Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

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Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar scienezma » Jeu 21 Aoû 2014 09:04

Je vous propose de continuer de discuter du King singe ici.

Sword7 a écrit:"Le Roi Singe", méga carton au box-office chinois en début d'année. On est rassuré, les studios chinois qui peinent encore à se débarrasser d'une esthétique nouveau-riche absolument hideuse sont en bonne voie pour rivaliser avec les USA sur les blockbusters mythologiques. Complètement con et vraiment moche, oui, Hollywood a du soucis à se faire...


JM a écrit:
Sword7 a écrit:"Le Roi Singe", méga carton au box-office chinois en début d'année. On est rassuré, les studios chinois qui peinent encore à se débarrasser d'une esthétique nouveau-riche absolument hideuse sont en bonne voie pour rivaliser avec les USA sur les blockbusters mythologiques. Complètement con et vraiment moche, oui, Hollywood a du soucis à se faire...


Grand classique chinois, déjà adapté en films, mangas, séries TV, livres illustrés... qui a déjà toute une histoire en Chine (lire la page wikipédia pour en savoir plus).

Je suis justement en train de traduire une version illustrée par Zhang Guangyu avec une amie pour publication éventuelle en France. Zhang Guangyu est un grand illustrateur iconoclaste, qui a touché un peu à tout (timbres, mobilier, aquarelliste classique, illustrateur de revue, etc.) et graphiste sur le dessin-animé du Roi Singe de 1965 super connu en Chine et dans le monde entier. Le film fut évidemment censuré par la révolution culturelle. Les illustrations du bouquin sont excellente, pleines d'humour, c'est en même temps enfantin et fortement marqué par les inquiétudes de la première moitié du siècle, par le fascisme (Le roi singe rencontre la guerre et un dragon à trois têtes d'Hitler, Mussolini et Hirohito). Certaines illustrations sont à la limite de l'abstraction, voire totalement surréalistes.

Une planche :

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Zhang Guangyu à son bureau :

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Sword7 a écrit:Salut JM,

Ca a l'air génial, tiens-nous au courant de ce projet de traduction ! Tu as dû faire des progrès depuis la dernière fois où nous avons parlé chinois ensemble... ;)

Tu peux t'abstenir de regarder la version récente et toc, comme tu l'auras compris.


kitsikitsi a écrit:Intéressant projet JM, où en êtes-vous ?

Sword7 a écrit:On est rassuré, les studios chinois qui peinent encore à se débarrasser d'une esthétique nouveau-riche absolument hideuse sont en bonne voie pour rivaliser avec les USA sur les blockbusters mythologiques. Complètement con et vraiment moche, oui, Hollywood a du soucis à se faire...


C'est un peu plus compliqué que cela, je crois. Quand on lit le roman de Wu Cheng'en, on tombe sur des choses comme ça :

"[..] Mille rayons d'or se prenaient dans l'arc-en-ciel,
Des souffles d'heureux augure crachaient des nuées vermeilles.
Voyez le portail,
Bleu profond, comme fait de lapis-lazuli,
Eblouissant, de jade précieux construit.
De part et d'autre s'alignent par dizaines
Les gardes, dominant les colonnes hautaines,
Sabres au clair, sous les queues de yak des fanions.
Autour se tiennent les dieux en armures d'or :
Sabre ou fouet, à chacun l'arme de son corps.
Passent encore les alentours, A l'intérieur quelle merveille !
Autour d'énormes piliers s'enroule
L'or des écailles de dragons rouges.
Au-dessus des ponts tournent les ailes
Des phénix qui colorent le ciel.
Les nuées brillantes reflètent l'éclat du jour,
Une brume bleutée obscurcit les étoiles.
33 palais occupent les cieux
Au faîte orné de chimères d'or radieux.
S'y ajoutent 72 salles précieuses,
A chaque colonne sa licorne auspicieuse.
La terrasse de l'étoile de Longue-Vie
Abrite des fleurs qu'un millénaire ne ternit.
Près du four à transmutations croît l'herbe
Merveilleusement, éternellement verte.
Au pavillon d'hommage à Sa Sainteté,
Scintillait la pourpre des soieries fines,
Brillaient l'or des couronnes de ketmies divines,
Le jade des épingles, les perles des chaussures,
Les riches ornements des nobles ceintures. [..]"


Suivant une tradition littéraire chinoise, l'écrivain fait passer, à l'intérieur du roman, un certain nombre de descriptions par de courts poèmes. Ici, la luxuriance du Ciel est décrite de manière extrêmement touffue par ces quelques lignes versifiées, ailleurs encore ce sont les combats épiques entre Sun Wukong et ses adversaires qui sont décrits de la même manière. Tout cela est bien dans le livre adapté, non ?


Sword7 a écrit:Je rappelle que Tsai Ming Liang a aussi emprunté le nom du célèbre roman pour son récent film, magnifique, dont j'avais commencé à parler ici.

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Deux régimes d'images très différents !
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar Sword7 » Jeu 21 Aoû 2014 20:20

Bonjour Kitsikitsi,

Merci pour ce passage du livre. Comme cela on voit clairement, en effet, ce que peut donner une adaptation qui se veut "fidèle" au roman, qui colle à ses descriptions outrancières en usant de toute la panoplie d'effets spéciaux possible et imaginable pour représenter les décors, les combats, etc. Le problème c'est qu'on est justement ici dans l'inimaginable, et à mon sens un trait animé de dessin animé ou d'illustration rend par exemple beaucoup mieux ce type de délires descriptifs parce que reste dans celui-ci une certaine forme d'abstraction, et donc d'imaginaire, de liberté. Au contraire, avec le numérique, on bascule tout de suite dans autre chose, dans du kitchs qui tâche, qui se croit pouvoir être l'égal de la description littéraire. C'est cela aussi l'esthétique "nouveau riche", elle se croit très sûre de ses effets et ne doute pas de pouvoir supplanter tous les autres types d'esthétiques, elle ne se pose pas de questions, il n'y a que du plein (alors que dans les poèmes du roman il y a toujours du vide "entre les lignes")...
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar kitsikitsi » Dim 24 Aoû 2014 10:18

Sword7 a écrit:Bonjour Kitsikitsi,

Merci pour ce passage du livre. Comme cela on voit clairement, en effet, ce que peut donner une adaptation qui se veut "fidèle" au roman, qui colle à ses descriptions outrancières en usant de toute la panoplie d'effets spéciaux possible et imaginable pour représenter les décors, les combats, etc. Le problème c'est qu'on est justement ici dans l'inimaginable, et à mon sens un trait animé de dessin animé ou d'illustration rend par exemple beaucoup mieux ce type de délires descriptifs parce que reste dans celui-ci une certaine forme d'abstraction, et donc d'imaginaire, de liberté. Au contraire, avec le numérique, on bascule tout de suite dans autre chose, dans du kitchs qui tâche, qui se croit pouvoir être l'égal de la description littéraire. C'est cela aussi l'esthétique "nouveau riche", elle se croit très sûre de ses effets et ne doute pas de pouvoir supplanter tous les autres types d'esthétiques, elle ne se pose pas de questions, il n'y a que du plein (alors que dans les poèmes du roman il y a toujours du vide "entre les lignes")...


Dans un autre poème :

"Il est chez lui au ciel où le réel est vide"

Contradiction évidente avec le fait que le roman ne cesse d'habiter, de peupler le ciel avec du réel bien terrestre.
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar JM » Lun 25 Aoû 2014 11:26

Salut,

Je suis avec attention ce que vous dites du roman, c'est très intéressant ! Je vois qu'il est lu en tout cas.

J'ajouterai qu'on trouve aussi dans le livre des "jeux" entre pauvreté absolue et richesse la plus grande chez les personnages religieux. C'est la déesse Guanyin, je crois, qui se déguise en mendiant pour partir à la recherche de Tripitaka dans la ville. Lorsqu'elle le trouve et lui donne sa mission, elle s'envole au ciel sur un nuage et un poème lui redonne soudain tous ses atours luxueux et brillants. Il me semble que c'est quelque chose qu'on voit assez souvent dans les films chinois aussi, ces personnages qui paraissent d'une extrême pauvreté et qui se révèlent être d'une richesse (généralement plutôt intérieure) sans borne.

Même si je vois bien ce que tu veux dire Sword7, je serais quand même plutôt de l'avis de Kitsikitsi. Je pense qu'on ne peut pas complètement séparer l'esthétique boursouflée du film en 3D de l'étalage outrancier de richesses lié au Ciel dans le roman, quand bien même cela passe par de courtes poésies censées alléger les descriptions à la lecture. Quand on va visiter un temple, c'est pareil, il y a cette même impression de profusion et d'opulence à l'intérieur des salles.
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar Sword7 » Dim 31 Aoû 2014 23:12

JM a écrit:Même si je vois bien ce que tu veux dire Sword7, je serais quand même plutôt de l'avis de Kitsikitsi. Je pense qu'on ne peut pas complètement séparer l'esthétique boursouflée du film en 3D de l'étalage outrancier de richesses lié au Ciel dans le roman, quand bien même cela passe par de courtes poésies censées alléger les descriptions à la lecture. Quand on va visiter un temple, c'est pareil, il y a cette même impression de profusion et d'opulence à l'intérieur des salles.


On touche à quelque chose de fondamental qui est l'idée que dans le bouddhisme :

la réalité ne diffère de la vacuité, la vacuité ne diffère de la réalité : la réalité est vacuité et la vacuité, réalité. Il en est de même des sensations, pensées, actions et connaissances. Tous les bouddhas sont apparences vaines, sans naissance, ni extinction, sans souillure, ni pureté, sans croissance ni décroissance. C'est pourquoi dans la vacuité il n'y a ni réalité, ni sensations, pensées, actions ou connaissances, ni yeux, oreilles, nez, langue, corps ou esprit, ni forme, son, odeur, goût, toucher ou phénomène mental. [..]
Soutra du coeur

La question, c'est de savoir si l'image de synthèse est tout à fait apte à porter cette idée que le faux est comme un moment du "vrai", ou du moins un passage vers le "vrai". Dans sa conception, son immatérialité totale composée de "0" et de "1", on peut effectivement le penser. Dans le film, tout est d'une lourdeur et d'une boursouflure incroyable, mais en même temps apparence totale.
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar Sword7 » Mar 16 Sep 2014 18:55

Je découvre que Stephen Chow ("Shaolin Soccer", "Kung-Fu Hustle"...) a aussi réalisé un film en 2013 adapté du roman. Comme quoi, c'est vraiment un livre qui reste d'actualité en Chine. Je l'ai regardé hier soir, il y a du bon et du moins bon.

Chow s'en sort pas mal, surtout dans la première partie du film, pourquoi ? Parce qu'il utilise d'abord des trucs de manga (on retrouve l'idée du trait), comme il faisait dans ses précédents films (je ne me souviens pas très bien de "Shaolin Soccer" et "KF Hustle", mais j'ai quand même l'impression que ses quelques astuces ne se renouvellent pas du tout, il y a toujours les mêmes types de gags visuels, les mêmes séquences imposées). Bon, ça passe au début car il y a beaucoup de rythme, et quelques gags amusants (jusqu'au combat entre la chasseuse de démons et Porcet dans la taverne Gao). Il reprend ce que je disais à propos du numérique : avec celui-ci tout est possible (impeccable pour illustrer un roman "picaresque" comme le Xiyou Ji), de plus le faux peut s'immiscer partout (Porcet déguisé numériquement en cuisinier à la peau huileuse avant de se transformer en cochon est particulièrement bien trouvé). Il va plus loin, puisqu'il mélange le numérique avec des éléments "à l'ancienne", et montre que ceux-ci ne fonctionnent pas, ou moins bien que le numérique (à l'image de ce type qui a une poche de faux sang qui ne cesse de gicler et qui est repoussé par tous ses camarades : comique de répétition). Les anciens moyens de créer de l'artifice, trop rudimentaires, ne tiennent pas la route face à l'apparence lisse et trompeuse du numérique.

Malheureusement, plus le film avance, plus le rythme devient mollasson, le film peu drôle et sans enjeux. La fin est particulièrement ratée, puisque le basculement de Tripitaka dans la voie du Bouddha est le prétexte à un déferlement d'images numériques monumentales et particulièrement hideuses qui vont complètement à l'encontre de l'idée de la percée du faux et de l'apparence pour le vrai.
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar JM » Mer 1 Oct 2014 16:45

Revenons à ce bon vieux singet !

Sword7 a écrit:Il reprend ce que je disais à propos du numérique : avec celui-ci tout est possible (impeccable pour illustrer un roman "picaresque" comme le Xiyou Ji), de plus le faux peut s'immiscer partout (Porcet déguisé numériquement en cuisinier à la peau huileuse avant de se transformer en cochon est particulièrement bien trouvé). Il va plus loin, puisqu'il mélange le numérique avec des éléments "à l'ancienne", et montre que ceux-ci ne fonctionnent pas, ou moins bien que le numérique (à l'image de ce type qui a une poche de faux sang qui ne cesse de gicler et qui est repoussé par tous ses camarades : comique de répétition). Les anciens moyens de créer de l'artifice, trop rudimentaires, ne tiennent pas la route face à l'apparence lisse et trompeuse du numérique.


Ca fonctionne pas, et pourtant il existe des versions filmées anciennes du roman (ou même d'autres récits mythologiques qui puisent aux mêmes sources de pensée, cf chez Tsui Hark, entre autres) tout à fait honorables qui n'usent que de ces anciens effets spéciaux et sont, rien que pour cette raison, complètement différents des derniers films chinois s'inspirant du roman. Mon impression générale c'est que, comme dans tout mythe ou croyance, l'imaginaire du Xiyouji est finalement assez riquiqui, on en revient toujours assez vite au réel, on lui emprunte beaucoup quitte à le déformer, le recomposer, aussi bien en ce qui concerne les créatures divines, monstrueuses, qu'en ce qui concerne la diégèse de l'histoire. Il en résulte forcément une certaine pesanteur. Pour cette raison, je suis plutôt partisan de l'adaptation avec effets rudimentaires à l'ancienne qui font appel à toute une machinerie ayant encore une certaine matérialité (décors, costumes, câbles pour l'action, etc..), grossière.
JM
 

Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar Sword7 » Jeu 30 Oct 2014 15:45

De retour d'une semaine à Taibei, qui m'a, entre autres, un peu illuminé sur le cinéma de Tsai Ming Liang ! Mais je reviens aussi avec quelques représentations de la déesse Guanyin dans mon sac, pour poursuivre la discussion précédente plus avant.

Celle-ci tout d'abord, peinte pas la fille du célèbre peintre Qiu Ying de la dynastie Ming (spécialiste de la peinture sur rouleaux, je vous en montrerai à l'occasion, c'est magnifique) :

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Et puis celle-ci dans le Temple Longshan, en centre-ville :

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La grande sobriété de la première semble trancher de manière saisissante avec la richesse qui entoure et pare la seconde, mais je trouve que sa taille et sa position centrale sont déjà assez rares dans la peinture chinoise et signe que l'on a affaire à un personnage proéminent. Il y avait, à côté, un auto-portrait de la fille du peintre dans lequel elle apparaît bien sûr beaucoup plus petite et dans le coin droit en bas de sa peinture, le reste de la toile étant occupé par divers branchages, des fleurs et quelques rochers.
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Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar JM » Ven 31 Oct 2014 10:01

Merci Sword ! J'espère que tu nous en dira plus sur Taïwan à l'occasion ! ;)

Qiu Ying est l'un des peintres de l'école de Suzhou, il me semble ?
JM
 

Re: Pourquoi singet n'aurait-il pas son propre topic !

Messagepar JM » Lun 23 Fév 2015 17:01

Sword7 a écrit:Je découvre que Stephen Chow ("Shaolin Soccer", "Kung-Fu Hustle"...) a aussi réalisé un film en 2013 adapté du roman. Comme quoi, c'est vraiment un livre qui reste d'actualité en Chine. Je l'ai regardé hier soir, il y a du bon et du moins bon.

Chow s'en sort pas mal, surtout dans la première partie du film, pourquoi ? Parce qu'il utilise d'abord des trucs de manga (on retrouve l'idée du trait), comme il faisait dans ses précédents films (je ne me souviens pas très bien de "Shaolin Soccer" et "KF Hustle", mais j'ai quand même l'impression que ses quelques astuces ne se renouvellent pas du tout, il y a toujours les mêmes types de gags visuels, les mêmes séquences imposées). Bon, ça passe au début car il y a beaucoup de rythme, et quelques gags amusants (jusqu'au combat entre la chasseuse de démons et Porcet dans la taverne Gao). Il reprend ce que je disais à propos du numérique : avec celui-ci tout est possible (impeccable pour illustrer un roman "picaresque" comme le Xiyou Ji), de plus le faux peut s'immiscer partout (Porcet déguisé numériquement en cuisinier à la peau huileuse avant de se transformer en cochon est particulièrement bien trouvé). Il va plus loin, puisqu'il mélange le numérique avec des éléments "à l'ancienne", et montre que ceux-ci ne fonctionnent pas, ou moins bien que le numérique (à l'image de ce type qui a une poche de faux sang qui ne cesse de gicler et qui est repoussé par tous ses camarades : comique de répétition). Les anciens moyens de créer de l'artifice, trop rudimentaires, ne tiennent pas la route face à l'apparence lisse et trompeuse du numérique.

Malheureusement, plus le film avance, plus le rythme devient mollasson, le film peu drôle et sans enjeux. La fin est particulièrement ratée, puisque le basculement de Tripitaka dans la voie du Bouddha est le prétexte à un déferlement d'images numériques monumentales et particulièrement hideuses qui vont complètement à l'encontre de l'idée de la percée du faux et de l'apparence pour le vrai.


Moi j'ai regardé hier soir le premier épisode du film de Jeffrey Lau datant de 1995, avec Stephen Chow en acteur principal (on s'y perd un peu !). Jeffrey Lau est pas un réalisateur très réputé, il a surtout produit quelques très bons films d'autres cinéastes, comme par exemple quelques uns des premiers Wong Kar Wai.

On retrouve exactement le même genre d'humour que dans les films de Stephen Chow, qui personnellement me fait peu rire et surtout me sort systématiquement de l'histoire du film. C'est un second degré dans les dialogues, assez lourdingue, qui désamorce toutes les situations et qui est de quasiment toutes les scènes. Un exemple typique, un type vient de mourir, on le voit pendant deux minutes dans les bras d'un autre personnage en train de saigner, de dire un dernier mot dans un dernier soupire, et à la fin, à l'étonnement général, le mort se relève en disant que finalement il faisait croire et on passe à autre chose. Impression lassante aussi de revoir les mêmes gags à chaque film de ce type. Je ne comprends pas trop non plus pourquoi tout ce premier épisode, qui est totalement inventé par rapport au bouquin, met en scène un Sun Wukong transformé en humain qui est idiot, lâche, incapable, exactement le contraire du héros du roman. Je vois pas franchement l'intérêt de partir du bouquin pour en faire ça. Il y a un tel potentiel épique (et comique) dans ce livre, on dirait que ça fait peur au cinéaste qui se replie sur une simple pochade. Peut-être qu'il y a là un peu d'impertinence (stérile) vis-à-vis de ce classique de la littérature chinoise ?

C'est dommage parce qu'il y avait visiblement moyen de faire quelque chose de vraiment sympa, les très rares combats sont biens foutus, les effets spéciaux tiennent bien la route et sont en même temps assez rudimentaires. Je remets le deuxième épisode à plus tard...
JM
 

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