les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar casseur » Ven 20 Déc 2013 18:44

Luc a écrit:Le biopic sur Hannah Arendt. Qui ne connait rien de la pensée d'Arendt, ne se souviendra après le film que d'une femme qui fumait beaucoup de cigarettes.


:lol:

Je suis pas allé jusqu'au bout. Les passages-souvenir avec Heidegger sont gratinés aussi !
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Notebad » Lun 13 Jan 2014 08:36

Une comédie totalement nulle et conne de cette année avec Garcia et Youn : "Vive la France". On pourrait comparer avec "La fille du juillet" (une descente, contre une remontée).

Tout (se) repose sur des stéréotypes. Sous prétexte qu'on use de stéréotypes sur la France et les français, on se permet d'user de stéréotypes sur les étrangers (c'est aussi la grossière méthode de Sacha Baron Cohen aux usa), et vice-versa. Rien ne vient dépasser ce ramassis rance d'images déjà préfabriquées dans toutes les têtes, au contraire le film s'y repaît avec la plus vile, la plus molle et la plus sinistre complaisance.
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Chantal » Dim 2 Fév 2014 16:00

J'en suis pas revenue de la nullité de "Tip Top" ! Pas ri ni souri une seule fois, le dandysme tête-à-claque de Bozon est insupportable et moche : private-jokes, acteur/trices ombres d'eux/elles-mêmes (pour être bien sûr qu'ils ne volent pas la vedette au cinéaste), et "regardez comme je me moque bien de mon histoire" (mais qu'a-t-il d'autre à nous proposer à la place ? rien), et "regardez comme je fais du politique sans (trop) en faire"...

Certains rapprochent ce film de "La fille du 14 juillet", c'est une aberration. Le film de Peretjatko, malgré ses nombreux emprunts, est généreux et vivant. Celui de Bozon est étriqué et baigné dans le formol. Un comble, pour un film qui se veut barré !
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Notebad » Dim 2 Fév 2014 20:21

Chantal a écrit:J'en suis pas revenue de la nullité de "Tip Top" ! Pas ri ni souri une seule fois, le dandysme tête-à-claque de Bozon est insupportable et moche : private-jokes, acteur/trices ombres d'eux/elles-mêmes (pour être bien sûr qu'ils ne volent pas la vedette au cinéaste), et "regardez comme je me moque bien de mon histoire" (mais qu'a-t-il d'autre à nous proposer à la place ? rien), et "regardez comme je fais du politique sans (trop) en faire"...

Certains rapprochent ce film de "La fille du 14 juillet", c'est une aberration. Le film de Peretjatko, malgré ses nombreux emprunts, est généreux et vivant. Celui de Bozon est étriqué et baigné dans le formol. Un comble, pour un film qui se veut barré !


j'ai revu "La France" récemment, le film m'avait plu à l'époque mais à la revoyure j'ai été moins emballé, ça supporte difficilement deux visions, tout passe dès la première je trouve. C'est trop traînant, il y a quelques bons moments de cinéma mais franchement rares (la disparition de la fille dans la clairière au clair de lune, le passage en radeau à côté de la guerre..). Le rapport des soldats, des femmes, à l'écriture est intéressant, mais c'est un comble les scènes autour de ça empèsent souvent le film plutôt que de l'alléger.
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar cornichon » Mar 4 Fév 2014 10:10

Chantal a écrit:J'en suis pas revenue de la nullité de "Tip Top" ! Pas ri ni souri une seule fois, le dandysme tête-à-claque de Bozon est insupportable et moche : private-jokes, acteur/trices ombres d'eux/elles-mêmes (pour être bien sûr qu'ils ne volent pas la vedette au cinéaste), et "regardez comme je me moque bien de mon histoire" (mais qu'a-t-il d'autre à nous proposer à la place ? rien), et "regardez comme je fais du politique sans (trop) en faire"...

Certains rapprochent ce film de "La fille du 14 juillet", c'est une aberration. Le film de Peretjatko, malgré ses nombreux emprunts, est généreux et vivant. Celui de Bozon est étriqué et baigné dans le formol. Un comble, pour un film qui se veut barré !


Je suis le seul à avoir trouvé de très mauvais goût son "incursion" dans "une communauté algérienne lilloise" (comme on lit ailleurs - sic) ? Ce côté "tape dans le dos" et faussement potache m'a fait grincer des dents plus d'une fois.

Pour rigoler, vraiment cette fois, la critique d'Independencia :

6.2

C’est, paraît-il, à l’insistance de Pierre Rissient – mac-mahonien de la première heure et introducteur de Scorsese, de Coppola, de Tarantino à Cannes – que l’on doit la projection de Tip Top de Serge Bozon. Le film mérite d’être vu. Son comique n’est pas sans défauts mais possède un style qui lui est propre, ou du moins, si Bozon reprend volontiers le rythme d’un Jacques Tati ou d’un Wes Anderson, il compose dessus sa propre variation.

Celle-ci consiste à rapprocher la comédie du cinéma de genre. Tip top est un film de robots. On repense à Je sens le beat qui monte en moi, de Yann Le Quellec, où Bozon acteur rencontrait une femme irrésistiblement activée par la musique. Cette fois, les personnages de cette enquête en terres lilloises sont autant d’automates, comiques parce que rigides, psychologiquement et physiquement. Tip top, tic tac, la mécanique à l’œuvre est celle du rire et Bozon connaît bien son métier d’horloger. La policière incarnée par Isabelle Huppert n’aime rien tant que le protocole, se baigne dans le comique de répétition avec un aplomb d’adorable machine, révèle une aptitude au gimmick insoupçonnée – et un incroyable sens du timing.


Un "style propre" qui sauverait l'ensemble, mais déjà les rapprochements avec d'autres s'accumulent... Sans compter que "comiques parce que rigides, psychologiquement et physiquement", ça doit être au moins aussi vieux que Molière, non ? Faut rappeler à nos (occasionnellement) fort sympathiques critiques que le comique de répétition est un truc difficile et périlleux à réaliser, et que dans le film de Bozon il ne s'agit pas de "comique de répétition", mais de combler un manque évident d'inspiration par des gags qui reviennent deux, trois, voire quatre fois de suite en ne faisant rire ni la première fois, ni les suivantes (la goutte de sang sur la langue, par exemple, qui enfonce déjà le clou du masochisme d'Huppert dont Bozon se repaît faisant mine de tenir là une idée géniale et originale alors qu'elle est seulement l'ombre caricaturale et grimaçante de certains de ses rôles antérieurs).

À ses côtés, Sandrine Kiberlain est cette débutante dégingandée vouée à apprendre la rigidité. Quant à François Damiens, éternel chien fou, il finit lui aussi par rejouer le vieux numéro du chauffeur de voiture qui conduit tout droit malgré ses coups de volants incessants. Mécanique et certain de faire rire, au point de nous en passer l’envie. Reste un talent évident pour la mise en scène de ces automates, et le tableau d’une société gentiment vide. Aucune profondeur, pas plus chez les personnages qu’à l’image, où les différents plans sont systématiquement écrasés. À l’échelle du film également, à plat généralisé : s’il y a bien une enquête qui progresse quelque part, le film reprend à zéro au début de chaque séquence comique, et fonctionne comme ces BD qui racontent une histoire avec la contrainte de terminer sur un gag au bas de chaque planche.


Là c'est le ponpon quand même. Le type reconnaît qu'en fait c'est pas drôle du tout, mais tout de suite il faut contrebalancer avec "un talent évident pour la mise en scène", qui est immédiatement après disqualifié par le constat que celle-ci n'a "Aucune profondeur, pas plus chez les personnages qu’à l’image, où les différents plans sont systématiquement écrasés." !? Lire une critique du film de Bozon s'apparente souvent à un tour de Grand 8 : le général nous fait toucher les cimes, quand le particulier nous plonge soudain au raz des pâquerettes, par quelques vrilles rhétoriques...

Lors de l’échange qui suit la projection, on apprend que le contexte social – une communauté algérienne lilloise – n’est pas seulement convoqué à titre de couleur locale, mais intéresse réellement le réalisateur. Le film est si léger qu’on ne l’aurait pas soupçonné. En bon dandy, Bozon avance par aphorismes, par petites répliques victimes parfois de leur trop-plein d’efficacité revendiquée, de la même manière que la mécanique de l’humour finit par tourner en rond.


http://independencia.fr/revue/spip.php?article769
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar L'âme de Couteau » Mer 5 Fév 2014 12:52

Monsieur Bozon n'est pas un dandy mais un snob, et pour ceci il mérite bien tout mon mépris.
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Notebad » Sam 1 Mar 2014 10:43

cornichon a écrit:Là c'est le ponpon quand même. Le type reconnaît qu'en fait c'est pas drôle du tout, mais tout de suite il faut contrebalancer avec "un talent évident pour la mise en scène", qui est immédiatement après disqualifié par le constat que celle-ci n'a "Aucune profondeur, pas plus chez les personnages qu’à l’image, où les différents plans sont systématiquement écrasés." !? Lire une critique du film de Bozon s'apparente souvent à un tour de Grand 8 : le général nous fait toucher les cimes, quand le particulier nous plonge soudain au raz des pâquerettes, par quelques vrilles rhétoriques...


Du même, il faut lire son papier sur "L'aventure Lego", c'est spectaculaire. Le Brunel s'est improvisé spécialiste des images de synthèse ces derniers temps, il a visiblement trouvé un créneau critique, ou dirons-nous plus gentiment, il crée lentement une véritable Oeuvre Critique autour de ce thème qui file tranquillement vers l'Ouvrage de Référence. Lui manque, malheureusement, l'esprit de synthèse. Plus je le lis, plus je me demande s'il faut pas des lunettes spéciales pour le lire et faire passer ce qu'il raconte comme âneries.
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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar JM » Mer 12 Mar 2014 15:29

''Guillaume et les garçon, à table !'' : compilation frelatée de gags déjà vus ailleurs portés par une mise en scène sans rythme et vieillotte [une fausse bonne idée (l'appel à la scène du one man show)]. L'impression de voir un film qui traîne encore dans les jupes de grand-mère, en nettoyant au passage toute excentricité dans les coins. Affreux.
JM
 

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Notebad » Mer 12 Mar 2014 19:05

JM a écrit:''Guillaume et les garçon, à table !'' : compilation frelatée de gags déjà vus ailleurs portés par une mise en scène sans rythme et vieillotte [une fausse bonne idée (l'appel à la scène du one man show)]. L'impression de voir un film qui traîne encore dans les jupes de grand-mère, en nettoyant au passage toute excentricité dans les coins. Affreux.


Quelle idée d'aller voir ce truc !?
Notebad
 

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Messagepar Chantal » Dim 16 Mar 2014 09:40

Je sais pas si c'est vraiment un nanar, mais "La bataille de Solférino" de Justine Triet m'a paru vraiment terne. Encore un film récent censé revitaliser le cinéma français (d'après la critique institutionnelle) qui fait "flop". Bien sûr, c'est moins nullissime que le Bozon par exemple, dans le sens où ça se regarde encore (dans le bon et le mauvais sens de l'expression), c'est loin d'être aussi puant, il y a deux ou trois passages intéressants (l'insert où on écoute les enfants ronfler dans leur chambre, l'impression de malaise et d'écoeurement qui se dégage d'un Macaigne noyé parmi les manifs de soutien du PS) au milieu d'une grosse mare, d'une bouillie de dialogues et de plans "pris sur le vif" assez passe-partout. Mais quand je lis ça, par exemple :

Un film euphorisant, entre fiction et documentaire, au cœur de la journée cruciale de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A la fin de la bataille, c’est le cinéma qui l’emporte.
Inrocks

"La Bataille de Solférino" pourrait très bien être un drame conjugal de plus (...). Mais Justine Triet (...) frotte son couple au réel (...). En émane une esthétique de la mise en péril, de la crise totalisée, infiltrant la grande histoire et les histoires de chambre à coucher.
Transfuge

Je peux pas m'empêcher de me marrer et d'être un tout petit peu consternée aussi. La "journée cruciale de la grande histoire" c'est donc ça aujourd'hui, en ce début de XXIème siècle, c'est l'élection de Hollande en 2012 ! Ca en dit long sur l'état d'esprit d'un certain cinéma et de la critique, dans ces conditions faut pas s'attendre à grand chose d'autre que ce petit cours d'eau bien consensuel qui se rêve torrent quoi, c'est sûr ! On encourage ces critiques à lire le bouquin de cours de Bourdieu sur l'état (qui figure, bien en vue sur une étage, en cours de film) ...
Chantal
 

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