Shunji Iwai

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Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Jeu 30 Juin 2016 17:09

Après avoir vu un film de Shunji Iwai l'autre jour ("The case of Hana and Alice", 2004) et avoir fait quelques recherches sur le net, j'ai été assez étonné que ce cinéaste japonais qui tourne depuis une vingtaine d'années ne soit pas du tout diffusé en France (à part son dernier film de 2015 qui est un dessin-animé reprenant les personnages du film évoqué ci-dessus).

En effet, il m'a semblé qu'il y avait pas mal de choses intéressantes dans ce film, même s'il est beaucoup trop long, le portrait d'ensemble de quelques ados japonais est remarquable car jouant sans arrêt entre vérité et mensonge, imagination et réalité, et sur une transmission d'éléments de la personnalité d'un personnage sur un autre personnage (Le film me fait penser à une sorte de film de Greg Araki version kawai, si l'on veut). La dynamique du film, son montage, parviennent vraiment bien à rendre compte de manière assez fine et discrète de tout cela, de ces transferts incessants qui passent de manière souterraine des uns aux autres, et qui sont propres à l'adolescence.

Bon, je m'attendais donc à apprécier ses films précédents, mais malheureusement j'ai eu beaucoup de mal à regarder jusqu'au bout Swallowtail and Butterfly (1996), qui est une sorte de bric-à-brac indigeste (scénario) et complètement mal foutu (mise-en-scène). Là encore j'ai trouvé vraiment le temps long (2h30). Le film me fait un peu penser aux premiers films de Lou Ye comme "Suzhou River", ça part un peu dans tous les sens, du film de genre (yakuza) au récit intimiste (le parcours initiatique d'une jeune fille adoptée par une prostituée), beaucoup d'énergie et de volonté de bien faire mais très mal canalisées sur le plan artistique et du coup le résultat est juste indigeste.

L'idée était belle de faire un film sur les immigrés laissés pour compte qui vivent en marge des grandes villes japonaises, qui sont venus eux ou leurs parents pour gagner de l'argent et qui se sont retrouvés livrés à eux-mêmes dans ces zones abandonnées. Le premier plan du générique était aussi prometteur, ce mouvement de caméra vers le haut qui filme longuement les mauvaises herbes qui poussent de manière anarchique dans le sol des no man's land entourant les villes. La suite est une illustration grossière (car trop naïve) de ce premier plan au niveau des individus à coup de caméra brouillonne qui bouge dans tous les sens, de longueur inacceptable de certaines scène (les chansons des concerts), d'acteurs souvent en roue libre, de cadre irréel et factice qui donne plus, avec les personnages, l'impression d'être dans un monde de manga imaginaire que dans la réalité (ce qui est quand même assez gênant étant donné le sujet du film)... Problème politique classique : La fiction proposée à ce groupe d'individus exclus aurait peut-être pu prendre si le cinéaste ne les isolait pas lui-aussi complètement du reste de la société, en en faisait finalement également une entité à part et sans véritable dehors.
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Mar 5 Juil 2016 15:15

Bon, vaille que vaille j'ai continué ma découverte du cinéma de Shunji Iwai. Je dois bien avouer que la suite ressemble plus à "Swallowtail Butterfly" qu'à "Hana & Alice" qui serait, du coup, la quintessence de son cinéma après quinze ans d'expérience.

"Love Letter" (1995) et "All About Lily Chou-Chou" (2001) sont également très, trop pleins de longueurs complaisantes et inutiles (2h30 quand même pour "All About Lily Chou-Chou", pitié !), c'est bizarre c'est un reproche que je ferais aussi à certains dessins animés japonais récents qui durent trop longtemps et arrivent à faire perdre patience aux spectateurs, malgré des qualités évidentes ("Un été avec Coo" de Keiichi Hara, ou encore "The Boy and the Beast" de Mamoru Hosoda).

Concernant Shunji Iwai, par contre, on recherche les qualités de metteur en scène car tout est filmé à peu près de manière égale, avec une caméra à l'épaule hésitante qui, comme les lecteurs de ce forum le savent, nous agace ici profondément, que ça vienne du Japon, d'Europe, ou des USA... parfois il y a quand même un plan qui se détache un peu, il essaye enfin de travailler dans l'espace plutôt que de coller aux basques de ses acteurs (qui jouent souvent pas très bien).

"Love Letter", au scénario passablement tarabiscoté et qui suscite assez vite l'ennui, est placé sous le signe de Proust (évoqué en fin de film), malheureusement c'est essentiellement l'aspect midinette de l'écrivain qui subsiste à l'écran, le temps est en effet perdu, passé à la moulinette des grossiers artifices de mise en scène d'Iwai.

"All About Lily Chou-Chou" : laborieux. J'avais évoqué Araki l'autre fois, cette fois ça serait peut-être plutôt Larry Clark (soft), dans la description de la cruauté des gosses de Tokyo génération 2.0... Il y a donc toute cette description naturaliste interminable et complaisante des humiliations de la jeunesse japonaise, on dira que ça sort de l'ordinaire des visions consensuelles de cette même jeunesse (auxquelles Iwai a par ailleurs participé), mais en fait ce revers négatif du social est également un stéréotype assez éculé dans la culture japonaise (cinéma ou manga). Donc nous barbotons dans ce cliché négatif pendant 2h30 (humiliations, bagarres, suicide, viol, meurtre), avec, en prime, une chanteuse énigmatique (qui donne son nom au film), façon Mylène Farmer, en guise de cyber-exutoire à ces jeunes désoeuvrés (qui se retrouvent sur un site secret pour échanger des messages entre fans déprimés, les dits messages s'affichant à intervalle régulier à l'écran). Tout ça est filmé à la truelle, évidemment, parfois ça ressemble à du clip vidéo, parfois (rarement) à du cinéma, et souvent ça ressemble à pas grand chose...
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Re: Shunji Iwai

Messagepar soren » Mer 6 Juil 2016 05:50

Sword7 a écrit:"Love Letter" (1995) et "All About Lily Chou-Chou" (2001) sont également très, trop pleins de longueurs complaisantes et inutiles (2h30 quand même pour "All About Lily Chou-Chou", pitié !), c'est bizarre c'est un reproche que je ferais aussi à certains dessins animés japonais récents qui durent trop longtemps et arrivent à faire perdre patience aux spectateurs, malgré des qualités évidentes ("Un été avec Coo" de Keiichi Hara, ou encore "The Boy and the Beast" de Mamoru Hosoda).


Salut Sword7,

En effet, c'est un problème du cinéma japonais contemporain dont on parle assez souvent ici (tu verras que la plupart des films commerciaux japonais dont il est question dans ce topic sont critiqués pour leur longueur jugée aberrante !).

Si, en France, par exemple, la norme commerciale actuelle semble être d'1h30 environ pour un film, j'ai l'impression qu'au Japon la tendance actuelle est plutôt à 2h, 2h30. C'est assez étonnant et les raisons mériteraient sûrement d'être étudiées plus précisément.

Je pense aussi à Kawase qui, depuis "Still Water", semble aussi faire des films beaucoup plus longs (de 2h), alors qu'elle n'a clairement rien à dire, montrer ou faire passer de spécial dans cette durée supplémentaire qui passe pour du remplissage complaisant (on en parle ici).
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Mer 6 Juil 2016 11:11

Oui, c'est exactement ça soren, je sais pas trop d'où ça vient non plus... peut-être que les cinéastes pensent que ça fait bien de se donner des allures de contemplateurs...

Je terminerai pour l'instant avec Iwai avec "April Story" de 1998. Pour le coup, c'est un format court, une petite heure, mais curieusement on a aussi l'impression que ça pourrait durer plutôt 15 ou 20 minutes. Donc le problème est peut-être moins dans la longueur exagérée des films que dans le regard du cinéaste souvent creux et sans grand intérêt (on me répondra, comme on fait pour le cinéma us sur le même sujet, que c'est pour mieux figurer l'ennui, la naïveté et les stéréotypes propres à l'adolescence, et je répondrai que c'est pas ça qui fait un bon film...).

Le film raconte l'arrivée à Tokyo d'une jeune fille de province qui vient y commencer ses études. Le sujet en lui-même est déjà très très passe-partout, et il semble bien qu'Iwai ne vise la plupart du temps rien d'autre que la simple reconnaissance du spectateur à son sujet. Pourquoi pas, mais ça fait pas bézef, surtout pour une situation déjà passablement usée comme celle-ci.

La jeune fille déménage, la jeune fille va à son premier cours et répond avec timidité, la jeune fille fait du vélo, la jeune fille lit un livre sur un banc, la jeune fille cherche à sympathiser avec sa voisine de palier, la jeune fille parle avec ses parents au téléphone, la jeune fille a une nouvelle copine, la jeune fille mange seule un curry qu'elle a préparé elle-même sur la petite table de son appartement, vous ne dormez pas encore alors je continue, la jeune fille participe au club de pêche à la ligne, la jeune fille va souvent dans une librairie, et enfin, bien sûr, la jeune fille tombe amoureuse d'un beau garçon et, je vous le donne en mille, ce garçon est le gentil vendeur de la librairie !

Entre temps, le sociologue aura peut-être relevé quelques formes de stratégie de l'évitement très japonaises, on s'intéresse comme on peut... :geek:

Voilà, sinon tout cela est filmé comme d'habitude avec la jeune fille au centre d'un cadre qui passe son temps à s'agiter vainement, sauf le premier plan en caméra subjective filmé du point de vue de la fille, lors de l'au-revoir aux parents sur le quai de la gare (censé intensifier l'émotion et nous mettre "dans la peau" de la fille par la suite, mais bien sûr ce vieux procédé grossier ne marche pas du tout).
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Messagepar Sword7 » Sam 30 Juil 2016 00:52

"Picnic" (1996), pour situer c'est son film entre "Love Letter" et "Swallowtail and butterfly"...

C'est la veine très noire du cinéaste, l'opposé de la bluette naïve et gentillette d'"April Story", mais en fait les deux films ne vont pas sans un certain nombre de constantes plutôt embarrassantes pour le cinéaste : longueurs insupportables (pourtant le film dure seulement un peu plus d'une heure), scénario inepte (salmigondis mélangeant folie, religion, culpabilité, suicide et fin du monde), mise en scène poussive (toujours la caméra flottante ; le montage, la bougeotte de la caméra et des gros plans hideux parviennent à bousiller complètement une scène de "dernier baiser du monde" à la fin du film...), recours aux clichés et stéréotypes scénaristiques comme visuels (de la "folie" notamment : la fille corbeau, comme c'est original !)...

Assez souvent, Iwai montre dans ses films qu'il veut creuser l'écart entre sa représentation du monde et le visuel publicitaire. C'est, sans doute, dans "The case of Hana and Alice" que c'est le plus ostensible et aussi le plus intéressant. Il y a toutes ces scènes où l'une des jeunes filles passe des castings pour faire des pubs et échoue à chaque fois, jusqu'à ce qu'elle montre aux recruteurs ses talents de danseuse dans une scène très gracieuse. Ici, la grâce semble quelques beaux instants suspendus avoir triomphé face à l'imagerie sans âme de la comm, et cette grâce se répand partout ailleurs dans le film, ce qui en fait justement le meilleur film de son cinéaste. Le même écart est aussi visible dans un très court plan de "April Story" où l'étudiante quelconque se retrouve à côté d'un panneau publicitaire représentant l'image (sans doute remodelée) d'une jeune fille modèle. Idem dans "Picnic" où les jeunes marginaux trouvent un flingue et tirent avec sur une affiche publicitaire représentant l'image aseptisée d'une jeune femme en train de boire une bouteille de thé froid. Dans "All About Lily Chou-Chou", Iwai tente longuement de montrer ce qui se cache et se trame de sombre dans la réalité des fans, derrière l'imagerie publicitaire mystérieuse et creuse d'une chanteuse japonaise à la Mylène Farmer...

Le problème c'est que si l'intention y est et est bonne, le résultat n'est pas du tout à la hauteur des voeux du cinéaste. Il ne suffit pas de surligner ce désire de différence pour que l'intégralité du film bascule vers autre chose que du visuel et du concept publicitaire. Nous avons vu comme le recours trop fréquent aux stéréotypes visuels et scénaristiques (y compris sur leur face négative et "obscure"), l'absence de construction véritable des personnages principaux qui restent généralement des vignettes plutôt que des individus dotés d'une épaisseur, faisaient régulièrement fleurter ce cinéma évidé du réel du côté de ce qu'il souhaite pourtant éviter. De ce point de vue, "Picnic" qui s'achève aussi sur un suicide, ressemble finalement beaucoup à un film comme "Le Grand Bleu"...
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Invité » Sam 30 Juil 2016 01:07

Besson utilise déjà l'habillage du cinéma pour produire ces "êtres de synthèse" que sont les individus post-modernes. Il est, en ce sens, le premier vrai cinéaste post-publicitaire, celui qui hérite en toute innocence de tous les "concepts visuels" de la pub et qui, de ce fait, ne souffre plus de ne pas être "personnel" et de n'aligner que des "clichés"...
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Lun 1 Aoû 2016 14:28

Invité a écrit:
Besson utilise déjà l'habillage du cinéma pour produire ces "êtres de synthèse" que sont les individus post-modernes. Il est, en ce sens, le premier vrai cinéaste post-publicitaire, celui qui hérite en toute innocence de tous les "concepts visuels" de la pub et qui, de ce fait, ne souffre plus de ne pas être "personnel" et de n'aligner que des "clichés"...
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Oui, je pensais à ce texte, mais en même temps c'est un peu différent car, même s'il utilise par exemple parfois le ralenti de manière poseuse, Iwai ne fait pas vraiment dans les images léchées, et pas complètement dans les "concepts visuels". Je pense qu'il suppose que sa caméra régulièrement tremblée et mal cadrée est au plus près des êtres qu'il filme et de leur vie, que ça va faire vivre à l'écran les personnages et les histoires qu'il imagine, mais cela ne suffit pas selon moi à dépasser les stéréotypes de l'écriture (et/ou improvisés). C'est plus proche de ce regard naturaliste assommant, courant (loin) derrière Pialat, qui réussit régulièrement aujourd'hui dans les festivals de cinéma.
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Dim 11 Déc 2016 09:38

Regardé "Hana et Alice mènent l'enquête" qui est, je crois, le premier film d'Iwai diffusé en salle en France. Son premier film diffusé en salle est un film d'animation, c'est un peu bizarre, comme si le mec qui a déjà une dizaine de films à son actif devait passer par l'animation pour se faire une place dans la diffusion en France et peut-être à l'international (est-ce qu'il le sait ?)...

Animation ou pas, le film souffre grosso-modo des mêmes problèmes que les précédents, en fait c'est une version animée de ce qu'il a déjà fait : manque de rythme évident, longueurs peu supportables, enfilage de tous les poncifs du genre. L'enquête, on le devine rapidement, n'est qu'un gros délire de jeunes ados monté en épingle par celles-ci. Du coup le film ressemble plus à un film sur l'ennui de l'adolescence et la fuite dans l'imagination qu'il engendre qu'à un film policier, tout en restant en grande partie dans la réalité (c'est-à-dire que l'animation ne sert jamais à quitter la réalité pour des possibles imaginaires et fantastiques, elle travaille plutôt sur les mouvements des corps des filles enquêtrices immergées dans un réel figé). Au même titre que la pratique de la danse, l'enquête est un prétexte pour les deux filles à quelques aventures dans la ville qui occupent leur temps libre (malheureusement le spectateur s'en lasse, lui, très rapidement). Voilà, il me semble, l'horizon principal du film, qui ne dépasse quand même pas beaucoup le scénario type "club des 5" au Japon, sinon que l'enquête repose sur des fantasmes...


Actuellement c'est le gros délire autour de Makoto Shinkai en Chine, depuis la sortie de "Your name" (sortie en France à la fin du mois de décembre). On y voit le grand renouveau de l'anim' japonaise, certains disent même que c'est le nouveau Miyazaki... Comme Iwai, tous ses premiers films ont apparemment été ignorés par les distributeurs en France... je me méfie un peu, on verra, on en reparlera.
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Re: Shunji Iwai

Messagepar Sword7 » Mer 21 Déc 2016 19:15

Sword7 a écrit:Actuellement c'est le gros délire autour de Makoto Shinkai en Chine, depuis la sortie de "Your name" (sortie en France à la fin du mois de décembre). On y voit le grand renouveau de l'anim' japonaise, certains disent même que c'est le nouveau Miyazaki... Comme Iwai, tous ses premiers films ont apparemment été ignorés par les distributeurs en France... je me méfie un peu, on verra, on en reparlera.


Salut, j'ai enfin vu «Your name», j'ai trouvé ça vraiment pas fameux comme je le craignais. Miyazaki est loin, loin, très loin, je ne comprends même pas comment on peut rapprocher les deux !? Le style réaliste du graphisme et de l'animation est complètement impersonnel, ça ressemble à n'importe quel dessin animé japonais. La musique fadasse fait penser à des airs de piano et de guitare pour ascenseur, là encore quel rapport avec les formidables mélodies de Joe Hisaishi pour Miyazaki ?!?
L'idée du temps comme un maillage complexe de fils est intéressante mais pas ou peu exploitée, on ne dépasse finalement jamais ou presque la gentille histoire pour ados. L'esthétique figée des arrières-plans est à l'image du scénario qui reste très conventionnel (l'inversion fille-garçon vise à maintenir leurs différences essentielles, la météorite qui menace n'est pas du ressort de l'homme c'est pratique, les traditions et rites du Japon à préserver, poncif publicitaire que l'on retrouve dans tous les films commerciaux japonais de ces dernières années...), là encore on est loin du regard d'un Miyazaki qui vient bousculer toutes nos certitudes établies...
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Re: Shunji Iwai

Messagepar JM » Sam 31 Déc 2016 15:19

Sword7 a écrit:
Sword7 a écrit:Actuellement c'est le gros délire autour de Makoto Shinkai en Chine, depuis la sortie de "Your name" (sortie en France à la fin du mois de décembre). On y voit le grand renouveau de l'anim' japonaise, certains disent même que c'est le nouveau Miyazaki... Comme Iwai, tous ses premiers films ont apparemment été ignorés par les distributeurs en France... je me méfie un peu, on verra, on en reparlera.


Salut, j'ai enfin vu «Your name», j'ai trouvé ça vraiment pas fameux comme je le craignais. Miyazaki est loin, loin, très loin, je ne comprends même pas comment on peut rapprocher les deux !? Le style réaliste du graphisme et de l'animation est complètement impersonnel, ça ressemble à n'importe quel dessin animé japonais. La musique fadasse fait penser à des airs de piano et de guitare pour ascenseur, là encore quel rapport avec les formidables mélodies de Joe Hisaishi pour Miyazaki ?!?
L'idée du temps comme un maillage complexe de fils est intéressante mais pas ou peu exploitée, on ne dépasse finalement jamais ou presque la gentille histoire pour ados. L'esthétique figée des arrières-plans est à l'image du scénario qui reste très conventionnel (l'inversion fille-garçon vise à maintenir leurs différences essentielles, la météorite qui menace n'est pas du ressort de l'homme c'est pratique, les traditions et rites du Japon à préserver, poncif publicitaire que l'on retrouve dans tous les films commerciaux japonais de ces dernières années...), là encore on est loin du regard d'un Miyazaki qui vient bousculer toutes nos certitudes établies...


Salut Sword, meilleurs voeux pour 2017, j'espère que tu vas continuer à nous envoyer des nouvelles d'Asie !

C'est visiblement le même gros délire en France autour du film de Shinkai, la presse est unanime et même les Cahiers mettent 5 étoiles (source allociné). Comme tu disais l'autre fois, on a un peu l'impression que l'animation à l'ancienne est un domaine où à peu près tout et n'importe quoi est top, sans doute en réaction absurde et sans discernement à l'absence totale d'imagination des films d'animation numériques actuels...
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