Le trou noir

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Re: Le trou noir

Messagepar JM » Ven 31 Mar 2017 08:04

casseur a écrit:Le cas de Shyamalan est peut-être un peu plus intéressant, il me semble. Dans "Split" il met en scène une sorte d'anti-héro schizo qui finit par tuer sa psy et des gamines au nom de la révélation de sa vraie personnalité : une sorte de "surhomme", physiquement surpuissant. Le discours qui sous-tend le film reste assez débile : "ceux qui ont été traumatisés dans leur enfance sont plus évolués que les autres", à quelques rares scènes près le film en lui-même est vraiment pas bon en terme de mise en scène ou même en terme de jeu (insupportable McAvoy, pourtant loué partout, qui en fait des caisses à chaque plan ; sa seule qualité est de ressembler un peu à Foucault), mais je m'étonne presque que ce film puisse se faire aux USA et en plus bien marcher en salles.

Shyamalan semble nous dire que l'époque des traumatismes liés au 11 septembre est bien révolue et qu'on peut dorénavant recréer et rejouer avec du trauma dans le cinéma commercial, en se plaçant quasiment du côté du "méchant", de l'assaillant-tueur (qui, comme je le disais, se relève lui-même d'un trauma enfantin, donc tout cela peut quand même in fine être lu politiquement comme une capacité guerrière pour les USA de résilience post-traumatique - mais qui s'attaque à ses propres citoyens et institutions ?!). La boucle est d'ailleurs bouclée, puisque à la fin le film évoque "Incassable" qui était sorti avant le 11 septembre...


Salut casseur,

Oui, je suis d'accord avec toi, le film réserve quelques surprises au niveau du scénario, dommage qu'il soit dans l'ensemble réalisé à la truelle. On sent trop que Shyamalan n'est pas peu fier de l'histoire qu'il a écrite et qu'il se laisse aller pour la mise en scène. J'ai aussi trouvé le surjeu de l'acteur atroce.

Le type se débarrasse de la psy, c'est clair que c'est intéressant (d'un point de vue symbolique, entendons-nous bien). Il tue celle qui a été capable d'interpréter son secret (la supériorité des humains "blessés"), comme dans "La fille de l'eau" Shyamalan se débarrassait du critique de cinéma et de ses lectures interprétatives des films.
JM
 

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