Grigris et autres films africains

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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar Chantal » Sam 6 Sep 2014 18:26

casseur a écrit:
Nasrallah en a fait un aussi mais je n'ai toujours pas réussi à mettre la main dessus avec des sous-titres !


Pourtant pas très difficile à trouver "Après le bataille" en VOSTEN ! ;)
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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar Sword7 » Sam 6 Sep 2014 21:39

casseur a écrit:Sinon, en allant lire la page Wiki de Jehane Noujaim, on trouve des infos un peu... bizarres :

En 2006, Jehane Noujaim fut l'une des oratrices de la conférence TED et fut la récipiendaire du prestigieux Prix TED, qui donne le droit de faire un souhait pour changer le monde (a wish to change the world). Son vœu : une acceptation mondiale de la diversité, médiatisée par la puissance du film. La première étape? Amener les gens à se comprendre les uns les autres


(les conférences TED, c'est un truc privé piloté par les USA, assez louche, où des gens généralement pleins de pognon jouent entre eux aux petits sauveurs du monde), j'avais déjà fait des recherches là-dessus il y a quelques temps après avoir vu un documentaire douteux sur la Palestine réalisé par une femme affiliée à ces conférences.


En effet casseur, maintenant que tu le dis, j'ai trouvé ce doc quand même assez étrange par certains aspects, il faut le préciser. On a tout du long l'impression que la personne qui fait le film, et certains militants que l'on suit, sont comme séparés du reste des manifestants, ou en embuscade, en retrait. Si les idées exprimées par les résistants sont toujours très belles et nobles, il y a sans doute quelque chose d'un peu gênant à constater ce recul assez net vis-à-vis de celles et ceux qui agissent, qui prennent des risques (mortels) sur la place. Le film semble avoir été fait de l'arrière, est-ce d'ailleurs possible autrement dans une telle situation ? C'est une grande et ancienne question, peut-on filmer et agir en même temps ?
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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar lakhdar75 » Mer 21 Jan 2015 21:50

lakhdar75 a écrit:"Un été à la Goulette", film tunisien de Férid Boughedir, 1996. C'est vraiment pas terrible, une grosse comédie dramatique lourdingue qui fonctionne uniquement sur les clichés locaux (trois familles : l'une juive, l'autre musulman, et la troisième catholique). C'est du cinéma de papa, nostalgique, rance et daté.


Son moyen-métrage de 1975, "Le Pique-Nique", préfigure déjà la tiédeur d'"Un été à la Goulette". La classe moyenne tunisienne est moquée mais d'une façon molle et feutrée. Boughedir, à l'instar du personnage du film qui vient faire un pique-nique (cauchemardesque) avec son ami, se place en même temps à l'extérieur et à l'intérieur de ce dont il se moque, si bien que toute moquerie possiblement acerbe se trouve opportunément désamorcée, et retournée en une sorte de bienveillance amusée. Et le film peut se terminer comme le début.
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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar breaker » Sam 23 Mai 2015 11:36

Affligé par "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako, j'avais déjà eu plusieurs échos négatifs (notamment via le blog du Diplo), mais je gardais quand même quelques espoirs avant de le voir.

Il n'y a vraiment rien à penser de ce ramassis de clichés (tout semble provenir de coupures de la presse occidentale) qui part dans tous les sens, de jolies images bien léchées (mais où est le cinéma ?), à peine poétiques.
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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar brass » Mer 13 Avr 2016 22:07

casseur a écrit:Sur sa page wikipédia, je lis qu'Ayouch "en 2009 a créé et mis en scène le spectacle de clôture du Forum économique mondial de Davos, en Suisse."

C'est un peu bizarre quand même, non, ce grand écart entre filmer la misère du monde et mettre en scène un spectacle pour la grande sauterie des banquiers du même monde ? !


Son dernier film "Much Loved" est vraiment pas terrible. Ca se passe dans le milieu de la prostitution de Marrakech dans un style purement naturaliste (avec tout ce que cela sous-entend de paresse de mise en scène et d'absence d'inspiration) et "festivalier" (le film était à Cannes, je crois). S'il s'agit toujours de filmer "la misère du monde", c'est maintenant clairement dans une veine racoleuse, totalement complaisante et "installée". Le film raconte pas grand chose sinon le quotidien routinier de quelques prostituées, avec pour seule intention de montrer ce monde sans pitié mais en même temps en grande partie déconnecté du reste de la société, que l'on peut ramener in fine à une bande de copines comme une autre. Bien pratique. La dernière phrase d'une des femmes sur la phrase : "on est obligées d'aller à la soirée du 28 ?". Le film, recherchant autant que possible le consensus, s'épargne justement d'évoquer les raisons de cette obligation qui plane au-dessus de l'activité de ces jeunes prostituées. Et la dernière question reste, elle-aussi, en suspens, laissant l'impression d'un film pour rien, ou pas grand chose.

Il n'y a plus réellement de contradiction avec sa participation à la propagande de Davos.
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Re: Grigris et autres films africains

Messagepar casseur » Lun 8 Aoû 2016 16:20

"Montréal la blanche" de Bachir Bensaddek (2015).

Le film est québécois mais se passe intégralement dans la "communauté" algérienne de Montréal, il circule depuis quelques jours en téléchargement mais jamais sorti en France. Le début est un peu pénible et mou, mais finalement le cinéaste parvient à restituer l'ambiance particulière de la grande métropole à la veille de la fête de Noël, mais du point de vue des exilés solitaires et de leur cortège de fantômes, entre ceux qui refusent de s'intégrer pleinement et ceux qui, au contraire, font tout pour. A travers les différents individus du film qui se croisent (c'est la rencontre centrale entre le chauffeur de taxi et la chanteuse qui donne vraiment tout son charme au film et les quelques bons moments du film), qui restent entourés d'un halo de solitude cotonneux qui s'est épaissi entre leur passé et le présent, Bensaddek trace, je pense, un portrait assez fidèle des différentes mentalités qui traversent cette "communauté" d'expatriés, avec un minimum de traits et donc en évitant de justesse la caricature.
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