films en faisant passer le doc dans ses fictions (ou vice versa). Il s'épargne le blabla pseudo-théorique de(s personnages de) Baumbach et fait travailler directement, à plein régime mais de manière économique, dans sa mise en scène, les questions (à peine ou mal) soulevées par Baumbach dans son dernier film.
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar Sword7 » Dim 9 Aoû 2015 16:57

Tu fais bien de déterrer ce topic Notebad, j'ai regardé l'autre jour un des derniers films (il en réalise 2, voire 3, par an, c'est un peu le JP Mocky - apparemment en plus friqué - du cinéma japonais) de Takashi Miike que j'avais téléchargé un peu par harsard. Ca s'appelle "Lion Standing Against the Wind".

C'est un hymne ampoulé, de plus de 2h, à un médecin japonais qui est parti soigner des africains dans un camp de la Croix-Rouge, je ne sais pas s'il s'agit d'une histoire vraie. Que les défenseurs d'un cinéma d'auteur non-autocentré ne crient pas trop vite au génie, car la leçon d'altruisme tourne bien vite à la sauce américaine, l'Afrique n'étant là qu'un monceau de clichés brut (brousse, rites ancestraux, croyances, sauvagerie guerrière) dans la représentation, uniquement vouée à mettre le fameux docteur japonais humaniste sur un piédestal. D'autocentré, le film d'auteur devient une croûte ethnocentrée, du pseudo-humanisme qui se fiche bien en réalité de l'humain qu'il clame sauver dans sa fiction (très vite, les petites vicissitudes de la vie quotidienne reviennent se situer au Japon pour que le spectateur ne perde pas trop le Nord en Afrique), et c'est sans doute presque pire. Tout y passe et rien ne manque de la vieille fable paternaliste, jusqu'aux leçons de mathématiques données aux petits sauvageons, le plus violent devenant docteur comme son sauveur ... La fable est connectée au début et à la fin au tsunami japonais (le jeune africain sauvé vient au Japon pour soigner les victimes), car rien de plus beau et émouvant que de plaider pour l'aide internationale lorsque toute dimension politique (d'où émerge la responsabilité des guerres et de certaines conséquences des catastrophes) est laissée prudemment de côté. En France, ce syndrome porte un nom, on appelle ça du "kouchnerisme".
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar JM » Mar 11 Aoû 2015 23:09

Notebad a écrit:J'hésite à poster ça ici ou sur le topic nanars...


Faut pas hésiter ! Tu peux t'épargner de regarder "Frances Ha", je doute que ça te plaise. En gros, tu prends Godard, Truffaut, Allen, Cassavetes, Jarmush, Carax, et qui sais-je encore de bien tendance arty (un clin d'oeil au bon film de Stillman dans lequel jouait la même actrice aussi), tu mélanges tout ça, tu incorpores une histoire de célib trentenaire mal dans sa peau (comme c'est original !), un nappage N&B chic pour faire film d'auteur indie, et tu obtiens le film de Baumbach. C'est un peu le Honoré, new-yorkais, tu vois ?

Apparemment ça tourne autour du même thème doux-amer que le dernier film (l'amitié à l'épreuve de la réussite individuelle, le dur passage à l'âge adulte car on s'amuse moins - sic). "Frances Ha" se rabat sur une fin tout ce qu'il y a de plus conventionnelle, je sais pas pour "While we're young" ?
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar casseur » Ven 11 Sep 2015 21:44

"Red Army" est un documentaire sur l'équipe de hockey de l'URSS, et sur un joueur en particulier, le capitaine Slava Fetisov. On peut voir beaucoup de mépris dans la manière de se comporter de Fetisov face à la caméra, mais comme les manières de faire de l'américain qui est derrière la caméra sont également plus que douteuses (montage tire-larme, recherche du sensationnel, questions agressives et pleines de présupposés, musique qui cherche l'émotion facile, etc.), les deux comportements s'annulent finalement pour former une espèce de ramassis de tout ce qu'on connaît déjà comme clichés de l'ex-URSS et des USA, chacun restant retranché dans son camps. Tout cela n'a donc pas beaucoup de portée, n'apprend rien que l'on ne sache ou ne devine déjà, et est esthétiquement inconséquent.

Un film sur l'entraîneur Anatoli Tarasov, qui s'inspirait des danseurs du bolchoï ou des joueurs d'échec pour l'entraînement de ses joueurs, et qui fait les frais d'une défaite de son équipe aux JO (on pense à Eisenstein), aurait sûrement été plus intéressant, pour peu que ce type de vision avant-gardiste du sport ne soit pas abordée avec le même aspect passe-partout télévisuel que "Red Army"...
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar Chantal » Jeu 21 Jan 2016 17:31

"Songs of the North" de Soon-Mi Yoo.

C'est un petit doc coréen de 2014 sur la Corée du Nord. C'est pas super passionnant, les images contemporaines de la Corée du Nord sont uniquement prises lors d'un circuit touristique (on voit régulièrement les bus et les autres touristes, et le guide qui donne ses recommandations). Bizarrement, cette situation d'impossibilité de filmer ce qu'elle veut n'est jamais explicitée clairement par la réalisatrice, on la sent seulement essayer de traquer ce qu'elle peut d'images avec le peu de liberté qu'on lui laisse (c'est plutôt désagréable au début lorsqu'elle maintient sa caméra face au visage d'un homme pour, si possible, le filmer en train de pleurer).

Il y a un peu de montage d'images d'archive et d'interviews qui part dans tous les sens, l'ensemble du matériau reste assez pauvre et foutoirique. On ne sent pas vraiment de vision historique globale ou personnelle (elle hésite constamment entre les deux sans jamais traiter en profondeur l'un ou l'autre) sur la question abordée, juste une certaine retenue, la volonté d'éviter un peu le regard caricatural et moqueur habituel sur le pays.

Le film a quand même la vertu de nous amener à constater que nous ne devrions pas nous moquer autant de la propagande nord-coréenne, dont les ressorts ne sont finalement vraiment pas si éloignés de ceux du camp occidental.
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Re: sur le web le ciné frappe au hasard - mais surtout au Ja

Messagepar Sword7 » Sam 18 Juin 2016 18:32

Film coréen vu au SIFF de Shanghai cette semaine. Le film est pas sorti en France je crois, pourtant c'est sûrement pas mieux ni pire que beaucoup de trucs qui sortent sur les écrans français...

Image

« Veteran », Ryoo Seung-wan, 2015

Le film hésite sans cesse entre le thriller policier et la comédie, sans que le second élément ne vienne trop abrutir le rythme du premier. Même si le film dure deux heures, les deux ingrédients qui le composent fonctionnent donc assez bien ; il est haletant et parfois aussi vraiment drôle. Ryoo Seung-wan semble connaître, et appliquer à Jo, un jeune chef de chaebol bipolaire sadique et misogyne, la recette du thriller réussi selon le maître du genre, Hitchcock : « plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film. »

Il n'évite pas, et n'épargne pas aux spectateurs, une scène de violence assez longue et complaisante en début de film (un père ouvrier syndicaliste venu réclamer son dû, battu par les sbires de Jo, devant son enfant). On se demande alors si le film va se transformer en un (au mieux) vain et (au pire) fascinant catalogue de comportements sadiques et humiliants, comme le cinéma coréen nous y a trop souvent habitué ces dernières années, mais heureusement il se recentre plutôt par la suite vers l'action et l'humour.

« Veteran » porte finalement bien son nom, tant sa mise en scène et sa trame scénaristique, toutes efficaces qu'elles soient, semblent « à l'ancienne » et revenir de loin, d'un classicisme le plus total et pâtissant d'un net manque d'originalité et de personnalité.

Une lecture « idéologique » complémentaire de ce type de films est toujours intéressante à faire, même si celle-ci paraît d'emblée neutralisée par son genre, qui se veut avant tout divertissant. Si le film donne, à première vue, l'impression d'épouser un point de vue plutôt progressiste (rétablir la justice entre un ouvrier exploité et son patron truand, signaler des collusions anti-démocratiques et corruptrices entre dirigeants de conglomérats, gangsters, police et médias), une analyse plus poussée montre en quoi le choix scénaristique du thriller et du spectacle implique un pas de côté et un recul évidents vis-à-vis de ce programme apparemment progressiste. Le syndicat auquel adhère l'ouvrier et qu'il représente est, par exemple, une entité évoquée mais qui n'aura jamais sa place dans le scénario, au profit de l'opposition binaire et caricaturale entre un policier intègre et un patron salaud. Exit, donc, rapidement, la lutte syndicale collective pour de meilleures conditions de travail et pour le respect des travailleurs par leurs patrons (lutte pourtant essentielle qu'implique le monde du travail sud-coréen contemporain dominé par ces fameux chaebols extrêmement puissants et évoluant souvent au-dessus des lois), remplacée par l'affrontement entre les forces de l'ordre et les coupables du tabassage maquillé en suicide de l'ouvrier. L'ouvrier simplement vengé de son humiliation par Seo le super-flic, son corps (non social) peut en fin de film à nouveau remuer sur son lit d'hôpital. Seo le dit à un moment donné au têtu Jo : « Je te demande juste de reconnaître ce que tu as fait, et on passe à autre chose. » Où comment la lutte de « classes » se transforme en virile lutte de « faces »...
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