Ang Lee - Anguille et couleuvre

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Ang Lee - Anguille et couleuvre

Messagepar scienezma » Mar 22 Oct 2013 21:46

Sword7 a écrit:"Tigre et Dragon" vaut ce qu'il vaut - pas grand chose à mon avis - mais Ang Lee avait bien quillé au niveau du casting. Il y avait Zhang Ziyi et Chang Chen qui étaient encore relativement inconnus du public, les étoiles montantes du cinéma chinois (représentatifs de cette nouvelle génération qui allait pouvoir jouer et se faire connaître en Chine continentale en même temps qu'à HK et Taiwan). Il y avait également Cheng Pei Pei qui, elle, représentait l'ancienne époque, celle de l'ostracisation des productions hongkongaises. Et bien sûr on retrouvait aussi Chow Yun Fat, que le public occidental un peu connaisseur attendait beaucoup après ses films avec Woo dans les années 80 et ses débuts peu convaincants aux USA. Faudrait revoir le film sous cet angle-là pour voir si tout ça joue sur les caractères des différents personnages dans la fiction..

:arrow: http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Tournage-en-mai-pour-Tigre-et-Dragon-2-3648128


Sword7 a écrit:Je suis allé marcher à Huangshan la semaine dernière. Il s'agit des célèbres (et sublimes) montagnes de l'Anhui où Ang Lee a tourné une partie de "Tigre et Dragon". Notamment la scène de la chute d'eau, avec Zhang Ziyi qui saute pour récupérer l'épée. Aucune scène de la fin du film n'est vraiment tournée à Wudangshan. C'est un détail, mais si on suit l'itinéraire de tournage et qu'on en fait celui des personnages de l'histoire, leur parcours n'est pas très cohérent (la bataille dans les bambous qui suit est tournée dans le Zhejiang, très loin de Huangshan et surtout plus à l'est, alors que les personnages sont censés se diriger vers l'ouest). On peut penser qu'Ang Lee a été beaucoup plus méticuleux pour la cohérence des langues dans son film que pour les lieux où se situe l'histoire. Quoique le fait qu'il ait imposé le mandarin classique à ses acteurs hongkongais lors du tournage soit un choix orienté vers une authenticité toute relative, étant donné que le film se déroule majoritairement à la campagne en province, et que les langues devraient donc en toute logique être marquées par les dialectes locaux. Donc, en fait, tournage en mandarin ou tournage sur des sites en Chine continentale, on reste dans un entre-deux, un compromis (commercial), une "image" moyenne de la Chine (publicitaire ?) qui certes a valeur d'exploits de tournage extra-filmiques mais qui a seulement pour finalité d'essayer de contenter un peu tout le monde dans le périmètre strictement intra-filmique, à l'image du scénario.

Après Huangshan, je suis allé visiter le village de l'Anhui où a été tourné le début du film : Hongcun. Haut lieu touristique, je n'y ai vu absolument aucune référence au film de Lee. Plutôt curieux : je peux me gourrer mais je parierais que les autorités locales ont interdit toute mention du film dans le village. Et ce d'autant que certains villages anciens de la région de Shanghai où ont été tournés certains films de Zhang Yimou ne manquent pas de le signaler au passage de tel pont ou telle rue étroite, photos à l'appui. D'expérience, je dirais qu'aujourd'hui en Chine, tout ce qui pourrait être lucratif et qui bizarrement n'est pas exploité commercialement, a été soumis à une interdiction en haut lieu. L'épisode "Lust, caution" peut expliquer cela, tout comme le fait que "Tigre et Dragon" ne soit pas spécialement apprécié par beaucoup de spectateurs chinois qui ne manquent pas d'en soulever toutes les incohérences (en plus de celles évoquées plus haut qui renforcent l'idée qu'on se trouve dans une Chine largement schématisée alors que les intentions du cinéaste au tournage semblent bien être contraires).
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Re: Ang Lee - L'anguille

Messagepar scienezma » Mar 22 Oct 2013 21:49

JM a écrit:Regardé deux films datant de l'an dernier (je crois, ou alors début 2013, bref on s'en fout) récemment qui traitent des relations animaux-humains.

''Life of Pi'' d'Ang Lee et ''Beasts of the Southern Wild'' de Benh Zeitlin. Les deux films ont un autre point commun : ils racontent également la relation d'un(e) enfant avec ses parents. Esthétiquement, je pense qu'on peut dire que tout oppose les deux films. Le premier est un mastodonte d'académisme mâtiné d'effets spéciaux 3D, très présentable et propre sur lui. On a envie de le détester rien que pour ca. Le second, court sur pattes et rapide, pense se positionner, et nous positionner, du côté des exclus qu'il filme en se roulant dans la boue et en misant tout sur une esthétique de bidonville. Plus les arrières plans sont sales et crasseux, plus on est censé être pris aux tripes. Pari risqué.

Pas envie de rentrer dans le débat attendu et téléphoné de la fin de ''Life of Pi' ': qu'est-ce qui est vrai finalement ? Cette astuce est une vieille ficelle scénaristique (qu'on retrouve bien sûr dans le roman) et qui vise à masquer grossièrement le fait qu'on raconte en définitive toujours les mêmes histoires (ici comment survivre à papa et maman ?). La postmodernité étant passée par là, on y ajoute maintenant volontiers un effet de distanciation totalement vain : le point de vue du narrateur qui, tout en racontant son histoire, joue avec celui à qui il la raconte car ce dernier devra produire quelque chose avec (généralement un article ou un roman). Je pense que ce genre de truc figure maintenant dans tout bouquin de storytelling qui se respecte. Quant aux clichés, Lee les collectionne, à commencer par l'image du jeune homme en pleine quête existentielle qui lit du Camus. Là aussi, c'est une figure imposée du ciné us. Pour avoir l'air intello, un cinéaste doit arriver à placer un bouquin de Camus quelque part. Une seule chose est plutôt réjouissante, le personnage de Depardieu absolument abject et dont on peut difficilement s'empêcher de penser qu'il dise aussi quelque chose de la France au passage. Ici Lee se montre un peu impertinent et féroce, ailleurs il est lénifiant et franchement complaisant, il louvoie. Je lui sais gré de ne pas avoir mis en images le second scénario raconté brièvement par Pi (en gros celui des émissions de tv réalité et des survival hollywoodiens classiques) mais je n'apprécie guère l'orientation nette du spectateur dans cette version ampoulée qui, de la catastrophe, en effet, ''conduit vers Dieu''.

je poursuivrai avec l'autre film quand j'aurai le temps !


polichinelle a écrit:
JM a écrit: Je lui sais gré de ne pas avoir mis en images le second scénario raconté brièvement par Pi (en gros celui des émissions de tv réalité et des survival hollywoodiens classiques)


AH oui, il y a un truc qui m'avait étonné dans ce film, c'est qu'il n'est jamais question de la copine de Pi lors de sa survie sur le radeau. Généralement on a toujours le droit à ce genre de chose, l'homme qui se bat pour survivre pour retrouver sa femme à la fin. Ici non, pas du tout. On retrouve juste son amie qui est devenue sa femme à la toute fin, pour le happy end gnangnan. On pense aussi un peu à elle dans la forêt, lorsqu'il trouve la fleur (qui ressemble à une fleur de lotus) avec la dent dedans... d'une manière générale, le film se joue plutôt du côté masculin, mâle : c'est le père et les hommes qui ont toujours le dernier mot, qui nomment, qui décident. Je crois pas qu'on sache si le tigre est mâle ou femelle mais le symbolisme penche plutôt du côté mâle.

Ton message est bien placé ici JM car derrière cette histoire, il y a une histoire de cannibalisme (celle que tu voulais pas voir à l'écran). Ca peut quand même être intéressant de se demander pourquoi cette histoire doit avoir un pendant, un cache, imaginaire qui cartonne en livre puis en film dans le monde entier. D'autant que le film (je sais pas le bouquin que j'ai pas lu) promulgue le végétarisme, un peu comme il est à la mode aux usa de faire des films anti-tabac (c'est à dire avec une bonne dose d'opportunisme et de conformisme), c'est quand même très bizarre, non ? Comment passe-t-on d'une sordide histoire de cannibalisme, visiblement très intéressante sur le plan judiciaire, à une odyssée new age prônant le végétarisme et dissertant sur les relations amicales ou non entre hommes et animaux ? La réponse entendue des deux personnages à la fin est carrément affligeante : c'est parce que c'est plus divertissant et que c'est la voie de Dieu !!!


JM a écrit:J'ai lu un peu les textes positifs qu'on trouve à propos du film sur internet, il y a grosso modo deux points de vue par rapport au film de Lee :

- ceux qui s'intéressent à la technologie (le numérique et la 3D).

- ceux qui s'intéressent à la fable philosophique.

C'est pas inintéressant, l'un comme l'autre discours analysent leur sujet de manière très froide. C'est certainement ce à quoi on peut s'attendre (de mieux) à l'avenir dans le domaine de la réception critique de grosses machines comme celle-ci. On s'approprie, on discute les enjeux technologiques d'un côté, philosophiques de l'autre après les avoir digérés. Il n'est pas vraiment question ici de trouver son plaisir (surtout qu'en général les considérations propres au premier point soulignent toute la laideur du dispositif analysé), la machine spectaculaire est prise dans le dos (encore faut-il ne pas trop jouer les ravis de la crèche !). De ces deux points de vue là, Hollywood donne certainement beaucoup plus à penser que n'importe quelle autre cinématographie du monde, il compense dans ce domaine ce qu'il a perdu d'hégémonie en terme d'histoires et de mise en scène.

Polichinelle, il me semble que dans ''Life of Pi'', les vrais enjeux sont toujours un peu déplacés, c'est pour ca que je disais au-dessus que Lee louvoie. Par exemple le végétarianisme n'est jamais directement sujet d'enjeu pour le personnage. Il est posé d'emblée chez le garcon et sa famille comme une pratique traditionnelle à respecter. Au début, Pi adulte demande au journaliste canadien si cela le dérange que le repas soit végétarien, l'autre dit non. Encore une fois tout se passe ici dans un relatif consensus. Faut que j'en dise plus que la dernière fois sur le personnage de Depardieu qui est central puisque c'est le seul à remettre en cause de végétarianisme de la famille, et qu'il est, dans la seconde version, celui qui se livre au meurtre à des fins de cannibalisme. Tout cela est donc particulièrement caricatural (et à l'image du reste du film) et assez malhonnête : il s'agit de rassembler, dans la figure du méchant cuisinier, l'intolérant carnivore, le meurtrier, le cannibale.

Si les hommes peuvent devenir végétariens, les animaux carnivores, eux, ne le peuvent pas. Que vaut une telle affirmation ? C'est pourtant tout le sens de ce plan très court (c'est dans ce genre de plans, insérés dans des machines énormes, que l'on peut souvent déduire beaucoup de choses) dans lequel on voit Pi sourire et hocher la tête amusé et compatissant lorsqu'il regarde le tigre bouffer quelques lémuriens en arrivant sur l'île qui en est pleine. Par contre, la végétation d'une île entière peut devenir carnivore. Ceci n'est après tout pas totalement absurde ou imaginaire, mais pourquoi faut-il alors se fendre d'un justificatif qui lui l'est assez (l'histoire de la dent de l'aventurier) ? Encore des éléments qui donnent l'impression que tout est déplacé, décalé, non pour mieux saisir les enjeux dans les écarts mais pour les esquiver purement et simplement.
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Re: Ang Lee - Anguille et couleuvre

Messagepar JM » Mer 23 Oct 2013 17:58

Retrouvé mes notes sur ''Hotel Woodstock'', c'était à l'époque de la mode des apéros FB si ça vous rappelle qqch :

Hello,

Plusieurs choses, des points d'accord (tout le monde s'appelle pas JH et être seulement éclaireur plutôt que suiveur !) et de désaccord avec tout ce qui a déjà été dit avant sur ce film.

Sur la mère, d'abord. J'ai du mal à voir comment on peut suspecter Lee d'être réactionnaire avec la fin qu'il propose. Il s'agit pas vraiment de vanter le cocon familial contre la manière de vivre des hippies. Eventuellement on peut dire qu'il croque les parents comme des gens pas forcément agréables à vivre (surtout la mère), parfois réactionnaires, mais bon justement le fils souhaite échapper à ça et il y parvient (même si avec l'accord du père), et ceci sans rejoindre forcément une vie "conventionnelle", on sait pas trop, même si les préparatifs du mec avant de partir font sourire (je fais ma petite valise pour aller vivre avec mes copains les hippies, faut surtout pas que j'oublie mon slip ou mes chaussettes)...

Je crois que le "malaise" que ressent Eyquem devant le film est essentiellement lié au fils qui semble projeté dans tout ça sans vraiment y comprendre grand-chose. Ceci produit est décalage tout du long entre le personnage (qui n'a jamais vraiment l'air heureux chez ses parents ou avec les hippies en fait) et ce qui l'entoure dont il est à l'origine, un air d'y être mais de pas vraiment y toucher (un peu comme le mec américain de "Dreamers" de Bertolucci, d'ailleurs je crois qu'il a été dit pour les deux personnages qu'il s'agissait plus ou moins d'alter-ego des cinéastes. Si on peut "comprendre" le point de vue de Bertolucci qui a vécu le truc, en revanche on voit mal ce que le point de vue d'AL, à rebours, apporte, surtout si c'est pour qu'on se rende compte à la fin qu'il n'a pas vraiment de point de vue et pas grand-chose à raconter). On oublie presque que le mec est artiste dans son autre vie à NY au bout d'une demie heure de film, par contre il est rabattu sur son côté un peu plouc introverti.

Sur le plan de la "représentation historique" le film est nul, avance avec ses gros sabots, mais on peut pas être étonné, c'était déjà largement le cas avec "Lust & Caution". Les actualités à travers le poste de tv franchement on a déjà vu plus intéressant comme idée. J'ai aussi été choqué par le plan avec le portrait de Mao, pas parce qu'il y a ce plan (qui ne pourrait être qu'un détail dans la grande reconstitution globale), mais parce que c'est Ang Lee, qui est chinois, qui le tourne. Et ce plan est quasiment anodin, comme si (et c'est probablement le cas), AL n'avait absolument rien à nous dire sur la Chine de Mao, comme si il préférait la reconstitution sagement ripolinée de Woodstock quand il est pépère aux USA pour tourner. Il faut mettre ça en perspective avec "Lust & Caution", pourquoi le cinéaste va-t-il en Chine faire un film comme ça ? Très certainement pour faire de la provocation à moindre frais (le cul ça marche toujours bien), là il est bien proche du mec du film qui va organiser le festival dans son patelin en provoquant (quoique ici apparemment inconsciemment) la colère des réacs. AL est inattaquable, il a bien lancé sa "bombe", mais si on étudie le schéma de celle-ci, on se rend compte que c'est du travail de guignol (et surtout que politiquement ça vaut absolument rien).

On retrouve la même facilité misérable dans "Une jeunesse chinoise" de Lou Ye, dans la partie qui se passe à Berlin. Une chinoise expatriée après Tienanmen regarde un cortège de manifestants gauchistes et le cinéaste se regarde les filmer sans savoir quoi en faire alors qu'il y aurait un tas de chose à penser, à proposer (pour qui aurait un minimum d'intérêt pour le montage) mais non, c'est la plus grande inertie qui gagne.

Le transcendantalisme moi je veux bien mais là franchement j'ai pas l'impression du tout que ça soit le sujet du film d'AL. Tout ce qui touche de près ou de loin à cette idée est ramené à quelques clichés éculés : le nudisme, les zolies fleurs avec des zabeilles qui bourdonnent dedans, les bains de boue (qu'il transforme d'ailleurs ici pour la petite histoire en rituel de terroir quand les deux copains d'enfance se roulent dedans parce que c'est "leur" colline)...

Sur l'évocation de l'armée américaine comme ayant participé au truc, je trouve que c'est quand même pas très clair, et surtout je crois que ça pose aucun problème à AL. Si il fout à un endroit un hélicoptère de l'armée qui évacue des "victimes" du truc, c'est parce que, réellement le truc ressemble à un champ de bataille (cf le dernier plan où on voit toute l'étendue du "sinistre" après la fête, la terre retournée, le drapeau américain..). Je pense pas que AL se pose une fois la question de savoir si c'est naturel ou pas que l'armée soit là, il est juste dans son trip de reconstitution. Et puisqu'on parle de reconstitution, la remarque de Borges à propos d'un film d'époque que AL reprendrait pour en faire rien de mieux, ça me fait tout à fait penser à ce que j'ai ressenti devant le "Pollock" de Ed Harris, c'est la même idée. En somme, avant de se lancer dans un film à partir de documents d'époque, il faudrait toujours être sûr qu'on va pouvoir "faire mieux", ou "autre chose", au niveau de ce qui peut passer par les images. Ici AL n'a rien trouvé de mieux à nous refiler qu'un petit mélodrame bien commun, commençant avec des filtres kitch et se terminant dans la boue (c'est comme le gâteau : servez-vous il y en aura pour "tout le monde").

Quel lien avec les apéros Facebook géants d'aujourd'hui ?


Les autres textes avec lesquels ça dialogue vaguement sont .
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Re: Ang Lee - Anguille et couleuvre

Messagepar Sword7 » Dim 27 Oct 2013 16:39

Ouais, tout ça se rejoint un peu... 8-)
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Re: Ang Lee - Anguille et couleuvre

Messagepar Sword7 » Ven 29 Mai 2015 07:26

Sword7 a écrit:Je suis allé marcher à Huangshan la semaine dernière. Il s'agit des célèbres (et sublimes) montagnes de l'Anhui où Ang Lee a tourné une partie de "Tigre et Dragon". Notamment la scène de la chute d'eau, avec Zhang Ziyi qui saute pour récupérer l'épée. Aucune scène de la fin du film n'est vraiment tournée à Wudangshan. C'est un détail, mais si on suit l'itinéraire de tournage et qu'on en fait celui des personnages de l'histoire, leur parcours n'est pas très cohérent (la bataille dans les bambous qui suit est tournée dans le Zhejiang, très loin de Huangshan et surtout plus à l'est, alors que les personnages sont censés se diriger vers l'ouest).


C'est aussi le cas avec le dernier film de la légende Liu Chia-liang, "Drunken Monkey" (et sans doute beaucoup d'autres). Quelques années avant sa mort, en 2002, il a fait un dernier wuxia. C'est censé entièrement se passer dans le sud, mais en réalité il y a des éléments tournés à Guilin, d'autres dans les nouveaux territoires de HK, et d'autres encore dans un ancien village d'eau de la région de Shanghai. A l'image des corps sous les coups de sabre, c'est toute la géographie chinoise qui est dans le film découpée (puis recomposée au montage) ! Et les spectateurs, qui avant regardaient des actions se déployant généralement dans des décors de carton-pâte flambant neufs, deviennent voyageurs pouvant découvrir en restant dans leur fauteuil les différents sites touristiques AAAAA de la RPC. :D
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Re: Ang Lee - Anguille et couleuvre

Messagepar JM » Sam 5 Mar 2016 08:56

La suite de "Tigre et dragon" vient de sortir directement sur Internet, c'est signé du cinéaste et chorégraphe Yuen Woo-Ping (qui avait déjà bossé sur le premier d'Ang Lee). C'est pas trop nul, notamment grâce à un jeune duo d'acteurs vraiment pas formidable mais qui a des personnages assez intéressants à jouer, les seconds couteaux aussi sont assez attachants bien que tout cela reste trop survolé (comme les effets spéciaux, avec de grosses ficelles scénaristiques...). Michelle Yeoh fait aussi le boulot pour recoller les morceaux avec le premier, comme c'est je crois la seule à rester du précédent épisode, et Donnie Yen est un honnête remplaçant de Chow Yun Fat.

On sent que le cinéaste essaye de jouer sur les traces du succès du précédent (scène de nuit avec vol au dessus des toits imposée...), et même si le premier puisait aussi dans le numérique pour ses effets et ses décors, le film de Yuen Woo-Ping va souvent trop loin de ce côté-là (notamment avec un traitement numérisé des lumières artificiel et absolument hideux dès les premières images du film - on peut comparé avec le fantastique rendu réaliste des paysages à la DV du dernier film de HHH).
JM
 


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