"La désintégration", film-programme

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"La désintégration", film-programme

Messagepar bobby_net » Sam 29 Sep 2012 15:56

"La désintégration" de Philippe Faucon (2011) rencontre la problématique classique de ce qu'on pourrait appeler le "film-programme". Le cinéaste veut faire prendre conscience, en en décrivant les rouages, de la manière dont des types sont programmés (pour tuer et se tuer dans une opération kamikaze). Le problème dans tout ça, c'est que le film (le récit, le filmage, le contenu sociologique) ne parvient pas à s'échapper lui-même d'une forme de programmation très scolaire. Il construit (des situations dramatiques) plutôt qu'il ne déconstruit vraiment, ou plutôt il croit déconstruire en construisant, mais la construction de son film, trop naturaliste, prend l'avantage sur le geste de déconstruction.

Les limites de cette manière de faire apparaissent d'autant plus fortement que ce qui est ici à enseigner (le processus, la finalité) est déjà su et anticipé par la plupart. Les spectateurs se retrouvent dans la situation inconfortable de l'élève qui s'ennuie en cours devant un programme éducatif, certes pas incohérent ni vraiment contestable, mais qu'il connaît déjà plus ou moins par coeur. Car cette histoire, quand bien même elle voudrait se jouer de quelques clichés dans l'air du temps, ne sort absolument pas des sentiers battus des discours ressassés par de nombreux médias à longueur de temps. Il n'est donc pas impensable qu'une majorité de spectateurs sortent de ce film en se disant qu'ils n'ont absolument rien appris : un comble pour un "film-programme".
bobby_net
 

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