les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

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les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar scienezma » Mer 18 Juin 2014 19:54

polichinelle a écrit:
Actuellement je regarde pas mal de films de blacksploitation, je comprends pourquoi Tarantino a le cerveau en semoule à force d'en voir et pourquoi un film comme Django Unchained est aussi puant, c'est quand même très souvent d'une stupidité abyssale. Le plus important à préciser, c'est que tous les films que j'ai regardés jusqu'à présent sont bel et bien réalisés par des blancs (comme les deux derniers films de Lee) qui, sous prétexte de représenter la communauté noire à l'écran, se contentent de la mitrailler des clichés les plus éculés : des macs, des camés, des violents individualistes, des putes, des flics...
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Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar casseur » Jeu 19 Juin 2014 07:28

J'en ai vu quelques uns dans le temps, comme tu dis c'est souvent des réals blancs qui filment à la truelle et repiquent l'idéologie de l'auto-justice (le fameux "vigilent") dans la communauté noire (qui s'entretue, alors où est le problème ?) avec une phobie particulière pour tout ce qui est du type projet politique pour cette même communauté. C'est du gros spectacle des années 70 qui tâche, pour faire oublier les années Black Panthers, je vois ça comme ça.

Il y a quand même quelques exceptions, je pense...
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Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar JM » Jeu 19 Juin 2014 15:40

Les films de Melvin Van Peebles, c'est considéré comme de la blacksploitation? Les deux que je connaisse de lui sont des films nettement engagés pour le coup, très bien foutus, d'où ressort clairement une critique des conditions de vie des noirs-américains dans les années 70, et une étude très fine du racisme ordinaire. Pas grand chose à voir avec ce que vous décrivez.
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Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar casseur » Jeu 19 Juin 2014 20:04

Avant de continuer, je glisse un lien intéressant : http://revueperiode.net/audio-black-communism-rencontre-debat-avec-paul-heideman/

C'est tiré d'une nouvelle revue en ligne de théorie marxiste : Période.

http://revueperiode.net/
casseur
 

Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar polichinelle » Ven 20 Juin 2014 17:05

Dans Truck Turner & Cie de Jonathan Kaplan (1974), il y a une scène assez bizarre à la fin avec un peu d'audace formelle. Un mac meurt (parmi beaucoup d'autres), sous les balles de TT (Isaac Hayes), mais il ne meurt pas tout de suite. Agonisant, il retourne d'abord dans sa voiture, pour mourir au volant de celle-ci. C'est filmé comme une scène de cuite, je jurerais que le réal a pris le comportement et les perceptions lors de ce type de situation pour référence, on a vraiment l'impression que le type est bourré et non pas à deux doigts de mourir avec trois balles dans le buffet. C'est assez curieux cette impression que le seul effet à l'approche de la mort n'est rien d'autre que celui d'une bonne cuite...
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Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar casseur » Sam 21 Juin 2014 18:20

casseur a écrit:avec une phobie particulière pour tout ce qui est du type projet politique pour cette même communauté.


Dans "Black Mama, White Mama" (Eddie Romero, 1973) avec la Pam Grier, la "black" est une pute de luxe qui pense qu'à retrouver son pognon et la "white" est une activiste bobo qui mène une guerilla sur une île on ne sait où. Le cinéaste se place ouvertement du côté de la "Black" qui défend les, et reste enchaînée aux, valeurs individualistes et capitalistes des US, elle s'en sort à la fin, tandis que les rebelles sont tous massacrés, "white mama" comprise.

Dans "Foxy Brown" (Jack Hill, 1974), encore avec Pam Grier, un groupe de Black Panthers accepte d'aider la femme à la fin dans son combat contre un réseau de trafiquants de drogue et de prostitution qui a tué son copain flic. C'est seulement à cette occasion-là que le mouvement politique apparaît, comme bras armé qui peut dézinguer des types. Il est bien sûr question de justice mais celle-ci est basculée sur un milieu (du crime) qui échappe à toute revendication sociale et politique, vis à vis duquel la vengeance spectaculaire peut primer sur tout le reste.

Et si je me souviens bien, dans "Coffy" (même cinéaste, 1973) toujours avec la Grier, Coffy est amoureuse d'un homme politique noir qui se révèle être une ordure cynique et hypocrite de première qui fait de grands discours contre la précarité à la communauté noire mais n'a d'autre objectif que l'argent et le pouvoir, trempant dans des magouilles avec des dealers et des macs (ils sont partout !) : disqualification des grands leaders politiques noirs. A la fin elle le dégomme d'un coup de fusil à pompe, mais surtout parce qu'il l'a trompée ELLE.
casseur
 

Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar casseur » Sam 21 Juin 2014 18:28

JM a écrit:Les films de Melvin Van Peebles, c'est considéré comme de la blacksploitation? Les deux que je connaisse de lui sont des films nettement engagés pour le coup, très bien foutus, d'où ressort clairement une critique des conditions de vie des noirs-américains dans les années 70, et une étude très fine du racisme ordinaire. Pas grand chose à voir avec ce que vous décrivez.


Oui, Van Peebles c'est tout à fait autre chose, faut pas le mettre dans la même catégorie que des films comme ceux dont je parle au-dessus réalisés par des blancs qui n'ont aucune conscience politique et pire qui visent à répandre et maintenir actives des représentations caricaturales de la communauté noire-américaine au sein même de celle-ci sans les interroger.
casseur
 

Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar polichinelle » Sam 28 Juin 2014 08:45

Je connais pas les films de Van Peebles, mais j'aimerais bien les voir !

"Cotton Comes to Harlem" qui sort un peu avant tous les films dont vous parlez (1970) est nettement plus sympathique, même si ça n'a rien d'exceptionnel au niveau de la mise en scène. Le film est réalisé par Ossie Davis, réalisateur noir-américain qui a la bonne idée d'adapter un roman de Chester Himes à l'écran. Il y a quand même une course-poursuite au début, ponctuée de quelques scènes quotidiennes de Harlem qui cassent de manière osée le rythme habituel de ce type de séquence, et dans l'ensemble on sent que le cinéaste s'intéresse au quartier qu'il filme, à la réalité qui entoure l'histoire (au contraire des tâcherons de la blacksploitation qui ne filment que des boxons de luxe dans des villas ou des appartements de nouveaux riches). Le film repose sur les deux flics noirs de Himes, Cercueil et Fossoyeur, qui portent un regard ironique (et non cynique) mais juste sur leur communauté et les inégalités sociales qui le traversent.
polichinelle
 

Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar Lolo » Sam 5 Juil 2014 18:15

Salut les loulous,

Je vous recommande ''J.D.'s Revenge" de Arthur Marks. C'est un film de 1976 assez curieux qui mélange blacksploitation et film d'horreur. Ce qui m'avait semblé intéressant dans ce film, c'était le personnage principal et la mise en scène assez singulière et déroutante, ce qui est le moins que l'on puisse attendre d'un bon film d'horreur. C'est l'histoire d'un type banal, qui bosse comme tout le monde, qui est marié ou va se marier je me souviens plus, et qui est soudain habité par l'esprit d'un type redoutable (ancien dealer, mac, violent) qui veut se venger de son meurtre par l'intermédiaire de ce type. En bref, c'est une histoire de schizophrénie assez rondement menée. Par l'intermédiaire de ce personnage qui tente de résister avant de basculer, se joue justement le clivage d'une population prise entre ralliement au conformisme vendu par la société américaine, et marge où règne la délinquance, la violence et le vice (vers laquelle la renvoie sans arrêt à l'époque les films de blacksploitation).

Image

Le film est forcément connu de tous ceux qui écoutent du rap... ;)
Lolo
 

Re: les exploiteurs ont la peau dure : blacksploitation

Messagepar JM » Lun 7 Juil 2014 17:19

Lolo a écrit:Le film est forcément connu de tous ceux qui écoutent du rap... ;)


Salut Lolo, ah oui, le sample de l'intro de "Wildflower" sur le premier Ghostface Killah !! 8-)
JM
 

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