Schrader, cinéaste étriqué

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Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar scienezma » Jeu 26 Déc 2013 11:00

Notebad a écrit:Bon, je vais préparer un texte plus complet sur le film, et plus largement sur Schrader.


C'est en ligne Notebad ! Je vais me coucher !
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Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar JM » Ven 31 Jan 2014 10:26

polichinelle a écrit:Schrader est vraiment sorti des radars de la critique française, et de ceux des spectateurs encore plus. Depuis des années, quasiment plus personne ne parle de ses nouveaux films en France, et ils ne sortent même plus en salle.

Bizarrement un type comme Ferrara, qui fait pas des films mieux que Schrader ou moins rances, loin de là, continu, lui, d'être très soutenu dans sa petite entreprise par un certain microcosme parisien (Capricci, les Cahiers, etc.).


Dans son dernier film "The Canyons", Schrader fait un peu son Ferrara (façon "Go Go Tales"), il laisse filtrer un regard désabusé sur le cinéma à travers une succession de plans fixes sur des salles de ciné de LA désaffectées. Beaucoup plus grave, il semble avoir ici soudain renoncé à toute prétention cinématographique. Tout est atrocement laid, les "acteurs" lamentables, le scénario écrit à la truelle... Et c'est uniquement à cela dans le film, à cette nullité artistique du travail de Schrader, que se rattache ces images de salles de cinéma abandonnées, le scénario en lui-même quoique étant lié à Hollywood (mais gravitant plutôt du côté de la série Z, un milieu où se sont côtoyés de tous temps le moins bon et le pire) ne traite pas de près ou de loin de cette thématique de la mort du cinéma. Cette thématique agit sur le film exactement à la manière des propos du personnage de Lindsay Lohan qui dit à la productrice laisser tomber le tournage d'un film pour lequel elle s'était engagée parce qu'elle n'est plus intéressée par le cinéma et ne voit plus de films intéressants en salle ces derniers temps, alors que ceci n'est qu'un grossier prétexte pour ne pas lui avouer qu'elle quitte le tournage parce que l'acteur avec qui elle devrait jouer est son amant et le nouveau petit ami de la productrice. Le côté kitch, film de troisième zone, pourrait au moins être sauvé si justement Schrader était plus sincère et ne cherchait pas lui-même à le disqualifier en posant un peu lâchement ses peaux de bananes sur la mort du cinéma afin de tenter de le faire glisser.
JM
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar JM » Dim 11 Mai 2014 20:13

pic a écrit:j'ai jamais compris le cours de léaud sur lumière et méliès dans ce film. les lumière auraient fait de la fantasmagorie parce que les sujets de leurs vues étaient proches des impressionnistes et méliès du documentaire parce qu'il a fait quelques actualités reconstituées que personne connait ? ca tient pas debout du tout, faut laisser la provoc au vestiaire quand on fait de l'analyse objective, élève godard.


Apparemment ça vient de Langlois. Léaud dit qu'il est allé à la cinémathèque voir les films de Méliès et Lumière dans La Chinoise, mais il existe des enregistrements dans lesquels on entend Langlois faire lui-même le parallèle entre les vues Lumière et l'impressionnisme. Si ça peut tenir la route pour certains thèmes abordés, pour le reste (cad l'essentiel : les lumières, les couleurs, l'aspect non fini propre à la peinture, le champ social, etc.) la comparaison est totalement abusive.
JM
 

Re: Schrader, cinéaste étriqué

Messagepar Chantal » Jeu 4 Sep 2014 18:18

JM a écrit:
pic a écrit:j'ai jamais compris le cours de léaud sur lumière et méliès dans ce film. les lumière auraient fait de la fantasmagorie parce que les sujets de leurs vues étaient proches des impressionnistes et méliès du documentaire parce qu'il a fait quelques actualités reconstituées que personne connait ? ca tient pas debout du tout, faut laisser la provoc au vestiaire quand on fait de l'analyse objective, élève godard.


Apparemment ça vient de Langlois. Léaud dit qu'il est allé à la cinémathèque voir les films de Méliès et Lumière dans La Chinoise, mais il existe des enregistrements dans lesquels on entend Langlois faire lui-même le parallèle entre les vues Lumière et l'impressionnisme. Si ça peut tenir la route pour certains thèmes abordés, pour le reste (cad l'essentiel : les lumières, les couleurs, l'aspect non fini propre à la peinture, le champ social, etc.) la comparaison est totalement abusive.


Pour en savoir plus à ce sujet, je vous conseille vivement l'entretien Langlois-Renoir sur les films Lumière réalisé par Rohmer en 68. Langlois et Renoir ont une discussion là-dessus. Rohmer se fait quelque peu provocateur derrière la caméra, ce qui permet aux langues qui sont devant de se délier et d'en venir à des explications assez précises. On peut trouver l'entretien en ligne, ou sinon en DVD dans le coffret intégral de Rohmer sorti l'année dernière.
Chantal
 

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