Schrader, cinéaste étriqué

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Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar Notebad » Sam 23 Nov 2013 19:18

''Patty Hearst'', Paul Schrader (1988)

C'est l'histoire vraie de l'enlèvement de la petite-fille de Randolph Hearst par un groupe révolutionnaire armé dans les années 70. Le film est plus ou moins intéressant pour sa première partie, celle de la séquestration de la fille. Schrader semble y retourner les effets utilisés par Orson Welles dans ''Citizen Kane'' afin de donner à Charles Foster Kane une dimension à la fois et géante et inquiétante, mais cette fois pour instiller la supériorité inquiétante du groupe de révolutionnaires (en particulier leur leader noir, Cinque) sur la fille en captivité. Il y a beaucoup de plongées/contre-plongées, de jeux sur les ombres, de travail sur les décors de l'appartement où Patty est séquestrée (plafonds bas, etc.). Schrader renverse brutalement le jeu représentatif de la domination et c'est comme cela qu'il montre comment Patty Hearst se retrouve finalement embrigadée avec le groupe, comme Randolph Hearst embrigadait la population et son entourage via ses médias et son comportement dans le film de Welles. Autant dire qu'un retournement aussi simpliste est pour le moins suspect observé dans le prisme du politique, il reste précisément circonscrit dans le périmètre sans issue de la dialectique du maître et de l'esclave, mais il correspond bien à ce qui intéresse au fond le cinéaste dans cette histoire : les rapports de pouvoir et de manipulation psychologique (et sexuelle) des personnages les uns sur les autres.

Il est évident, quand on regarde la suite du film plutôt molle et nulle (une fois que la fille a ''changé de camp'') que Schrader se moque totalement du groupe révolutionnaire et de ses motivations (ils sont dépeints comme une bande d'abrutis finis). La première partie ne doit pas impressionner par ses grands effets : se polarisant sur la fille Hearst (voix-off tout le long du film), le film est purement réactionnaire avec en plus, comme d'habitude, une petite pointe, un petit dépôt, de culpabilité puritaine qui traîne (''papa, maman je me sens quand même un peu coupable de ce que j'ai fait'').
Notebad
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar JM » Mer 27 Nov 2013 17:12

polichinelle a écrit:Au rayon kitch (mais pas petit malin) et nanardesque au possible, je rajoute "La Féline" de Schrader. Désolé Nastassja, tes yeux n'en sont pas moins beaux.


viewtopic.php?f=3&t=117&p=3823&hilit=schrader#p3823

Et puis un vieux texte, en partie sur "The Walker" :

ImageImage

Le dernier film en date de Paul Schrader (1), The Walker (Escort Boy), fait partie de ces films qui n'ont pas bénéficié d'une sortie en salle (en 2007) et qui sont arrivés par chez nous (du reste, pour ce film, comme aux Etats-Unis) directement en DVD. La découverte par hasard de ce DVD est une nouvelle occasion de se rendre compte que certains longs-métrages discrets, oubliés des distributeurs, existent bien plus que nombres de baudruches occupant chaque semaines les grands écrans. The Walker est une véritable réussite, un film noir dont l'envoûtement doit beaucoup à la mise en scène absolument impeccable et implacable de Paul Schrader. Nous ne reviendrons pas sur le parcours de ce cinéaste fascinant qui façonne dans son coin sans tapage médiatique des films extrêmement personnels, et ce depuis des années - il est de la génération, et a fait activement parti, de ce que l'on appelle aujourd'hui communément le Nouvel Hollywood. Même si Schrader évoque dans le bonus du DVD une filiation possible entre le personnage principal de ce film, le Travis Bickle de Taxi Driver (1976) et Julian Kay d'American Gigolo (1980), il ne s'agira pas ici de suivre cette piste de réflexion.

The Walker nous emporte, avec son personnage principal Carter Page III (Woody Harrelson, excellentissime), dans une spirale à Washington à l'image du déplacement de la caméra en début de film qui introduit les spectateurs au cœur d'un trouble monde de faux-semblants et d'ironie pince sans rire où politique et ragots font bon ménage. Trois femmes riches (jouées impeccablement par Kristin Scott Thomas, Lauren Bacall et Lily Tomlin) que nous retrouverons tout au long du film, qui en sauront bien entendu toutes plus que ce qu'elles en donnent d'abord l'air, jouent aux cartes dans un salon ovale avec Car, escort boy et ami de l'une d'elles. Par la suite, un meurtre dans lequel Car se retrouvera impliqué et enquêteur malgré lui, provoque la mise à nue progressive d'un complexe complot politique. Paul Schrader ne cède jamais à la facilité, pas un plan du film qui ne soit soigneusement pensé, avec cet art du cadre bien prononcé et cette précision dans les mouvements d'appareil qui sont la marque indubitable d'une incessante réflexion, héritée probablement de l'âge d'or des séries B et de son fameux refrain "une idée par plan". Enthousiasme, par exemple, la simple idée qu'un sobre plan fixe filmé de la vitre arrière d'une voiture pour enregistrer la discussion de deux hommes qui s'y trouvent assis peut aérer une collection rébarbative de champ/contrechamp sur les interlocuteurs et offrir un point de vue nouveau, confidentiel aux spectateurs. Le cinéaste a conscience de travailler avec des acteurs remarquables, qu'il a pu lui-même choisir, et les mets en valeur au sein de plans parfois totalement inédits. Cela sert exemplairement l'existence des personnages à l'écran.

A ce moment du texte, apparaît, certes sans doute un peu soudainement, le film de Miloš Forman, Larry Flynt, sorti en salles en 1996. Le film raconte l'histoire du créateur du magazine Hustler, et ses démêlés avec la censure et la justice étatsunienne.

Miloš Forman, en bon habitué de la réalisation de biopics (Amadeus, Man on the Moon, ..), sait parfaitement comment emmener avec lui les spectateurs deux heures durant tout en leur racontant la vie de Larry Flynt. Contrairement à Man on the Moon dont le début jouait essentiellement sur du faux rythme et des contretemps adaptés au personnage dont il racontait les frasques, il s'agit ici, entre autre, de veiller à assurer un montage extrêmement rapide au début afin d'imprimer au film un rythme qui tienne durablement en haleine les spectateurs. Si l'on ajoute à cela le fait que le scénario sait toujours aller à l'essentiel, qu'il y a un soucis du détail croustillant, que les performances des acteurs sont remarquables, et que toute vulgarité graveleuse (pour un sujet qui s'y prêtait) est soigneusement évitée, on peut dire que le film est une vraie réussite.

Un symbole navigue d'un film à l'autre, il s'agit du drapeau des Etats-Unis, entre autre épinglé sur les vestons des deux personnages interprétés par Woody Harrison. Si Forman s'accroche à Larry Flynt comme étant l'illustration exemplaire des principes vitaux et fondateurs de la liberté d'opinion qu'offrent les Etats-Unis (et à son avocat comme représentant de sa légitimité juridique), Schrader, certainement plus pessimiste, vise avec le personnage de Carter Page III à suggérer tout l'inverse : que l'"élite" du pays est toute entière livrée aux mensonges et aux escrocs qui le dirigent et que lutter contre cette corruption généralisée est sans issue. Voici donc deux manières bien différentes de porter le drapeau. L'une est finalement assez patriotique, celle de Larry Flynt, elle consiste à en faire fièrement l'étendard d'une des valeurs fondamentales du pays, la liberté d'expres​sion(même si l'on est un clown qui n'a finalement pas grand-chose d'important à révéler), l'autre, est celle de Carter Page III, plutôt ironique, consistant à assumer malgré soi (le port de ce pin's lui est d'ailleurs recommandée par son avocat pour aller au tribunal) de renvoyer du revers de son col de veste impeccable l'image honteuse d'un pays dont on ne porte aucune fierté. Les deux films ont pour personnages principaux des hommes marqués par un père terrifiant se tenant dans l'ombre de leurs progénitures et dont celles-ci ne parviennent pas à se débarrasser. Ces figures paternelles incarnent l'oppression patriarcale qui règne sous la bannière étoilée, et les deux personnages principaux de The Walker et Larry Flynt, les dérives sexuelles parfois nécessaires pour la contourner.

On ne s'étonnera pas que Forman ai choisi de réaliser un tel film sous l'administration Clinton, période de "détente" propice (contrairement à la suivante) à ce type de pamphlet progressiste relaxe hollywoodien. Période aussi où la réalité rattrapait, au-delà de toute espérance, les fictions pornos fantasmées de Larry Flynt. De son côté, Schrader explique que le scénario de The Walker a été écrit lorsque William Clinton était président à la fin des années 90 mais que durant le tournage du film il y a trois ans, il ne pouvait pas passer sous silence l'état de son pays à cette époque. C'est ainsi que le cinéaste se trouve in extremis embarqué politiquement tandis qu'il avait évolué sans tenir compte des contingences politiques lors de l'élaboration du scénario.

Forman filme sans recul les provocations de Larry Flynt, le sommet est certainement atteint lors de cette scène où l'on voit Flynt se la jouer Christ en croix devant un écran portant les couleurs du drapeau des USA et sur lequel se projette un ignoble montage de scènes pornographiques et de films de guerres censé l'auto-disculper de sa démarche à la rédaction du magazine Hustler. Avec ce type de rhétorique simpliste ("qu'est ce qui est le plus obsène, est-ce le sexe ou la guerre ?"), Flynt ne peut prêcher que pour les convaincus ou devant un faux public (ce qui est sans doute le cas puisque l'on apprend ensuite que c'est lui-même qui paye le lobby anti-censure qui organise le meeting). Cette séquence centrale du film semble moins viser à attirer la sympathie des spectateurs du film pour la "cause" de Larry Flynt, qu'à approuver la position de son avocat et ami (alter-ego du cinéaste ?), plus compatissant pour la bonne cause (la liberté d'expression) que réellement convaincu par le discours qui sous-tend les pitreries outrancières de son client. C'est finalement avec ses plaisanteries qui semblent le moins vouloir se forclore dans un discours sérieux, lorsqu'il assume vraiment son rôle d'amuseur public, que le Larry Flynt de Forman gagne réellement la sympathie des spectateurs ; grâce à une blague inscrite discrètement sur un T-Shirt au tribunal, plutôt que lors d'un méga-show pompeux, qui rebute plutôt, là où il devrait fasciner.

A l'opposé, le personnage interprété par le même Woody Harrelson dans The Walker a horreur de faire des vagues, il souhaite se tenir autant que possible à l'écart de la politique, jusqu'au jour où il s'y trouve embarqué malgré lui. Mais la fin du film reconduit la "passivité" du personnage, ce qu'il a vécu n'est que la confirmation de ce qui couvait en lui depuis longtemps déjà, depuis deux générations de Page : l'ascension politique est inséparable de la corruption. L'enquête de Car le conduit dans une situation où il se trouve confronté au dilemme suivant : devoir être soit déloyal, soit malhonnête. Que lui conseillera l'homme politique avec lequel il s'entretient alors ? "Look at the big picture", lui dit-il. Et dans le camp d'en face, Car va l'apprendre à ses dépends que peu importe la manière, ce qui compte c'est de proposer au peuple ce qu'il serait supposé attendre :"a good american story".

Iconoclaste ou bien discret, les deux personnages finissent dans ses deux films de la même manière : en marge du monde qu'il ont longtemps arpenté. Larry Flynt semble voué, à la fin du film, à se repasser inlassablement les vidéos de sa femme prédicatrice en vieillissant avachie dans son lit. Carter, qui voit les portes des arcanes de Washington se refermer (2), va probablement retrouver Emek, son ami artiste, à Greenwich Village. Mais comme il le lui avait dit auparavant en le lui reprochant : "parader main dans la main à Greenwish Village, c'est ridicule".

Carter Page III et Schrader paraissent avoir une conscience aigu des évènements qui les entourent. Il ne fait aucun doute que CP III, malgré son jeu glacé qui lui donne au début cet air absolument "superficiel mais non-naïf" (comme il se définit lui-même), réalise parfaitement à quel moment il est en train de se faire manipuler, quand - n'ayons pas peur des jeux de mots - on fait marcher le "Walker". On retrouve ici une des figures classiques du Film Noir d'après-guerre : le type qui a conscience qu'il est en train de se jeter à cent à l'heure dans le précipice mais qui y va quand même, par curiosité et fascination de ce dont est capable le genre humain. C'est la même fascination qui semble animer le travail artistique d'Emek et son projet de reprise, de "retouche" numérique des photographies honteuses d'Irakiens torturés par des soldats étatsuniens dans la prison d'Abu Ghraib qu'il compte exposer au grand jour. Cette fascination s'accompagne d'une identification probable de l'artiste à ces victimes, le renvoyant violemment à ses origines arabes tout comme l'insulte raciste de son agresseur ailleurs dans le film. Le magnifique baiser (qui donnera son nom - the kiss - à l'œuvre de l'artiste qu'il concevait à ce moment-là) entre les deux homosexuels, de part et d'autre d'un grillage dans l'appartement d'Emek, est un moment intime et politique. Les deux hommes, séparés par un grillage, s'embrassent à travers un espace laissé dans celui-ci. Bien plus que le montage racoleur de Larry Flynt projeté à son meeting, la mise en scène de ce simple geste symbolise l'amour tentant de s'extirper de la guerre et de l'oppression.

Quant à Larry Flynt, son affaire est loin, bien sûr, d'être irrécupérable, comme le montre l'épisode de son saut dans le porno-pieux au tournant des années 70 sous l'influence de la soeur du président démocrate Jimmy Carter. S'il réussi à se "relever" brillamment, avec force provocations, de la tentative d'assassinat qui le laissera estropié pour le restant de ses jours, la victoire de son avocat plaidant sa cause devant la Court Suprême semble en revanche lui porter un coup fatal. Elle lui reflète que l'illimitation du possible de ses provocations futures ne pourra en aucune manière être perçu comme officiellement subversif, voire dangereux. La décision bienveillante des juges aura cassé la malveillance des provocations de Larry Flynt en les renvoyant à se qu'elles sont effectivement : de simples enfantillages qu'il serait malvenu de condamner trop sévèrement. Larry Flynt pourra, à l'avenir, couler des jours heureux en bon patron suivant de loin son business, sans inquiéter qui que se soit avec même la bénédiction de la justice des Etats-Unis. S'en rend-t-il vraiment compte lorsqu'il accepte pour la première fois de laisser son avocat le défendre devant la Court Suprême ? Un plan insistant sur son regard à ce moment précis laisse penser qu'il comprend que quelque chose est en train de se terminer. Il est clair cependant que, pour Forman, le personnage semble ne plus avoir beaucoup d'importance à partir de la mort de sa femme et de la victoire de son avocat devant la Court Suprême, le spectateur se surprendra même à découvrir qu'il est encore vivant aujourd'hui (3) lors de l'habituel défilé final des destins des différents personnages principaux du biopic.

(1) Il a toutefois réalisé un nouveau film en 2008, Adam Resurrected, adapté d'un livre qui raconte l'histoire d'un survivant des camps de concentration dans un asile psychiatrique en Israël. Le film, qui a déjà visité plusieurs festivals internationaux, est sorti en Allemagne le 22 Janvier 2009 (source Wikipedia). Ce film sortira en salles en France le 10 Février 2010 (source Allociné).

(2) A l'image du dernier plan glacial où Lynn le quitte après qu'il lui ait apporté une photo à laquelle elle tenait, pour rejoindre le salon ovale du début et dont elle referme la porte sans se retourner.

(3) Larry Flynt s'est récemment distingué pendant la campagne présidentielle en sortant Who's Nailin' Paylin, un film pornographique mettant en scène les différentes personnalités du camp républicain, et en réclamant une aide financière de cinq milliards de dollars à l'Etat pour l'industrie du porno qui risque de subir les conséquences de la crise économique comme l'industrie automobile. Il a déclaré au Congrès des Etats-Unis : "C'est très mauvais pour la santé du pays. Les Américains peuvent se débrouiller sans voitures mais pas sans sexe, il faut relancer l'appétit sexuel des Américains".
JM
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar JM » Mer 27 Nov 2013 17:23

Et aussi deux trois notes sur "American Gigolo'' retrouvées dans un fond de tiroir :

Remake de "Pickpocket" de Bresson où le vol d'argent est remplacé par la baise. Vulgarisation donc, puisqu'il est de notoriété publique que les sous-entendus d'ordre sexuel étaient omniprésents dans le film de Bresson mais plutôt du côté de l'onanisme (lecture de Douchet, entre autre). "Tu me connais entièrement si je te fais l'amour", dit gentiment Gere à la femme qu'il aime. Puis, elle lui dit, "je ne veux pas faire l'amour avec toi car c'est ton métier". Il lui répond "d'accord". Elle lui révèle plus tard que ça n'était pas vrai, elle a toujours envie de baiser avec lui… ça ne va pas bien plus loin, en somme. On retrouve le zoom arrière sur Gere assis, lorsqu'il est au fond du trou et vient de tuer le proxénète, quasiment à l'identique à la fin de Taxi Driver lorsque De Niro vient de perpétrer son massacre. C'est le travelling puritain, qui laisse l'homme au point de non-retour, seul avec la punition du destin et les spectateurs qui le jugent. Là où Bresson redoublait d'images des ''forfais'' de Michel, volant, ou s'entraînant à voler, Schrader ne filme aucune scène de sexe. Le tabou puritain est là, dans le geste même du cinéaste. A noter que Schrader a réalisé "The Walker" il y a quelques années qui est quasiment un remake de son propre film.
 
JM
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar Sword7 » Jeu 28 Nov 2013 09:31

JM a écrit:On retrouve le zoom arrière sur Gere assis, lorsqu'il est au fond du trou et vient de tuer le proxénète, quasiment à l'identique à la fin de Taxi Driver lorsque De Niro vient de perpétrer son massacre. C'est le travelling puritain, qui laisse l'homme au point de non-retour, seul avec la punition du destin et les spectateurs qui le jugent.


Salut JM,

Tu es sûr que c'est un dézoomage dans "Taxi Driver" ?? Je sais pas pourquoi j'aurais dit qu'il s'agissait d'un zoom. A vérifier.
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Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar Notebad » Jeu 28 Nov 2013 17:28

Merci pour tous ces textes ! Pas encore tout lu.

Pour en revenir à "Patty Hearst", je me demande si Schrader croit pas à un moment donné, avec ses grosses moufles, qu'il fait un truc proche de "La Chinoise" de Godard. Une fois que le soufflé retombe, qu'on comprend qu'il n'en a rien à foutre du groupe de révolutionnaires et que seule l'intéresse, comme l'indique le titre, l'évolution de la fille Hearst.
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Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar polichinelle » Sam 30 Nov 2013 17:34

Schrader est vraiment sorti des radars de la critique française, et de ceux des spectateurs encore plus. Depuis des années, quasiment plus personne ne parle de ses nouveaux films en France, et ils ne sortent même plus en salle.

Bizarrement un type comme Ferrara, qui fait pas des films mieux que Schrader ou moins rances, loin de là, continu, lui, d'être très soutenu dans sa petite entreprise par un certain microcosme parisien (Capricci, les Cahiers, etc.).
polichinelle
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar JM » Lun 2 Déc 2013 18:51

Sword7 a écrit:
JM a écrit:On retrouve le zoom arrière sur Gere assis, lorsqu'il est au fond du trou et vient de tuer le proxénète, quasiment à l'identique à la fin de Taxi Driver lorsque De Niro vient de perpétrer son massacre. C'est le travelling puritain, qui laisse l'homme au point de non-retour, seul avec la punition du destin et les spectateurs qui le jugent.


Salut JM,

Tu es sûr que c'est un dézoomage dans "Taxi Driver" ?? Je sais pas pourquoi j'aurais dit qu'il s'agissait d'un zoom. A vérifier.


Non, non, pas de travelling optique à la fin de ''Taxi Driver'' Sword7, ni dans un sens ni dans l'autre, mais un long mouvement en travelling arrière qui va de Bickle tenu en joue par les flics (après le gros plan visage) jusqu'à la rue, en passant par la scène ensanglantée de son carnage dans le couloir. Je dirais pas que je connais ce film par coeur, mais enfin presque.

C'est aussi bien la punition qu'il inflige à l'autre que celle qu'il s'inflige à lui-même, évidemment.
JM
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar Notebad » Ven 6 Déc 2013 12:15

Bon, je vais préparer un texte plus complet sur le film, et plus largement sur Schrader.
Notebad
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar pic » Lun 9 Déc 2013 17:08

Notebad a écrit:Pour en revenir à "Patty Hearst", je me demande si Schrader croit pas à un moment donné, avec ses grosses moufles, qu'il fait un truc proche de "La Chinoise" de Godard.


et alors c'est mieux ou moins bien?
pic
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar pic » Lun 9 Déc 2013 17:12

j'ai jamais compris le cours de léaud sur lumière et méliès dans ce film. les lumière auraient fait de la fantasmagorie parce que les sujets de leurs vues étaient proches des impressionnistes et méliès du documentaire parce qu'il a fait quelques actualités reconstituées que personne connait ? ca tient pas debout du tout, faut laisser la provoc au vestiaire quand on fait de l'analyse objective, élève godard.
pic
 

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