Lectures nocturnes

Discussions

Lectures nocturnes

Messagepar _ » Ven 10 Mar 2017 15:46

Je sais pas ce que vous avez pensé de "Nocturnal Animals" de Tom Ford, j'ai trouvé ça pas mal du tout.

Au delà du côté un peu poseur de la mise en scène, ça dit des choses assez intéressantes sur le best-seller et ce qu'est devenu le genre du polar commercial. Un peu comme le scénariste dans "Rester vertical", c'est l'histoire d'un romancier qui se retrouve obligé d'écrire un roman à succès avec tous les ingrédients incontournables de ce type de bouquin, il a abandonné toute volonté d'écrire un roman vraiment personnel suite aux réprimandes de son ex. C'est ce qui compose toute la partie où Tom Ford filme le livre qu'est en train de lire l'ancienne femme de l'écrivain. On a le droit à un peu tous les clichés du genre, les composants habituels qu'on retrouve dans tous ces livres, y compris le twist final et l'imagerie chic et choc. Mais nous avons également les réactions fortes de la femme qui lit étendue dans son pieu ou se prélassant sur son canapé, et nous voyons que les effets voulus et obtenus sur le lecteur sont essentiellement propres à bousculer le lecteur bourgeois dans son petit confort, tel que la femme qui vit dans un monde où le réel n'a plus du tout prise. Je trouve que rendre à l'écran une telle séparation est une bonne idée, que c'est vraiment conforme à l'impression qu'on peut se faire en lisant ce type de littérature commerciale et artificielle.
Avatar de l’utilisateur
_
 
Messages: 66
Inscription: Mar 8 Mai 2012 17:54

Re: Lectures nocturnes

Messagepar casseur » Sam 25 Mar 2017 09:56

_ a écrit:Un peu comme le scénariste dans "Rester vertical", c'est l'histoire d'un romancier qui se retrouve obligé d'écrire un roman à succès avec tous les ingrédients incontournables de ce type de bouquin, il a abandonné toute volonté d'écrire un roman vraiment personnel suite aux réprimandes de son ex.


Il y a eu plusieurs autres films français en 2016 qui comportaient aussi un personnage de romancier ou de scénariste, dans "Marie et les naufragés" de Sébastien Betbeder (complètement bidon), ou "Victoria" de Justine Triet (à peine mieux). A chaque fois, l'écrivain de la fiction se trouve être à la fin du film celui qui a écrit le scénario ou une partie du scénario du film que nous venons de voir... ah ... ah... Je me demande si c'est pas une grosse ficelle qui figure dans les bouquins de storytelling, ou qu'on enseigne dans les écoles où on apprend à écrire un scénario de film. Au contraire, tu oublies de dire _ que Guiraudie se moque de tout ça, qu'il se détourne des recettes toutes faites, qu'il offre lui une belle alternative à la fameuse "crise du scénario" du cinéma français à travers la rencontre entre le conte et le réel.
casseur
 


Retourner vers l n'y a pas de porte...