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Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Jeu 26 Mar 2015 19:41
par Invité
casseur a écrit:
Sword7 a écrit:Ca m'a fait penser au Petit Journal de Canal+ dans l'état d'esprit, ou comment le divertissement "utile" (qui se veut utile) qui fait mine de critiquer le divertissement et l'information se vautre à son tour dans le consensus républicain, la bonne conscience humaniste ethnocentrique, la manipulation et le mensonge tant décriés et "déconstruits" chez les confrères, et tutti quanti.


tout en faisant mine de montrer du doigt la meute journalistique qui accompagne aujourd'hui chaque déplacement des politiques et le système de politique spectacle... Ils participent donc, au même titre que BFMTV, ITV ou qui sais-je, à ce même système, dont ils se servent à leur manière.


Non mais vous blaguez, comment un larbin d'une chaîne dont le patron est aussi propriétaire d'une des plus grosses chaînes d'info en continue serait en mesure de "déconstruire" ou critiquer quoi que ce soit ??? Tout juste peut-il faire de la pub pour la chaîne de sa boîte, et se moquer éventuellement gentiment de la concurrence...

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Sam 28 Mar 2015 11:44
par JM
Retour au cinoche,

JM a écrit:Le nouveau film de Satrapi qui sort je crois cette semaine, "The Voices".

Mélange mal foutu d'univers de jouet à la Wes Anderson (l'usine rose - oh là là quelle ironie !), de cynisme et d'humour noir à la frères Coen (l'imbécile heureux), de Garfield (les animaux qui "parlent"), et de ce qui est le plus rebattu dans les scénars des séries et films américains de ces 20 dernières années, à savoir l'histoire de serial killer monsieur tout-le-monde complètement timbré (mais au "profil" psychologique toujours identique : traumatisé par papa et maman).


Le type schizo qui entend des voix (la sienne, ses propres "démons"), c'est un personnage récurrent du ciné hollywoodien ces dernières années. Il vient remplacer le parano des années 60-70. Après Donnie Darko en 2001, qui s'imaginait un alter-ego diabolique dans le film du même nom, il y a aussi en ce début d'année 2015 "Birdman", qui reprend le même truc. C'est toujours la même corde qui est utilisée, ça donne vraiment envie de bailler.

Je crois qu'on peut vraiment découper le cinéma hollywoodien actuel en 3 ou 4 types de personnages et de relations reproduits à ad nauseam (et censés décrire la société américaine contemporaine au plus près, blablabla, on connait le baratin critique tout ce qu'il y a de plus complaisant qui va avec tout ça) :

- le schizo naïf (cad l'inadapté) - qui meurt généralement en fin de film (suicide ou pas), assommé par le destin fatal
- le cynique absolu (cad l'individu bien adapté à nos sociétés dominées par un capitalisme prédateur) - qui tire généralement son épingle du jeu en fin de film
- le faible et le puissant (dans une relation de domination mentale malsaine du premier par le second)
- le super-héro

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Dim 29 Mar 2015 08:14
par casseur
JM a écrit:
Le type schizo qui entend des voix (la sienne, ses propres "démons"), c'est un personnage récurrent du ciné hollywoodien ces dernières années. Il vient remplacer le parano des années 60-70. Après Donnie Darko en 2001, qui s'imaginait un alter-ego diabolique dans le film du même nom, il y a aussi en ce début d'année 2015 "Birdman", qui reprend le même truc. C'est toujours la même corde qui est utilisée, ça donne vraiment envie de bailler.

Je crois qu'on peut vraiment découper le cinéma hollywoodien actuel en 3 ou 4 types de personnages et de relations reproduits à ad nauseam (et censés décrire la société américaine contemporaine au plus près, blablabla, on connait le baratin critique tout ce qu'il y a de plus complaisant qui va avec tout ça) :

- le schizo naïf (cad l'inadapté) - qui meurt généralement en fin de film (suicide ou pas), assommé par le destin fatal
- le cynique absolu (cad l'individu bien adapté à nos sociétés dominées par un capitalisme prédateur) - qui tire généralement son épingle du jeu en fin de film
- le faible et le puissant (dans une relation de domination mentale malsaine du premier par le second)
- le super-héro


Oui, c'est ça, avec quelques exceptions, et quelques "fusions" aussi, comme par exemple le Birdman qui est deux-en-un, qui reprend le schizophrène et le super-héro...

D'autres tendances également :

- citer des écrivains, des philosophes (français, c'est un must !), pour se faire remarquer, montrer qu'on est cultivé (quitte à ce qu'un personnage les prenne de haut ou avec ironie : Proust chez Fincher, Barthes, Flaubert - retenu pour sa moquerie des critiques, sic - chez Inarritu...).

- la place très importante accordée au déterminisme. Du milliardaire de "50 Shades of grey" au sniper du film d'Eastwood en passant par le tueur en série de "The Voices", c'est la même pulsion (de mort - liée à la petite enfance) qui pousse le destin des personnages, ils sont portés par leur nature inchangeable (on se souvient de la fable du scorpion et de la grenouille dans le film de Welles, c'est exactement le schéma d'une grande partie des personnages actuels - on retrouve d'ailleurs ici le naïf et le cynique)

Image

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Sam 18 Avr 2015 06:31
par Chantal
Je suis la seule à avoir eu l'impression que l'histoire de "La famille bélier" ressemblait en partie à une resucée faisandée de l'épisode central de "Film Socialisme" ?

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Sam 18 Avr 2015 15:18
par casseur
Chantal a écrit:Je suis la seule à avoir eu l'impression que l'histoire de "La famille bélier" ressemblait en partie à une resucée faisandée de l'épisode central de "Film Socialisme" ?


Tu es surtout la seule à avoir regardé ce film ici, à mon avis ! :lol:

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Lun 20 Avr 2015 08:17
par Chantal
casseur a écrit:
Chantal a écrit:Je suis la seule à avoir eu l'impression que l'histoire de "La famille bélier" ressemblait en partie à une resucée faisandée de l'épisode central de "Film Socialisme" ?


Tu es surtout la seule à avoir regardé ce film ici, à mon avis ! :lol:


:lol:

Tu sais bien que de mon Ardèche reculée je m'intéresse particulièrement au cinéma français qui filme le monde rurale !

En fait c'est le truc sur l'élection qui me paraît proche du film de Godard et Mieville (car le segment en question était de Mieville, si je me souviens bien). Le père de famille s'inscrit sur la liste électorale locale pour devenir le nouveau maire pour lutter contre un projet industriel (ou immobilier, j'ai oublié) que le maire sortant veut valider. C'est toute la famille qui forme une liste ensemble (comme dans le film de Godard), on a aussi la TV régionale qui vient les voir chez eux et les interviewer comme dans "Film Socialisme"... C'est pareil, mais c'est différent : l'idée du père qui veut devenir maire est en fait un prétexte pour renvoyer les uns et les autres dos à dos (la réunion où il invective ses électeurs potentiels en les traitant de cons et d'égoïstes), la séquence avec les journalistes échappe en revanche à la méchanceté délibérée dont Godard fait preuve à leur égard (ils filment certes des clichés sur la vie de la famille, mais qui ne sont guère éloignés du naturalisme rural de Lartiguau lui-même !).

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Sam 16 Mai 2015 10:34
par JM
JM a écrit:Le dernier Resnais. Je sais pas quel type de vie il faut mener pour aimer ce genre de truc...

C'est étonnant comme, prétextant d'aborder la mort de manière amusée et guillerette, Resnais occulte systématiquement la maladie de ses films, la laissant totalement hors-champ : Georges qu'on ne verra jamais dans ce film, mais aussi on s'en souvient la mère malade et grabataire dans "Coeur", également laissée hors-champ. L'un implique peut-être l'autre. La mort c'est sympatoche, mais sans la maladie : discussion de vieillards en pantoufles autour d'un verre. Cinéma malade, sclérosé, mais sans malade, en un mot : clean.


"Mélo" (1986), c'est déjà un peu le même genre de truc. De l'hommage compassé au théâtre, une histoire d'adultère petite-bourgeoise... Je sais pas à partir de quel moment Resnais s'est détourné du monde, des fantômes de l'Histoire, pour filmer de petites romances individuelles qui tournent en rond comme un poisson dans un bocal. Ca remonte à loin apparemment.

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Ven 24 Juil 2015 16:10
par JM
"Vincent n'a pas d'écailles" : putain c'est quoi cette daube ! La critique presse unanimement enthousiaste devant ce petit bijou fumiste mais qui se prend terriblement au sérieux, c'est hallucinant. Certains en viennent même à louer les paysages vus dans le film pour défendre celui-ci, on marche sur la tête. Sans trop chercher je peux imaginer que ce type, pour une raison ou une autre, a ses entrées dans le petit cercle parisien...

Sur wikipédia on a l'ensemble des nominations du film, impressionnant :

Festival international du film de Saint-Sébastien 2014 : sélection « New Directors »2
Festival international du film francophone de Namur 2014 : compétition « Première œuvre de fiction »
Festival international du film de Varsovie 2014 : compétition « 1-2 »
Festival du nouveau cinéma de Montréal 2014 : section « Panorama »
Festival du film français de Bucarest 2014 : compétition
Festival tous écrans de Genève 2014 : compétition internationale de longs métrages
Festival international du film de Dubaï : sélection officielle
Festival Rendez-vous avec le Cinéma français à Rome 2015
Festival du film francophone de Vienne 2015
Festival Internacional de Cinema d'Autor de Barcelone 2015
Festival International du Film de San Francisco 2015
Festival International du Film de Jeonju 2015
Festival International du Film de Seattle 2015 : compétition New Directors
Festival International du Film de Sydney 2015: compétition officielle
Festival CineramaBC de Balneário Camboriù 2015: compétition
Festival International de Karlovy Vary 2015: Variety Critics' Choice
Festival VOICES - Vologda Independent Cinema from European Screens 2015: compétition
Festival international du film indépendant de Bordeaux 2014 : compétition longs métrages
Festival international du film de la Roche-sur-Yon 2014 : sélection « Variété »
Festival international du film d'Arras 2014 : section « Découvertes européennes »
Festival du film de Sarlat 2014 : sélection officielle
Festival international du film d'Amiens 2014
Cinessonne - Festival du cinéma européen en Essonne 2014 : compétition européenne longs métrages
Entrevues Belfort, Festival international du film 2014 : séances spéciales
Festival du film de Muret 2014
Festival du film de Vendôme 2014 : « panorama longs métrages »
Festival premiers plans d'Angers 2015 : compétition longs métrages français
Festival travelling de Rennes 2015 : séances spéciales
Festival La Ciotat Berceau du Cinéma 2015: compétition
Festival Ciné 32 "Indépendance(s) et Création, Auch 2014
Festival de Château Arnoux 2014
Festival Cinématographique d'Automne de Gardanne 2014
Festival du film de Pau 2014
Festival Drôle d'endroit pour des rencontres de Bron 2015


L'acteur-réalisateur est de tous les plans mais il n'a rien à apporter : aucune force comique, aucune capacité physique, aucune qualité d'acteur. N'est pas Tati ou Keaton qui veut (il ne suffit pas de rester stoïque pour engendrer le burlesque), il faut aussi un art de mise en scène, du rythme, dont Salvador derrière la caméra ne fait jamais preuve non plus.

Dire qu'il y a des cinéastes qui font du cinéma par nécessité artistique et qui galèrent tellement pour être produits et diffusés...

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Lun 27 Juil 2015 00:08
par casseur
Moi j'ai regardé "Le Prénom", film appartenant à l'autre extrême du cinéma français contemporain médiocre, à savoir le versant commercial qui retourne à la Qualité Française : cinéma de dialogue et du bon mot, théâtre filmé... Entre un film comme "Vincent n'a pas d'écailles" (jeune cinéma auteurisant autiste qui se complait dans sa vacuité et ses pseudo-expérimentations en se fichant des spectateurs) et "Le prénom", on balaye le spectre de ce qu'il ne faut pas faire (il manque peut-être aussi avec ça la troisième composante "naturaliste" toujours très à la mode).

Re: les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

MessagePosté: Jeu 6 Aoû 2015 14:12
par JM
C'est vraiment la tendance actuelle du cinéma d'auteur français de partir d'une intention (pas une "idée", ce gros mot) bien trop visible ("faire un film de super-héro à la française" pour le film de Salvador) et de tenir péniblement, de broder, une heure et demi autour de celle-ci, sans talent. "A trois on y va" de Bonnell, c'est pareil. L'intention : revisiter le vieux genre du vaudeville à la sauce moderne car avec un couple lesbien... Tout est prévisible quasiment dès le départ (sauf la fin qui est tellement à contre-pieds du reste qu'elle confirme l'intention de départ en cherchant in fine à la nier radicalement et de façon totalement incohérente aux yeux des spectateurs), une fois que l'intention apparaît (grosse comme un panneau de signalisation) on peut s'endormir en attendant la fin du film...