L'Histoire à la moulinette

Discussions

L'Histoire à la moulinette

Messagepar polichinelle » Lun 15 Oct 2012 10:20

"Abraham Lincoln: Vampire Hunter" de Timur Bekmambetov revisite à sa manière le mythe Lincoln. Voyez-vous, si Lincoln a férocement combattu les sudistes, c'est que ceux-ci étaient des vampires (blood suckers : cette image des esclavagistes n'est quand même pas nouvelle nouvelle) et que sa mère et son fils ont été tués par cette conspiration aux dents longues (pourquoi faire original quand on peut se contenter d'une histoire de vengeance)… de quoi émouvoir n'importe quel historien, même le moins sérieux. Disons que le pitch du film est tellement gros et caricatural que l'on n'a même pas envie de l'analyser et le décortiquer plus que ça afin de ne pas trop perdre son temps. La prétention à mêler l'Histoire et le grand n'importe quoi le plus débridé rejoint évidemment l'emphase pompière de la réalisation.

Le plus étrange est qu'au début, comme à la fin du film, résonnent des propos qui laissent penser que l'on tiendrait là la vraie Histoire, celle qui s'écrit dans le sang et non celle romancée qui s'écrit avec de l'eau de rose. On assiste ainsi à une douteuse appropriation de la fameuse sentence du film de Ford (autre cinéaste qui a fait un film sur Lincoln) donnant le "la" de l'Histoire écrite par les vainqueurs ("Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende"), qui d'ironique devient ici franchement cynique : "Quand une légende est plus laide qu'une autre légende, imprimez la plus laide et faites la passer pour la réalité". Spielberg, lui, nous proposera à n'en pas douter, dans son biopic imminent du président américain, la version premier degré de la sentence de Ford…
polichinelle
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar polichinelle » Jeu 14 Mar 2013 12:02

Tiens, j'ai revu hier soir "Demetrius and the Gladiators" de Delmer Daves (1954). C'est un film que j'avais en fait déjà vu à la télé pendant la période des fêtes de fin d'année, il y a bien des années de cela, alors que la neige tombait dehors.

Alors que Demetrius lui rappelle sa réputation de Marie-couche-toi-là de la cour de l'empereur, la tentatrice Messaline lui réplique que parfois, quand la vérité n'est pas très belle, il vaut mieux un joli petit mensonge. On a déjà là formulée la doctrine du film plus tardif de Ford (autre cinéaste catholique).

Un autre truc marrant, on avait déjà signalé sur le forum que Daves s'inscrivait dans la continuité d'un film de Sirk pour son "Broken Arrow". Avec "Demetrius and the Gladiators" il raconte cette fois l'histoire d'un personnage issu d'un autre péplum de la même année : le célèbre "The Robe" de Koster. S'il était encore vivant, Daves aurait-il fait de la série TV ? Aurait-il renié ce Cinémascope qu'il utilise dans ce film, historiquement créé pour contrer les effets néfastes du petit écran sur la fréquentation des salles de cinéma ? :D
polichinelle
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar JM » Ven 5 Avr 2013 12:54

Texte de Renzi dans le Diplo de ce mois :

Il était une fois l’Amérique

L ’HISTOIRE de leur pays, ancienne et récente, inspire plus
que jamais les cinéastes des Etats-Unis. Examiner les
héros de leurs films, leur traitement, éclaire la façon
dont se décline aujourd’hui la « légende » américaine.
Novembre 1979 : dans Argo – de et avec Ben Affleck –,
un agent de la Central Intelligence Agency (CIA) rapatrie des
fonctionnaires réfugiés chez l’ambassadeur du Canada en Iran.
Pour y parvenir, il invente le tournage d’un film de science-
fiction : Argo. Longtemps secret, l’épisode est réel ; sa
mise en scène, un point de vue. Les Iraniens existent très peu
et, à quelques exceptions près (le bureaucrate incarné par le
cinéaste Rafi Pitts), sont des imbéciles. Ce n’est pas nouveau.
En revanche, on assiste à la naissance d’un personnage : l’agent
secret hipster (« branché », en plus… branché), qui s’approprie
les codes caractéristiques des héros libertaires de la contre-
culture et du cinéma des années 1970, entre Serpico et Les
Hommes du président : barbe de quelques jours, nuits
agitées, pénurie de moyens.

Janvier 1865 : Lincoln, de Steven Spielberg. La guerre de
Sécession touche à sa fin. Abraham Lincoln vient d’être réélu.
Au sommet de sa gloire, il impose à sa majorité récalcitrante
une bataille parallèle à celle des armes, moins sanglante mais
tout aussi difficile : amender la Constitution afin d’abolir l’es-
clavage. Spielberg abandonne vite la boucherie de masse, à
l’ancienne, sur laquelle il ouvre le film, pour montrer les
tactiques et les stratégies de la confrontation législative, et se
concentrer sur Lincoln. Philosophe autodidacte, radical mais
anti-idéaliste, égalitaire mais pragmatique, son héros est un
étrange mixte, mi-Salomon, mi-Machiavel. D’autres cinéastes
ont mis en scène cette figure mythique, et ce n’était pas les
plus mauvais : David Wark Griffith en 1930, John Ford en
1939. Spielberg évoque sans cesse ces « pères », mais c’est
sans doute l’influence de Friedrich Wilhelm Murnau qui est
ici la plus marquée. Interprété par Daniel Day-Lewis, son
Lincoln évoque le Nosferatu de Murnau, un être nocturne
consommé par un feu obscur. Son visage, allergique à la
lumière du jour, est désormais celui d’un gecko, comme si
le pouvoir, qu’au nom de la justice Lincoln a exercé de façon
tyrannique, en avait métamorphosé les traits. Spielberg ne
tourne pas la scène de l’assassinat au théâtre, célèbre dans
l’histoire du cinéma, mais celle de la veille au chevet du
moribond, qui se transforme cette fois en une silhouette
christique, corps menu enrobé d’un suaire blanc.

Cette icône finale ressemble au cadavre d’un autre
patriarche barbu, lui aussi assassiné : Oussama Ben Laden,
tel qu’on l’aperçoit à la toute fin de Zero Dark
Thirty (« Minuit et demi » en langage militaire), réalisé par
Kathryn Bigelow, que Démineurs (2009) a rendue célèbre.
Le film reconstitue d’après des sources directes la chasse à
l’homme entamée au lendemain du 11 septembre 2001, et
qui s’est terminée le 2 mai 2011, lorsqu’un commando pénétra
dans la maison-forteresse de Ben Laden au Pakistan et tua
six personnes, dont le chef d’Al-Qaida. Non sans erreurs
diverses quant au contexte, Bigelow reconstruit les sites où
la CIA a torturé ses prisonniers, et accompagne dix ans de
travail d’investigation, jusqu’à ce que deux hélicoptères noirs,
au terme de la traversée d’un long canyon, donnent l’assaut.
Ce qui frappe est moins la matière, forte et crue, que la
distance de la caméra et la monotonie de la réalisation, qui
présente sur le même tempo moderato les scènes de torture,
les scènes de bureau, etc.

La forme rend compte d’une réflexion qui s’engage sur
ces années d’après le 11-Septembre, où les actions ont été
déterminées par une intelligence... sans réflexion. Le
personnage central, la jeune Maya, opiniâtre agent du rensei-
gnement qui trouve et poursuit, seule contre tous, la piste
menant à Ben Laden, est un produit du « 9/11 » : elle n’aura
vécu que pour éliminer sa cible. Aucun affect, aucune
distraction : elle se réduit à cette seule mission, à cette
identité univoque : avoir Ben Laden comme ennemi. Avec elle,
Bigelow retrouve un type humain qu’elle a souvent traité :
l’homme de la frontière. Le véritable Américain serait un être
solitaire, antisocial, prisonnier d’un paradoxe, puisqu’en
portant l’Amérique là où elle n’est pas encore il détruit préci-
sément la frontière, son propre refuge… Mission accomplie
pour ces trois œuvres : des controverses, certes, mais un vif
succès public et critique, et des prix en rafale. Jusqu’à
l’Oscar du meilleur film pour Argo, annoncé par Michelle
Obama elle-même.

EUGENIO RENZI.


Ma réponse à Halimi et Renzi :

Je vous écris pour vous faire part de mon étonnement à la lecture de l'article sur le cinéma états-unien ("Il était une fois l'Amérique") dans votre numéro du mois d'avril. Celui-ci revient, de manière peu sérieuse à mon sens, sur quelques films sortis ces derniers mois.

Les trois films évoqués auraient, d'après l'auteur, pour thème commun "l'Histoire de leur pays" ou "les légendes" relatives à cette Histoire, on ne sait très bien. Et c'est bien là, dans ce flou "artistique", que le contenu du texte d'Eugenio Renzi est des plus litigieux : il admet d'emblée, et sans gêne aucune, que les scénarios dont il va parler soient des variations très libres de l'Histoire en s'épargnant d'en questionner les soubassements. Dans un contexte tel que celui d'Hollywood, où les idéologies les plus délétères se logent le plus volontiers du monde dans les produits culturels qui y sont fabriqués, il est au mieux naïf, au pire stupide, de prétendre pouvoir passer outre ce distingo pour se consacrer à un descriptif des dits films qui se veuille encore objectif. Quand sont convoqués les nouveaux films de cinéastes (ayant déjà des "antécédents") comme Steven Spielberg ou Kathryn Bigelow, l'alternative envisagée précédemment sur le mode de penser du journaliste se trouve réduite d'un terme…

Spielberg et Bigelow, chacun d'eux vivement et fort logiquement critiqués dans des articles sur les blogs du Monde Diplomatique [1] se voient ainsi, dans les pages du journal papier, justifiés et rachetés au nom d'un goût plutôt suspect pour les légendes américaines et de la sacro-sainte politique des auteurs ("l'homme de la frontière", nouveau concept aussi fumeux qu'écran de fumée dont il parait bien inutile, au vu des explications de son auteur, de chercher une quelconque signification sérieuse). Que le premier se livre à ses habituelles supercheries historiques (pour s'en convaincre à propos de Lincoln, lire par exemple Howard Zinn [2], pourtant si souvent cité dans votre journal), brossant un portrait du seizième président des Etats-Unis bien dans l'air du temps de nos démocraties pragmatiques et va-t'en-guerre, et que l'autre offre une version parrainée par la CIA de la traque de Ben Laden (avec, simple détail pour le critique, des "erreurs diverses quant au contexte" - sic), cela n'a que peut d'importance ; c'est encore l'Amérique que l'on aime, celle qui sait si bien imprimer ses légendes plus vite et plus présentables que son ombre. On connaît la musique, dans celles-ci "les Iraniens existent très peu et sont des imbéciles", mais il n'y a finalement ici rien de nouveau, prière de passer son chemin. Plus importante, pour cette intelligencia présumée éclairée de gauche, est l'invention d'un nouveau type de héros : un agent secret de la CIA jet lag, qui rassure quant à la capacité des USA gagneurs de renouveler le stock jamais tari de personnages de scénarios.

Le fait que "l'Histoire de leur pays inspire les cinéastes des Etats-Unis" n'a franchement rien d'exceptionnel non plus, et à ce compte-là aurait-on pu également conseiller à Eugenio Renzi de s'épargner d'écrire un papier aussi inutile et creux que celui qui figure dans votre journal. Surtout lorsqu'il s'agit de donner le mot de la fin "aux controverses, au succès public, et aux prix en rafale". Le succès critique est lui aussi signalé pour donner du crédit à ces films, mais étant donné les circonstances, on comprendra aisément que celui-ci, comme hélas bien souvent, ne mérite pour ainsi dire aucune considération [3].


[1] "Le monde selon Steven Spielberg", Mehdi Benallal (http://blog.mondediplo.net/2011-10-24-L ... -Spielberg), "Learning to love torture, "Zero Dark Thirty"-style, Karen Greenberg (http://mondediplo.com/openpage/learning ... irty-style).

[2] http://www.zcommunications.org/lincoln- ... oward-zinn .

[3] Independencia, le site internet dirigé par Eugenio Renzi, a lui aussi déjà été épinglé sur le blog du Monde Diplomatique par Frederick Bowie, à propos de la réception par ses critiques du film Des Homme et des Dieux ("Des moines et des cow-boys", http://blog.mondediplo.net/2010-12-08-D ... s-cow-boys).
JM
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar scienezma » Ven 5 Avr 2013 23:45

polichinelle a écrit:Me suis tapé "Lincoln"... Toujours le même baratin idéologique, la "démocratie" (le long suspense du vote aussi passionnant qu'une soirée électorale sur France 2) contre le chaos, la même soupe d'Histoire révisée jusqu'à devenir bien consensuelle (Lincoln en fervent défenseur de l'égalité entre les hommes, prêt à tout pour libérer abolir l'esclavage : la bonne blague). Le type a bien sûr son côté sombre (la famille, la guerre), rien de plus classique, d'ailleurs le film reprend grosso-modo la palette de coloris d'Eastwood pour son portrait contrasté d'Hoover : du sombre, des contre-jours, des ombres, etc.

Faudrait aussi faire un rapprochement avec le dernier Tarantino : dans le Spielberg on a des blancs qui luttent pour les droits des noirs mais les quelques personnages noirs sont jamais perçus comme des égaux des blancs, n'importe comment l'égalité - des intelligences, de nature - y est seulement de façade, je veux dire on voit bien que SS n'y croit pas du tout lui-même dans sa façon de représenter Lincoln et ses ronds de cuir face au peuple, dans le Tarantino on a un super-héros noir qui endosse toute sa révolte individuelle sur ses seules épaules et (des propres dires de QT) qui se fiche pas mal de ses compatriotes. C'est bien deux regards de blancs, aucun doute.


Sur Bigelow, voir ici --> viewtopic.php?f=3&t=3145#p3942
Avatar de l’utilisateur
scienezma
Administrateur du site
 
Messages: 52
Inscription: Mar 5 Juil 2011 01:36

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar Sword7 » Sam 6 Avr 2013 10:06

Le Spielberg m'a tout à fait fait penser aux blockbusters de propagande historiques (équivalent de la peinture d'Histoire complaisante et boursouflée qui continue à sévir ici - voir le nouveau musée d'art ouvert récemment à Shanghai dans l'ancien pavillon de l'expo universelle) produits par le gouvernement chinois : une réalisation académique et tirée à quatre épingles (plans, cadres, photo au cordeau, soin maniaque dans les costumes et décors), une pléiade d'acteurs renommés (dans le cas de la Chine c'est encore plus marrant car ils vont aussi chercher tous les acteurs hongkongais pleins aux as pour jouer les révolutionnaires d'hier), et évidemment un message sous-jacent en tout point conforme à la ligne idéologique officielle.

J'ajoute qu'Argo est aussi une grosse daube dans son genre (pas si différent).
Avatar de l’utilisateur
Sword7
 
Messages: 208
Inscription: Sam 9 Fév 2013 12:40

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar casseur » Sam 6 Avr 2013 18:13

Ouais, Argo se la joue old school: même recherche de réalisme dans les costumes et les coiffures, dans la reconstitution, que chez Spielberg... c'est pas là qu'il est antipathique, là c'est juste son côté nanar. Même si ça sent déjà dans la forme le réac, de même que le recours au bon vieux montage parallèle le plus éculé pour créer son petit suspense en fin de film...L'agent de la CIA a absolument aucun trait caractéristique, il est même pas "jet lag", il est terne, complètement ordinaire (certains trouveront bien le moyen d'écrire quand même des tartines là-dessus).

Le film pue dans son rapport à l'Iran, dans sa vision américano-américaine de la situation de l'époque, dans sa manière de filmer la population et les révolutionnaires comme une masse de barbares sanguinaires (la représentation réactionnaire type), le pire moment étant le montage parallèle abject entre le tournage du film de sf aux USA et les étudiants qui dictent les jugements au nom de Dieu en Iran. Là on est vraiment en plein dans de l'idéologie, dans le fond et la forme. La stupidité d'Hollywood a le droit aux petites piques amusées d'Affleck, quand l'Iran qui fait la révolution a le droit à son mépris le plus total. Ce ne sont même pas ces deux points de vue (pris séparément) qui sont les plus à vomir, c'est plutôt le fait que le cinéaste choisisse sciemment et idéologiquement de mettre ces deux choses sur un plan d'égalité plutôt que d'autres, pour permettre ainsi à l'Iran de servir de faire valoir des USA.
casseur
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar casseur » Sam 6 Avr 2013 18:20

Encore un truc, le film a quand même pas tout à fait fait l'unanimité chez les critiques professionnels en France si je me réfère à Allociné...
casseur
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar gerome » Dim 26 Mai 2013 09:06

Vous connaissez "Sitting Bull's history lesson" de Robert Altman ? Le film date de 76 et c'est très bon (même si un peu mou et longuet). Newman y incarne un Buffalo Bill shakespearien, clown de l'ouest et roi de l'entertainment us avant l'heure. Sitting Bull et son fantôme sont le grain de sable dans la mécanique bien huilée des shows (et la vie, étant entendu que les deux se confondent pour lui) de Bill.

C'est, selon moi, le film qui fait perdre absolument tout son intérêt au film des frères Coen, "True Grit". Dans le film d'Altman, le sarcasme prend une vraie tournure politique, et même s'il a une certaine forme de sympathie pour le personnage de Bull, une empathie haute éprouvée en regardant l'humain trop humain, perçant à travers le versant le plus dramatique du film (la fin), il n'y a aucune espèce d'ambiguité quant au point de vue défendu par Altman, là où les frères Coen font basculer le leur dans le cynisme le plus complet et généralisé, où les personnages non ravalés au rang de figurants inutiles ne sont et restent rien d'autre que des guignols de foire.
gerome
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar weightwatcher » Dim 26 Mai 2013 15:35

ta derniere phrase est un peu longue
weightwatcher
 

Re: L'Histoire à la moulinette

Messagepar JM » Lun 27 Mai 2013 12:45

gerome a écrit:Vous connaissez "Sitting Bull's history lesson" de Robert Altman ? Le film date de 76 et c'est très bon (même si un peu mou et longuet). Newman y incarne un Buffalo Bill shakespearien, clown de l'ouest et roi de l'entertainment us avant l'heure. Sitting Bull et son fantôme sont le grain de sable dans la mécanique bien huilée des shows (et la vie, étant entendu que les deux se confondent pour lui) de Bill.

C'est, selon moi, le film qui fait perdre absolument tout son intérêt au film des frères Coen, "True Grit". Dans le film d'Altman, le sarcasme prend une vraie tournure politique, et même s'il a une certaine forme de sympathie pour le personnage de Bull, une empathie haute éprouvée en regardant l'humain trop humain, perçant à travers le versant le plus dramatique du film (la fin), il n'y a aucune espèce d'ambiguité quant au point de vue défendu par Altman, là où les frères Coen font basculer le leur dans le cynisme le plus complet et généralisé, où les personnages non ravalés au rang de figurants inutiles ne sont et restent rien d'autre que des guignols de foire.



Bonjour gerome et bienvenue ! Merci pour ta proposition, pourquoi pas regarder ce film à l'occasion si je tombe dessus. Par contre je suis pas trop fan d'Altman, en général, je me méfie.. ça peut pas être pire que le film des Coen de toute façon ! ;-)
JM
 

Suivante

Retourner vers l n'y a pas de porte...